‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 21 sur 396 · cf) arch. de l'Hérault C · texte numérisé non relu

cf) arch. de l'Hérault C

5. Mémoire de 1780 f° 19, cf) aussi mémoire Guilhaumon, manuscrit, Arch. Ardèche, non coté. £ #

Autrefois, la maréchaussée pouvait dans les cas graves faire appel au département militaire du Vivarais. Le pays avait à sa disposition une vraie petile armée répartie en un certain nombre de garnisons, mais, si le département militaire subsiste encore comme vestige du passé, depuis longtemps il n’a plus de troupes. En 1789, il va bien un commandant particulier du Vivarais, le marquis de Lemps qui réside à Tournon, avec un commandant en second, le marquis de Gras, capitaine de cavalerie, maïs leurs fonctions ne sont plus que des sinécures grassement rétribuées qui ne compor- Aent aucun commandement effectif.

En cas de troubles, cet état-major doit prêter main-forte à la maréchaussée avec le concours des habitants et des milices bourgeoises. ! Il peut requérir les troupes de ligne mais, avant 1784,. il n'y a pas de garnisons stables ? dans le pays, et, en 1789, or ne trouve encore que quelques rares compagnies sans liaison, disséminées dans tout le Vivarais.

Des réformes importantes s’imposaient si l’on voulait voir «moins de crimes impunis, moins de désordres,moins de rixes et de tumultes qui donnent au pays de Vivarais une réputation si mauvaise.»?.

Et ce sont justement ces mêmes doléances que nous retrouverons presque identiques au printemps de 1789 dans les cahiers des trois ordres. C’est que tous, à des degrés divers, aussi bien nobles que bourgeois, clercs et paysans souffrent du désordre et de l’anarchie qui en résulte.

Cette division traditionnelle de la population en trois ordres semble, à première vue, indiquer une société vraiment organisée et hiérarchisée où chaque classe soumise aux mêmes charges jouirait des mêmes droits et formuleraitles mêmes revendications.

La réalité est bien différente. Si la noblesse etle clergé groupent l'ensemble des privilégiés, tous leurs membres sont loin de participer également aux mêmes grâces et aux mêmes avantages. Les prérogatives théoriques de certains nobles et du bas-clergé ne les empêchent pas de former à côté des paysans et des ouvriers un prolétariat parfois fort misérable,tandis que la haute et riche bour-

1. Les milices bourgeoises n'existent guère que sur le papier et seulement dans les grands centres.

2. Depuis 1785, on trouve dans le budget des Etats particuliers une somme de 2.000 livres pour fournitures de bois et chandelles aux troupes en station dans le Vivarais, cf) arch. Ardèche € 11 à C 15 cf) encore C 1362 et 1363.

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