Conspiration de Saillans p
2. En récompense de la prise de Sailtans, Laurent reçut une gratification de 3.000 livres.Cf) réimpression du Moniteur T. 13 p.188.
3. Procès-verbal de Corenfustier sur l'arrestation de Saillans, pièc. Jjustifn° 51 et archives parlementaires T. 46 p. 623.
4. Arch. municip. des Vans, 12 juillet, citées par Tallon T. III p. 163.
plus agréable ! Les chefs demandaient de les livrer à la justice ; nous avons tous crié comme des diables : point de justice, point de prison... » ! « On leur a tranché la tête à tous les cinq, écrit un autre. ? Nous avons ici trois de ces têtes, parmi lesquelles celle du sieur de Saillans que nous avons prise, après qu'on l'a eu promenée par la ville des Vans; en criant et en chantant : Ça ira ! Ça ira ! » La tête de Saillans fut transportée jusqu'à Largentière, * au bout d’une pique, par un groupe de volontaires.
Dans toute la région, d'horribles représailles sont exercées contre tous ceux que l'on suppose complices de Saillans. Le 13 juillet, on massacre 4 détenus à Alais, Terron et Rivière aux Vans, Crégut près d'Uzer, le chevalier de la Vernède à Malbosc, l'abbé de la Moletie et le chevalier d'Entremeaux à Joyeuse ; le 20 août, le commandant de Chabannes près du Puy ; le 21, l’ex-prieur de St Bauzeli, frère de Malbosc.… : La fureur des gardes nationales est telle, écrit Boissy d'Anglas que je doute qu'il nous reste quelqu'un pour la Haute cour martiale. » ® Plus de 200 conjurés avaient déjà péri.
L'abus de la victoire déshonore les vainqueurs. Certaines exécutions sont particulièrement odieuses et les éclaboussures de ce sang rejaillisent sur les autorités elles-mêmes qui ne semblent pas avoir pris des mesures bien sérieuses pour soustraire les prisonniers de Joyeuse et des Vans à ces basses vengeances. Si on pouvait expliquer et mettre sur le compte de l’exaspération le massacre de Saillans æt de ses compagnons, aucune excuse ne saurait atténuer l'horreur de l'assassinat des 9 prêtres exécutés aux Vans, sous les yeux du directoire, le 14 juillet. Pas un seul n'avait trempé dans le complot. Ils avaient été arrêtés le 9 juillet à Naves, mais, ni le juge de paix des Vans, ni la municipalité n'avaient trouvé motif à décer-
1. Lettre de Paaux aux officiers municipaux de Largentière, datée de Chambonas, le 12 juillet, citée par Mazon. Largentière et la Conspiration de Saillans. Revue du Vivarais, 15 mai 1903 p. 194.
2. Lettre de Michel Courbi, datée de Chambonas, du 12 juillet, citée par Mazon. Revue du Vivarais. 15 mai 1902,
3. Lettre de Lieutier au maire de Largentière. € Quoique Saillans ne puisse Jamais plus arriver à Largentière, son exécrable tête la reverra encore.. » citée par Mazon. Revue du Vivarais, 15-5-1903. Les originaux de ces diverses lettres se trouvent dans le Fonds Mazon chronol. 17.
4. CE) Boissin. Les camps de Jalès.Tallon, histoire des Vans, T. II, Boissy d’Anglas, Conspirations de Saillans et les diverses pièces publiées par arch. parlementaires T. 46 p. 621 et suivantes. Le 13 septembre, 2 accusés,traduits au tribunal criminel, faillirent encore être écharpés à Privas par la populace.Cf) arch. Ard. L 108 procès-verbal du conseil général d'administration du 13 septembre.
5. Réimpression du Moniteur T, 13 p. 187. Lettre du directoire à Gamon.
ner un mandat d'arrêt contre eux. On s'était borné à leur assigner un appartement à la maison commune, ! Le 14 juillet, le bruit courut qu'ils avaient disparu. Aussitôt les gardes nationaux et la populace se précipitent à l'hôtel de Ville, enfoncent les portes de la salle, jettent les 10 prêtres à la rue et les assommeut sur la place publique. Un seul, l'abbé Malègue-Lachamp, vicaire de Bannes, eut la vie sauve, en fournissant la preuve qu'il avait prêté serment à la Constitution civile du clergé ?,
Le 18 juillet, l'Assemblée législative rendait un décret d'accusation contre 57 individus, dénoncés comme complices de Saillanspar l'arrêté du directoire de FArdèche du 14 juillet. * Un certain nombre figurent parmi les victimes de la fureur populaire. Beaucoup réussirent à éviter l'arrestation. Quelques-uns s'échappèrent de prison. De Blou et Durand, défendus par Gamor, oblinrent de l'Assemblée, le 19 août, un décret qui les mettait hors de cause. # A la fin août, une dizaine seulement sont encore détenus. Passibles de la Haute cour de justice d'Orléans, le transfert eut lieu par Lavoulle, Tournon, St-Exienne et Roanne. Quatre profitent des inci-dents de la route pour s'évader. Les autres, Costes, Laroche, d'Aygallier, Boissin, Salet et Peliet furent oubliés. Une lettre de Roland ncus apprend qu'ils n'avaieut pas encore subi leur premier interrogaloire au début de novembre. & Ils profitèrent des incertitudes et des variations dela législation pour faire trainer leur procès en longueur.
Le 3 mai 1793, ils sont à la Conciergerie et demandent à bénéficier des dispositions du décret du 29 janvier qui a attribué la connaissance des crimes et délits concernant la conspiration de
1. Délibérations municipales des Vans, 9 juillet 172, citées par Tallon, Histoire des Vans, T. III p. 149 et suivantes.
2. Les victimes Ctaient : Victor Pierre Lejeune, Jean Laurent Drome, Victor Nadal, Michel Faure, Henri Claude Clémenceau de la Bouillerie, Claude Bravard, Jacques Montagr on, Jean Bonijol et Jean Mathieu Novi. Archives du greffe dela justice de paix des Vans, citées par Tallon. Histoire des Vans T. Il.
3. Réimpression du Moniteur T. 13. p. 183, 184 et 187 et Arch. Ard. L 125, procès-verbal du directoire, 14 et 15 juillet 17902.
4 Arch. Ard. L 125. Séance du 24 août. Le directoire a recu le décret del'Assemblée nationale du 19 août, portant qu'il n’y avait pas lieu à accusation contre de Blou et Durand.
D. Fonds Mazon. Chr. 18. Contrat entre le sieur Guyon et le procureur général de l'Ardèche pour la translation des prisonniers à Orléans, le 24 août 1792. La dépense s'élève à 1.600 livres et est définitivement réglée le 12 octobre 1792.
6. Lettre de Roland à la Convention nationale, séance du 2 novembre 1792. Archives parlementaires T. 53 p. 109.
Saillans au tribunal criminel de l'Ardèche. Le ministre croit que Ja loi du 11 mars les rend justiciables du tribunal révolutionnaire, mais un décret du 26 mai les renvoie devant le tribunal de leur département. En juin, ils sont à l'Abbaye. Ils se plaignent d’être en prison depuis onze mois pour avoir € signé par force un écrit qui leur a été présenté par le traître Saillans et ses satellites. » Ils insistent encore pour être autorisés à faire la preuve de leur innocence devant leurs juges naturels. ! Le 15 juillet, un décret du pouvoir exécutif ordonne enfin leur translation à Privas. ? Avant d'arriver à destination, ilsavaient réussi à reprendre leur liberté.
Quelques autres furent arrêtés dans la suite. Le 14 juin, le tribunal criminel de l'Ardèche juge encore neuf complices de Saillans. Sept sont acquittés et deux sont maintenus en prison. * Un certain. nombre, d'ailleurs, qui étaient parvenus à se soustraire par la fuite à toule condamnation, se feront reprendre plus tard les armes à la main dans la Lozère, le Gard ouà Lyon et presque tous auront un sort tragique. Le prieur Allier, instigateur de la rébellion de Charrier, sera arrêté, au mois d'août 1793, et montera sur l'échafaud à Mende, le 16 septembre. # Son frère, Dominique, sera guillotiné à Lyon en 1798. Crégut de Mentaresse et Moutet L'Habillat seront fusillés, en l'an IE, par le détachement chargé de les conduire en prison. * Plusieurs sont exéculés à Joyeuse et à Privas, en avril 1793. 6
Le département, de son côté, sévit rigoureusement centre les administrations et les municipalités qui n'ont pas fait leur devoir. Le directoire du Tanargue, depuis longtemps suspect, est presque entièrement renouvelé. Rivière Lablache et Martin Sauveplane sont suspendus et le procureur syndic, Bournet, est contraint de donner sa démission. 7 Les municipalités de Bannes, Berrias, St André et St Sauveur de Cruzières, Beaulieu, Malbosc, Chambonas, Brahic, Gravières, Chassagnes, les Assions et les Vans sont remplacées, dès
1. Arch. nat. Diis 14. Cf) encore leur lettre du 3 mai 1793, la lettre du ministre de la justice du 5 avril et le décret du 26 mai 1793.
2, Aulard. Comité de Salut publie T.V p. 264.
3. Fonds Mazon. Chr. 18.Jugement rendu par le tribunal criminel à Privas, le 14 juin 1793.