Annales d'Annonay » Manuscrit, bibliothèque d'Annonay
5. Arch. Ard. L 545. Blachère et Enjolras seuls prêtent serment.
clare que seul de Savine a prêté serment, ! alors que la ville épiscopale ne devait pas comprendre moins de 50 à 60 prêtres, dont beaucoup, il est vrai, n'étaient pas considérés comme fonctionnaires publics. |
En somme, sans avoir la prétention de donner des indications absolument précises, nous creyons tenir largement compte de toutes les chances d'erreur en affirmant que les serments, réunissant les diverses conditions requises par l'Assemblée nationale, pour l’ensemble du clergé du Vivarais qui y était soumis, doivent osciller autour de 30 à 35 °/, et les refus de serment ou serments entachés d'illégalités diverses atteindre ou dépasser 65 %.
B) L'Eglise constitutionnelle
Dans la plupart des localités, la population a assisté assez indifférente à ces prestations de serment. On ne signale d’agitation et de troubles que dans qüelques centres et dans la montagne, où les passions religieuses et politiques sont restées plus vivaces et plus intransigeantes.
À Laurac, Ja municipalité, sous la pression de l'opinion publique, prend une délibération pour défendre à son curé de prêter serment. ? À Joyeuse, le curé veut réfléchir et prendre conseil,avant de donner connaissance au prône de la Constitution civile du clergé. Le maire Dussargues, ardent patriote, vient lui intimer l’ordre de se conformer à la loi et, le dimanche suivant, 9 ianvier 1791, ii intervient encore en pleine église, pour le sommer de lire plus posément le décret. * À Annonay, devant le refus catégorique de tout le clergé paroissial de faire cette publication, il faut confier ce soin à un officier municipal. Le 27 février, il monte en chaire à l'issue de la messe, mais le célébrant se retire en hâte,suivi de la plus grande partie des fidèles, et c'est dans une église presque vide qu'il donne lecture des divers articles de cette Constitution. ‘
1. Arch. Ard. L 543. Lettre du maire de Viviers au département s. d.