‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 178 sur 396 · Arch. Ard. L · texte numérisé non relu

Arch. Ard. L

3. Fonds Mazon F 12. Délibération municipale de Joyeuse des 6 et 9 janvier 1791. cf) aussi Arch. Ard. L 106 Assemblée administrative du département. Séance du 14 janvier 1791. Mémoire du curé de Joyeuse pour se plaindre de l’attitude du maire.

4. Manuscrit de Léorat Picansel. B.A. cf) aussi Filhol. Histoire d'Annonay

À Aubenas, le 30 janvier 1791, c’est le vicaire Maurin qui est chargé de la promulgation. « Il prit, écrit Delichères,un ton piteux, propre à émouvoir le peuple, entrecoupé de sanglots et ne put achever. Le sieur Merchat, perruquier,se mit à crier du chœur qu'on ne voulait pas de serment et qu'on saurait bien soutenir les prêtres. Les femmes se mélèrent à ce cri, pleurèrent, hurlérent, firent des protestations. Quelques patrioles les irritèrent par leurs représentations ; il y eut une scène bruyante et scandaleuse. L'aprèsmidi, les femmes tentèrent d'enlever les affiches qui étaient posées sup la-place » Le 4 février, elles tiennent une grande assemblée dans l’église. « On y délibéra de s'opposer à ce que les prêtres prêtassent le serment, de prendre à coup de pierres ceux qui se présenteraient pour les remplacer et d'obliger le receveur du district à payer la congrue des réfractaires. » ! Malgré les poursuites intentées contre les fauteurs de désordre, ? une nouvelle échauffourée se produisit encore à Aubenas,le 27 mars, lors de la prestation de serment d'Enjolras. Il y eut des cris, des injures * et même des voies de fait.

A Largentière, le maire doit faire appel aux troupes de ligne, pour maintenir l’ordre et assurer la tranquillité publique. * Dans le Tanargue, l'émotion populaire est si vive que la plupart des curés se réfugient dans la résistance passive la plus absolue. *

Bientôt cette effervescence gagne de proche en proche et pénétre jusque dans les paroisses les plus paisibles du Coiron et du Mézenc. À mesure que se développent et deviennent plus acrimonieuses les discussions entre partisans et adversaires de la Constitution civile, les classes rurales prêtent une oreille plus attentive aux sollicitations qui, de part et d'autre, les pressent de prendre parti dans la querelle. Si les patriotes et les constitutionnels leur prêchent la déférence à la loi et la soumission, au nom de leurs intérêts matériels et de leur repos, les réfractaires alarment leur conscience, au nom de la vérité et de la religion.

C'est au paysan que sont destinés les placards, adresses et proclamations que multiplient les districts et le département, « pour prévenir les conseils insidieux que les fanatiques cherchent à ré-

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