Arch Ard. L
2. D'une manière générale, les districts signalent les vicaires qui prêtent serment et, à moins de dénonciation, font le silence sur les autres. Nous trouvons, en effet, mentionnés pour le serment d'égalité un certain nombre de vicaires dont il n'est pas questionlors du premier serment. Les districts, pour le bon renom de leur région, ont le souci, en 1792, de diminuer le plus possible le chiffre des réfractaires.
:3 Arch. nat. F 74 871 et 4 372.
4, Arch. Ard. L 545, L 547 et L 853.
5. Le terme de réfractaire s'applique aussi bien à ceux qui ont refusé le serment d'égalité (et le serment du 19 fructidor pour les documents de l’an VI) qu'à ceux qui ont refusé le serment du 27 novembre 1790, mais il faut remarquer qu’en fait, à part de rares exceptions, ne refusent le serment d'égalité que ceux qui déjà ont refusé ou rétracté le premier. D'ailleurs, dans les motifs de déportation ou d'inscription sur la liste des émigrés, on spécifie souvent l’abstention de tout serment.
6. Le Mézenc ne mentionne pas Villevocance. Or, le journal d'Annonay « Le Pacificateur », dans son numéro du 6 octobre 1792, accuse avec virulence de fanatisme le curé de cette paroisse, qui se vante d'avoir prêté serment avec restriction. 4
7. Condamnation à mort de Dallemand, curé de St Julien- Vocance, le 22 messidor, an 2. cf) Registres du-greffe du tribunal de Privas.
bre de vicaires de Rosières, de Laurac, de Satillieu, de Lavoulte, de St Fortunat, d'Aubenas
On s'explique dès lors que les commissaires, envoyés par le département et les districts, à la fin de 1792 et au début de 1793 !, dans les divers cantons, pour vérifier les prestations de serment et qui, devantla mauvaise volonté des municipalités, durent renoncer dans beaucoup de localités à exécuter leur mission, aient pu, à la suile des constatations faites, proclamer qu’ « un très petit nombre de serments est exempt de restrictions ». ? Le directoire du département, en octobre 1793, affirmera, lui aussi, que, dans l'Ardèche, «tous les serments de quelque manière qu'ils eussent été prêtés avaient été reçus. » * Le district du Tanargue, en envoyant, le 12 janvier 1793, le relevé de la résidence des prêtres conformistes et réfractaires de son ressort, fait lui aussi cet aveu : «Il faut entendre par cette dénomination (de conformistes) qu'ils ont prêté un serment, mais avec des restrictions, et c'est la très grande majorité des prêtres de ce district » #. On peut citer encore une lettre du 8 février 1793 adressée à Malleval, administrateur du département, au sujet de l'abbé Monteil : .. «il a prêté serment avec réserve et, en cela, il s'est conformé à l'exemple de tous ses collègues », et un peu plus loin, «ilest injuste, selon moi, qu'après avoir prisle serment de tous les prêtres avec restriction, on les tourmente aujourd’hui à raison de ce même serment » ?.
Toutes ces déclarations prouvent abondamment l'inexactitudedes statistiques officielles de 1791. Il est certain que, même en ne tenant compte que des seules erreurs d'appréciation, volontaires ou non, des districts ou. des municipalités, que nous avons pu constater nous-même, c’est au moins de 60 6 prêtres du clergé paroissial
1. Cf) Fonds Mazon. Chr. 13 et procès-verbal du 17 décembre 1792 de l'assemblée administrative. Arch. Ard. L 109. Séance du directoire du Tanargue du 6 février 1793. Arch. Ard. L 862.