Procès-verbal du 9 septembre
Il ne se décida jamais à quitter Vallon. Dès le mois de décembre, Gamon intrigue à Paris, auprès de ses amis politiques, pour ame ner l’Assemblée législative à prononcer son admission, en qualité de premier suppléant. Les députés du département n'appuient guère ses démarches. À l'appel nominal du 23 décembre, Bastide donne: l'assurance que son collègue est en route pour rejoindre son poste. { Le 3 janvier 1792 ?, au nom desinspecteurs de la salle, de ffaussy Robécourt fait un rapport sur l'absence de Valladier et propose de: le considérer comme démissionnaire. Le décret est rendu, mais il est annulé, le lendemain, sur l'intervention de Fressenel qui se porte garant de l’arrivée imminente de Valladier. * Le 15 mars, Gamon revient à la charge et, cette fois, obtient gain de cause. t
Les débats à l'Assemblée ne mettront en relief aucune.personnalilé marquante dans le groupe des députés de l'Ardèche. Bastide,” Vacher, Dereboul, St Prix soat des spectateurs muets qui se bornent à voler, sans jamais prendre parti dans les discussions, mais, si St-Prix se comporte en patriote éprouvé et marche dans le sillage des Girondins, ? les autres apparaîtront bientôt comme entachés de. modérantisme. Dalmas, Fressenel et, plus tard, Gamon abordent volontiers la tribune. Fressenel est le défenseur résolu des prêtres nou-conformistes et prend Ia parole chaque fois que les troubles de: l'Ardèche ou d'Avignon sont à l’ordre du jour. Dalmas intervient lui aussi fréquemment dans les débats locaux et, quoique avec plus de réserve que Fressenel, incline, comme son collègue, à la modéra-
1. Arch. nat. C 145. La pétition de Gamon du 15 mars signale cette intervention de Bastide.
2. Arch. parlementaires T.37 p. 44. séance du 3 janvier 1792.
3. Ibidem p. 60. Fressenel lit une lettre de Valladier déclarant quil ne cède pas sa place.
- 4. Arch. nat. C145. Pétition de Gamon.
5. Bastide écrit, le {1 avril, aux rédacteurs du Logographe, pour protester contre une liste imprimée qui le comprend « dans le nombre des députés qui ont voté pour l'admission des soldats de Châteauvieux anx honneurs de la séance. » Il déclare qu'il a voté contre. Logographe du jeudi 12 avril 1792 p. 430, cité par arch. parlementaires T. 41 p. 406.
6. Vacher, ancien député suppléant aux Etats-Généraux, fut membre du comité féodal de la Législative. Aucune aütre mention n’est faite de son rôle à l'Assemblée, pas plus que de celui de Dereboul,
7. Le club d'Annonay, dans sa séance du 13 février 1792, envoie des félicitations à StPrix, « le seul député du département qui ait voté en patriote ». cf) Nicod.. Revue du Vivarais, 15 juillet 1894
, 8. Les Archives parlementaires signalent une trentaine de fois son ivtervention.
tion. ! Gamon est plus sévère pour les réfractaires et les fauteurs de désordre. Il dénonce, à plusieurs reprises, les menées des contrerévolutionnaireset des partisans de Jalès,? mais, à mesure que les évènements se déroulent et que la situation devient plus critique, il sembie redouter davantage les conséquences des mesures de rigueur. Il viendra même à plaider la cause d'adversaires politiques comme Durand, * compromis dans l'affaire de Saillans. Néanmoins, de tous les députés de l'Ardèche à l'Assemblée législative, Gamon et St Prix seront les deux seuls qui trouveront grâce aux yeux des patriotes et qui mériteront de voir renouveler leur mandat à la Convention. ;
Après l'élection des députés et des membres du tribunal criminel, { l'assemblée électorale procède, au scrutin de liste, au renouvellement des 18 administrateurs du département désignés par le sort. Les voix s'éparpillent sur une foule de noms. Seul, au deuxième tour, l'évêque obtient la majorité ; les 17 autres ne sont nommés qu à la troisième épreuve, par un nombre infime de suffrages. Sur 267 votants, le candidat le plus favorisé ne recueille que 85 voix et le dernier 49. Il fallut encore pourvoir au remplacement de 3 adminisirateurs démissionnaires. Les élus groupèrent respectivement 23, 42 et 36 voix.
A ces dernières élections, le petit groupe des patriotes intransigeants, qui n'a pu, les jours précédents, empêcher ses adversaires de désigner les députés à l'Assemblée législative, reprend netiement l'avantage. Les départs ont déjà fortement éclairci les rangs des modérés et le scrutin de liste, avec nomination au troisième tour à la pluralité des voix, favorise les candidats du parti le plus discipliné.. Deux cents suffrages, éparpillés sur une foule d'inconnus, succombent devant soixante bulletins de vote qui se groupent sur quelques noms choisis à l’avance. C’est ce qui explique le succès des ardents
1. Cf) Sa lettre au ministre de l'intérieur, en faveur des prêtres réfractaires, publiée par le Babillard d’Annonay, dans son n° 21, du 12 mai 1792.
2. 11 demande notamment la démolition des Châteaux de Bannes et de Jalès. Arch. parlementaires T. 40 p.164.