‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 204 sur 396 · Arch. Ard. L · texte numérisé non relu

Arch. Ard. L

6. Elle avait à nommer les députés du département à l’Assemblée législative, 8 hauts jurés près la haute cour nationale, le président, l’accusateur public et le greffier dutribunal criminel etla moitié des membres de l’administration du département.

de réclamations réitérées !, ne sont pas sûrs d'être indemnisés. Aussi le chiffre des suflrages exprimés décroit-il régulièrement. De 344, le 3 septembre, on tombe à 307 le 6, à 296 le 10, à 214 le lendemain et, le jour de la clôture de la session, l'élection si importante du procureur général syndic groupe péniblement 207 votants. moins de la moitié des inscrits?.

Cette impatience des électeursa du moins le résultat d'écarter toute motion qui ne serait pas d'ordre exclusivement électoral. Le calme le plus absolu préside aux opérations de l'assemblée. Le seul incident qui vint en rompre la monotonie fut l'annonce de la démission de l’évêque du département. Cet évènement risquait d'avoir de graves conséquences. Il était à craindre que le clergé et les fidèles n'interprétassent cette retraite de Savine comme une rétractation de son serment et un désaveu tardif de la Constitution civile. Les réfractaires ne manqueraient pas d'exploiter cette décision de l'évêque pour accentuer leur opposition à la loi, et beaucoup de curés, qui avaient prêté un serment équivoque, ne reconnaîtraient pas facilement l'autorité d’un pasteur intrus. C'était de nouvelles difficultés et des troubles imminents en perspective.

L'assemblée électorale,qui, dès l'ouverture de ses séances,avait été prévenue des intentions de Savine par les lettres alarmantes de la société des Amis de la Constitution de Viviers et de Bourg-St- Andéol, * était fort préoccupée. Aussi, à peine a-t-elle reçu l'avis officiel que, « vivement affectée de cette nouvelle et des interprétations perfides et des suites funestes que pourrait entrainer la démission de l'évêque, » ‘elle se hâte d'intervenir. Elle lui envoie une députation pour lui témoigner « l'inquiétude profonde et générale que sa démission a jeté dans le sein de l'assemblée et le vœu unanime, qui s'y est à l'instant formé, pour l’engager à la retirer et à continuer des fonctions dont l'exercice dans ses mains intéressetout à la lois, dans ces temps difficiles, le bien de la religion et la paix publique du département ». 5

L'évêque, dont la vanité attendait cette démarche, s’empresse

1. Le 4 septembre, 264 électeurs présents à l'assemblée électorale signent encore une adresse à l'Assemblée nationale pour réel: mer une indemnité, Privas “imprimerie Guillet, 5 p cf) Fonds Mazon. Chr. 17. 2. Procès-verbal de l'assemblée électorale. Arch. nat. C. 135 6. 3. Procès verbal du vendredi 2 septembre. Arch. nat. C135 6. 4. Ibidem.... procès-verbal du mardi 6 septembre. 5. Ibidem... La députation «si composée de Chomel, Dereboul et Tailhand.

de déférer au «€ Vœu unanime » des électeurs. ! Le 10 septembre, «<escorté de la municipalité de Privas, en écharpe », « de la brigade de gendarmerie », « d’un détachement de la garde nationale » et des troupes de ligne », il vient lui même en donner l'assurance aux électeurs. Introduit dans la salle des séances par six commissaires d'honneur, il prononce un discours pompeux qui est à la fois un hymne de reconnaissance envers «l'illustre assemblée »et une apologie dithyrambique de la Constitution civile du clergé. ? Tous es assistants enthousiasmés se transportent à l’église paroissiale, pour un Te Deum d'actious de grâces.

Mais, si sympathique que soit l'assemblée électorale à Savine, si favorable qu'elle paraisse aux constitutionnels, elle n’en reste pas moins modérée, également éloignée des illusions des contre-révolutionnaires et des impatiences des patriotes exaltés. Le choix de ses députés à l’Assemblée législative en est la preuve évidente. Sur les 7 élus, 5 sont des membres du directoire *, que leurs fonctions ont mis en relief, et dont la sagesse et la pondération ont été appréciées de tous, depuis plus d’un an. Les deux autres: Valladier de Vallon et Fressenel d'Annonay représentent les mêmes tendances.

Il ne semble pas, d'ailleurs, que la brigue et la compétition aient joué un grand rôle à ces élections de 1791. La pratique de la candidature était encore inconnue et le mandat de député était moins ambitionné qu'en 1789. Si cette satisfaction d'amour-propre ne laissait pas indifférents et insensibles la plupart des élus, si Vacher, en particulier, le manifestait avec une naïveté plaisante, en répétant à tout venant : & je suis député, je suis député, » si Dalmas, lui-même, ne cachait guère la jubilation intérieure de son âme, * Valladier, au contraire, ne se souciait pas de faire le voyage de Paris. Le lendemain de son élection, il déclare que le mauvais état de sa santé ne lui permet pas d'accepter le poste d'honneur qu'on voulait lui confier. Mais l'assemblée électorale, dans l'espérance qu'un prompt rétablissement lui permettra bientôt « de répondre à sa confiance *, » refuse d'accepter sa démission.

1. Lettre de Dereboul, Chomel et Tailhand, lue à la séance du 8 septembre 1791.

2. Cf) Discours de l'évêque et réponse du président, procès-verbal du 10 sept.

3. Dalmas, procureur général syndic, Bastide, St Prix, Vacher, Dereboul.

4, Manuscrit de St Arcons. Fonds Mazon. Dict. 6 p. 624.

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