Lettre de Marcel à Bournet, déjà citée
on
d'un traitement équitable et la possibilité pour tous d'arriver aux honneurs et aux postes élevés, beaucoup d'autres légitiment des doutes cruels et angoissants.
L'Assemblée avait-elle le droit de légiférer, seule, sur des questions qui touchent de si près au magistère. et à la discipline de l'Eglise ? Pouvait-elle, sans Je concours du pape, remanier tout le cadre des diocèses et des paroisses et enlever aux titulaires leur juridiction ? Le choix des évêques et des curés était-il résolu dans un sens orthodoxe ? Que cachait ce prétendu retour à la primitive Eglise ? Déjà, cette idée de l'évêque et du prêtre fonctionnaire, au même titre qu'un magistrat civil et désigné par les mêmes électeurs, était troublante. N'’était-ce pas une régression, un retour déguisé au paganisme quine voyait daps la religion qu’un simple rouage administratif de l'Etat, ou au moins un acheminement au schisme et à l'hérésie ? ! La Constitution enfin n'entrainait-elle pas cette alternative effrayante :où Fobéissance avec l'esclavage, ou la rébellion des consciences avec la guerre civile ?
Fous ces points élaient fort discutés dans le clergé ; les plus compétents n'étaient pas d'accord, et c'était à lui, petit curé de campagne ou humble vicaire, à l'intelligence médiocre, à la culture plus rudimentaire encore, à résoudre ce grave problème des droits respectifs de l'Eglise et de l'Etat, en matière religieuse ou mixte. Ce fut Ja grande crise qui fractionna le clergé du Vivarais en trois groupes, aux éléments très divers et fort inégalement répartis dans le pays.
Il y a d'abord ceux qui, après avoir attendu, comme tout Île monde, les heureux résultats de la Révolution, sont depuis quelque temps préoccupés des tendances de l'Assemblée nationale. Les premières mesures religieuses les ont surpris, l'élaboration de la Constitution civile du clergé, par une majorité de gallicans et de jansénistes, les a alarmés. Ils ont mûrement réfléchi, examiné attentivement le texte des décrets et ils restent convaincus, avec Mgr d’Aviau, que le législateur à fait fausse route. Il se croiraient coupables s'ils donnaient une adhésion formelle à une loi qui, à leur avis, ouvre un abiîmé’sous les pas de l'Eglise de France.
. On, rencontre, dans cette classe, les hommes les plus estimés E On EEE Les raisons se trouvaient déjà longuement développées dans les lettrés de Mgr d'Aviau et les nombreux libelles qui se colportaient partout. « Un mémuire signé de M. de Besses, de M. Charpit et d'un autre directeur du séminaire
circulait dés”ké département et n’autorisait le serment qu'avec des modifications et des restrictions jésuitiques. » Cf) Manuscrit de Delichères, p. 83.
du clergé, les plus vénérés de leurs collègues, les plus charitables pour les autres, les plus sévères pour eux-mêmes. On les trouve épars et dispersés dans tout le pays ou groupés dans certains centres importants comme Annonay, Viviers, Aubenas. Ils refusent le serment ou ne le prêlent qu'avec des restrictions très nettes qui le rendent nul. Pour eux, c'est uniquement une affaire de conscience. Ils sont loin d'être opposés à toute réforme politique et sociale et ils ne voudraient pas qu'on les regarde comme des révoltés !.
Ilen est d’autres, moins nombreux, qui, tout en étant guidés avant tout par des arguments d'ordre religieux, voient leurs sentiments d'opposition renforcés par des considérations politiques. Sans être encore passés à la contre-révolution, ils prêtent, depuis quelque ‘temps, une oreille sympathique aux adversaires des idées nouvelles et subissent l'influence des partisans du camp de Jalès ?. Au début de 1792, un ardent patriote dénonce ces curés qui « portent le fanatisme jusqu'à ne pas vouloir recevoir leurs quartiers de rétribution que le receveur ne reçoive leurs quittances avec la stipulation des restrictions qu'ils ont insérées dans leurs serments 3. »
A ceux-là le devoir se révèle évident. Subissant l'influence du milieu ou obéissant à un dictamen formel de leur conscience, malgré les incertitudes de leur avenir, leur décision ne souffre pas d’hésitation, et la persécution, à quelques exceptions près, se brisera impuissante devant leur volonté inflexible ; ils formeront la masse des réfractaires résolus et irréductibles. Mais, tout en devenant de plus en plus hostiles à la Révolution qui va les proscrire, la plupart, même dans le Tanargue, refuseront de lier la cause de la religion à celle d'un parti politique. Les prêtres qui, sous l'empire des circonstances, deviendront, comme Allier, des meneurs contre-révolutionnaires, resteront de rares exceptions.
Un autre groupe réunit, dans une adhésion sincère à la Constitution, des éléments encore plus variés. Il y a d’abord un noyau de
1. C'est le sens de beaucoup de lettres adressées à Bournet par de nombreux curés du Tanargue. — «€ On doit être bien persuadé que les pasteurs ont toujours prêché la soumission aux puissances. » — Lettre du curé de Joannas 4 Fé-
vrier 1791. Fonds Mazon. Ch. 18.
2. «Les aristocrates, leur présentant leur cause comme commune avec la leur,
leur firent espérer qu'en se coalisant, en se refusant à ce serment, leur opposition forcerait l'Assemblée nationale à abandonner le plan qu’elle se proposait. » Manuscrit de Delichères p. 79.
3. Lettre {u lieutenaat-colonel Duraud au directoire du département le 13 février 1792. Fonds Mazonu. Chr. 13.
jeunes ambitieux, surtout des vicaires et des anciens religieux, des prêtres peu exemplaires, comme Chaussy et Perbost!, qui voient dans la Constitution civile un moyen facile de se hausser aux charges importantes, Cures ou vicariats épiscopaux, et qui iront jusqu'à l'intrusion et, plus tard, jusqu'à l'abdication et à l'apostasie. Leur nombre est relativement restreint.
On y rencontre encore quelques hommes influents comme Malosse, curé de Nieigles, Saladin, curé de Privas, Rieu, curé de St Pierreville, et Roux, curé de Fressenet, qui, dès le début, se sont lancés dans le mouvement réformateur et qui continuent à lui faire confiance. Ils se sont laissé rassurer, en partie au moins, par les déclarations lénitives de l’Assemblée nationale, les exhortations de Savine et les exemples de leurs députés, Chouvet et Pampelonne, et, à leur tour, ils entrainent, dans leur sillage ?, une masse moutonnière assez compacte qui n'a pas d'opinion bien arrêtée ?.
Pour ces derniers, la réflexion 2 été courte. Ils ont écarté, de prime abord, les ouvrages et les témoignages hostiles à la loiet, considérant l'évêque comme juge de la foi, ils l'ont suivi docilement, persuadés qu'en sa compagnie ils ne pouvaient errer ‘. Beaucoup, cependant, n'arrivent pas à étouffer toute inquiétude et tout remords. Aussi, tout en formant la majorité du clergé constitution- . nel, garderont-ils des scrupules inavoués. Ils refuseront l'intrusion, se cacheront, se terreront, pour éviter l'abdication, et c'est dans leurs rangs qu’en l'an HI et l'an IV on trouvera le plus grand nombre de rétractants.
Il y a donc, parmi ces conformistes, à côté de prêtres peu re-
1. Lettres apologétiques du clergé catholique du diocèse de Viviers à M. Charles Lafond de Savine, évêque assermenté abdicataire. 1 vol. in-8. s. 1. 1800. Bibliothèque d'Annonay. — Cf.) p. 13 note.
2. Cf. Manuscrit de Delichères p. 84 85. « Le sieur Rieu, curé de St Pierreville, dans une assemblée qu’il provoqua des curés des Boutières, les décida à prêter le serment purement et simplement. C'était un homme droit et franc, âgé et qui, dans la place de secrétaire de l'évêque de Mons, avait gagné la confiance de ses collègues. Le sieur Roux, curé de Fressenet, homme instruit, surtout en physique, en entraîna un grand nombre à la même démarche, et tous ces exemples opéraient de loin en loin ».
3. Manuscrit de Delichères p. 84. € Quelques-uns, dans des vues d’intérêt et pour conserver leurs places, feignirent d'approuver le nouveau régime... La presque totalité, manquant de lumières... cédant à l’exemple... agissait sans savoir pourquoi ».
4. Cf. Lettre de Ms" l’évêque de Viviers à MM. les curés, vicaires et autres fonctionnaires publics ecclésiastiques du département de l'Ardèche, 41 p. in-8, s. 1. n. d. Fonds Vivarois.
coimandables; ambitieux ou d'uné moralité douteuse et quelques convaincus très dignés!® une:fouledetbraves gens, un peu terre à terre; qui dansrdes ‘temps calmes auraient mené une vie, sans grand idéal peut-être; mais/nornralement édifiante, et qui, forcés d'opter éntré un-intérêt évident‘et un devoirimoins ‘apparent, trouvent de bons arguments pour s'engager dans lw‘voié la plus facile. C’est de ceux-là que-Savine-dira; dans son langagebrutal, qu'ils ont trouvé leurs raisonside jurer‘auHond-de leur marmite 2 ,Cebdeuk gééupesiopposésse déferminentién général assez allégrémehtetyisauf exception, “ne‘Connaissent pas les’ ‘déchirements deconscience et-leschrisenvents dercœur quitsont lellot'de Ja troisième: catégorie! Pourceux-ei da: luttelsera:plus'rude;°1æ#. décision plus balancéeietiplus difficile" prendre: Hs ‘ont/pesé Île pour et le eontreyäilsapercoiventiclairement:et lestavantages matériels®de la nouvelle loiretmles disposilions fàcheuses” qui révoltent: la”eônscienceslls sectréuventspris entre ‘deux”obligations qui léür'apparaissént!inconcihableszvce:qu'üils doivent à l'Etat et aux purssanees établies, icerqueivéclamentilæ vérité: étilar hope Le‘conflit'est RS PRRRÈL sorts jnoisvuoq on eli singeqmos se no'up ebsueisq nom L'intérétiet let cœur is'enveloppent! de: séphiemés captieux : ar de souffler l'adhésiontet l'obéissance àlacloi (Le pauvre curé ré1 marque «d'abord que: Ié$ termes dw serment sont-bien généraux ‘et peuvent s'appliquer à l'ensémble dela constitution politique ‘aussi bien:qu'àl'orgañisation spéciale donnée A l'Eglise! Il ‘sait aussi que les législateurs ont déclaré, maintes fois, qu'ils n’enteñndaïent pas toucher awspirituel-et'que le dogme restaiten ‘dehors de leurs règlements?. Refuser le serment, n'est-ce pas mettre en doute la bonne foi, des, représentants et leur prêter d’injurieuses arrière-pensées ? N'est-ce päsrsel‘dresser contre toute l'œuvre’ de l'Assemblée, : “alors que, jusque là, il s'est habitué à bénir ses décrets, à les expliquer à sesrouailles eLà: leur.en-vanter, la juslice: éL,la; bienfaisance ?, Que Es les/fidèles: de cette. voltez: face Ÿe 19 iuomsiuq jnomrise sf CRE siCELE év ‘ocation ‘de ses paroissiens vient. ajouter encore. à son tourment. -Relfuser, le,serment,, c'est.briser, les : liens: qui l'unisseni à eux, c'est renoncer à son église, à sa paroisse, ‘à son presbytère: Cetté Seulé péñséé ci glace è Cœur. SÈ à population s
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1. Histone à de Vivarais par ed Fonds Mazon F33 p: 995: -2112: L'Assemblée nationale le # janvier 1791, ‘sur °F intéventio de Mirabeau, rélusa de décréterila motion de:Casalès, :qu’ celle n’#! Pasténteirdu? tétiéké spirituel ». Réimpr. du Moniteur T 7 p. 44. elotsviV ebuoff .b .m .E a
à lui, il s'est donné à elle, elle est la raison de sa vie, il a vécu pour elle, il voudrait bien mourir au milieu d'elle. Et s’il fait ur retour sur lui-même, combien sombre lui apparaît l'avenir ! Il n'a pas de fortune, souvent pas de proches parents. Comment subsistera-t-il ? Dans sa paroisse il vivait chichement, mais enfin il vivait! Quel sera demain le sort qui l'attend ? La modique pension de 500 livres sera-t-elle seulement payée à celui qu'on considèrera comme un rebelle et un révolté ? Qui sait même si sa désobéissance ne lui vaudra pas un destin pire encore ? Quelle perspective pour lui, humble curé de campagne, qui n'a pas une âme de héros, ni la sublime énergie d'un martyr !
Enfin, pour lever ses dernières hésitations, n'y a-t-il pas la sanction donnée à la loi par un roi, si pieux et si vénéré, qui sûrement n'aurait pas voulu endosser la responsabilité d'une œuvre impie ? N'y a-t-il pas l'exemple de l'évêque de Viviers, ! son chef hiérarchique, de ses députés à l'Assemblée nationale, de confrères estimés de tous? Comment croire que, s'il eût été contraire à la conscience, des hommes plus instruits que lui, d'une piéié et d'une prudence éprouvées, eussent accueilli et prêté ce serment? Comment croire surtout que le Souverain Pontife, qui connaît la situation de l'Eglise de France, eût pu se taire si longtemps et éviter de prendre parti ? ?
1] va donner, semble-t-il, son adhésion. Mais, au moment où toules ces considéralions paraissent devoir le rassurer et l'incliner à la soumission, des inquiétudes de conscience l’assaillent de nouveau. Il se rappelle le refus de l'Assemblée nationale de négocier avec le pape, les hésitations du roi, la contrainte morale qu'il a subie, l'opposition presque unanime des évêques français et de la grande majorité * des députés du clergé. Certains confrères de bon conseil, de mœurs très pures, d’une piété exemplaire, un Picansel, t un Rouchouze, un de Lamothe lui répètent qu'il vaut mieux obéir
1. « L’évêque avait par ses écrits tranquillisé beaucoup de gens ». Manuscrit de Delichères p. 80
2. Les brefs, condamnant la Constitution civile du clergé, publiés le 10 mars. et le 13 avril 1791, ne furent pas connus avant le début de juin dans le département. Cf) lettre du 23 mai 1791 de Mf° d'Aviau à Savine. Lyonnet, vie de Msr d’Avau, T. I p. 438-440
3. Plus des deux tiers d’après de la Gorce, Histoire religieuse de la Révolution T. I p. 362.
4. Lettre de Chomel du 11 août 1791 au district pour obtenir le remplaceurgent de Picansel qui a une grosse influence sur ses confréres. « Sans lui, aucun curé du district ne se fût démontré. » Fonds Mazon chr. 13.
à Dieu qu'aux hommes. La condamnation de Mgr d’Aviau, l'attitude de l'abbé de Besses, la conduite de ses anciens maîtres qui, avec tous les séminaristes, ! ont ostensiblement quitté l'église, plutôt que de s'associer au serment de Savine, viennent réveiller ses scrupules et accroître son anxiété. S'il n'a pas l'étoffe d'un confesseur de Ja foi, il voudrait bien, du moins, rester un bon prêtre. Le pourra-t-il en prêtant le serment exigé? Il délibère encore, réclame de nouveaux délais que le département et les districts accordent généreusement, ? Il se jette sur les nombreuses brochures pour ou contre le serment, * demande conseil à ses confrères dans le sacerdoce, ressasse les multiples arguments qu'il a déjà pesés longuement, et, toujours, il en revient à ce dilemme angoissant : ou jurer avec des troubles de conscience, ou courir les risques d'un refus. Si encore il pouvait limiter la portée de son serment et le restreindre à des engagements civils et politiques! mais non, l'Assemblée proscrit tout préambule, toute restriction.
Comme à la finil faut bien prendre une décision, si certains se résignent, la mort dans l’âme, à prêter un serment pur et simple, la plupart s'y refusent énergiquement. Quelques-uns se réfugient dans l’abstention la plus absolue; un bon nombre, dans un dernier effort de conciliation, appelant à leur seccurs toutes les ressources de la casuistique et toutes les petites habiletés de la chicane et de la finauderie paysanne, par des voies détournées, embarrassées, s'essaient à trouver un biais, une formule qui puisse satisfaire les autorités constituées, sans trop alarmer la conscience.
1. Arch. L. 563. Lettre des directeurs du grand séminaire du 1{ février 1791 et lettre de l’évêque de Viviers du 20 septembre 1791 contre les Sulpiciens.
2. Sauf le Coiron où Delichères est impatient de faire appliquer la loi. Manuscrit de Delichères p. 83.
3. Au printemps de 1791, les écrits pour ou contre la Constitution civile se multiplient. La société populaire d'Annonay, dans sa délibération du 20 avril 1791, arrête de faire tirer à 900 exemplaires la « lettreà M.M. les ecclésiastiques du district de Vienne par M. Fornand de Bovinet » impr. 15 p. Annonay 1791, imprimerie Agard. Le 22 mai, elle fait imprimer le &« Discours de Baudin » pour « éclairer les consciences qu'on égare » 8 p. Annonay, impr. Agard.
La collection Rousset, bibliothèque d'Annonay, a recueilli encore l’ « Adresse de la Société des amis de la Constitution » d'Annonay 16 p. s. d. impr. Agard; « Aux demoiselles d'Annonay » 1791, 16 p. s. L. ; « Avis au peuple par un citoyen » impr. s. l. n. d. 24 p.; &« Réponse des curés à la lettre de Bovinet », impr. 32 p. s. L. n. d. « Faites courir » impr. s. 1. n. d. 22 p.; « Réponse de Léorat Picansel au libelle : Entretien d'un jeune homme avec sa femme » impr. 8p. Annonay; 10 novembre 1791 et Réponse « à Messieurs L. P. et M. prêtres » 13 ps déetcse
Leurs ruses, leurs artifices sont multiples. L'un place les réserves dans une lettre à la municipalité, l’autre dans une allocution où un prône qui précède le serment ; celui-ci dans un appendice, celui-là dans l'addition de quelques mots, mais, dans l'intention de tous, lettre, préambule, allocution ou appendice font partie du serment. Aussi arrive-t-il que, même lorsque nous avons le texte intégral, il est tellement balancé d'affirmations, de restrictions, atténuées aussilôt qu'exprimées, que parfois il est très difficile de décider si oui ou non le serment est légal et valable. C’est affaire d'interprétation. Voilà pourquoi on ne saurail toujours préciser exactement la délimitation entre jureurs et réfractaires.
Ajoutons d'ailleurs que l'attitude du clergé à l'égard du serment n'a pas été fixe, à travers toute la période révolutionnaire. Plusieurs, qui s'élaient d'abord arrêtés à une formule acceptable, la rétractent ou y ajoutent des réserves que parfois ils retouchent encore. D'autres, au contraire, qui avaient enveloppé leur serment de préambules ou adjonctions diverses, le revisent dans un sens légal. Certains en modifient les termes à trois ou quatre reprises. Bogiraud, vicaire de Macheville, qui a prêté un serment restrictif le 13 février, supprime les réserves le 27 février, revient le 12 juin sur ce nouveau serment et, le 23 juin, le renouvelle avec cette addition : « toutefois qu'il n'v ait rien de contraire à la religion ! ». Mouthon, curé de Vernosc, jure le 13 février et retire son serment le ? 23 juin. Dénoncé, le 28 août, par la municipalité, il prétend cependant être en règle avec la loi et, le 23 février 1792, le département lui donne raison *, en cassant l'élection de son remplaçant. Meyrueix, curé de Rochecolombe et Sauveplantade, rétracte, le 25 mars 1792, son serment du 13 février 1791. Le 11 avril, il revient sur ses réserves !, et, le 9 juin, il écrit au département pour protester contre le qualificatif de réfractaire *. Guérin, curé des Salelles, jure le 25 mars 1791, retire son serment le 22 mai,en souscrit un autre, au début de juin, qu'il désavoue le 19 du même mois. Un troisième subit le même sort quelques semaines plus tard. Il en prête enfin un quatrième le
24 janvier 1792 6.