‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 245 sur 396 · Procès-verbal du 3 septembre, séance du matin · texte numérisé non relu

Procès-verbal du 3 septembre, séance du matin

4. Boissy d'Anglas obtient 288 voix sur 328 votants, St Prix 314 sur 386, Gamon 319 sur 392, St Martin 294 sur 385, Garilhe et Gleizal ne sont élus qu'au 34

tour de scrutin, le 1° par 203 voix sur, 380, le 2e par 207 sur 371. Enfin Coren- Fustiier est désigné au 2€ tour par 199 suffrages sur 363 votants.

son dévotment pour la diffusion et la défense des idées palriotes, Son activité, comme procureur général syndic, a été appréciée de tout le département, autant que sa prudence et sa judicieuse modération, On lui sait gré, surtout, d'avoir, par une rapide organisation de la résistance, brisé 4 ses débuts la folle tentative de Saillans et sauvé le pays des horreurs de la guerre civile, St Martin et Gleizal ? ont toujours marché dans le sillage de Boissy d'Anglas et secondé de leur mieux ses initiatives, Les deux autres, Garilhe £et Corenfustier,/ n'ont pas une personnalité bien accusée, Ce sont des patriotes timorés qui ne joueront qu'un rôle assez effacé, Des trois suppléants, Thoulouze, Chomel et Mamarot, seul Thoulouze ? siégera à la Convention en remplacement de Gamon proscrit et fugitif,

Au fond, élus comme électeurs n'ont pas d'opinion bien arréiée, ni de plan préconçu sur l'organisation du nouveau régime, [ls

1, Gleizal naquit à Genestelle, le 29 maï 1761, Il termina es iudes à Avianon. En 1784, 5) épousa Marie-Thérèse Gamon, sœur du futur député 2 la Législative et à la Convention, En 1790 il est Elu administrateur du département et, le 2 juin 1791, colonel de la garde nationale du canton d'Antraigues En septembre 1791, il est appelé au directoire du département. Flu le 7 septembre 1792 à la Convention, il vote d'abord avec le parti Girondin, puis ineline vers la Montagne et devient l'homme de confiance des Jacobins du département, En 1795, 51 n'est pas rédlu, En l'an VI, son élection est cassée, en application de la lo: du 22 floreal. En 1816, il est contraint de sortir de France comme régicide, N se retire 4 Bruxelles, où 51 devient mzrchand de win, Autorisé 2 rentrer ev France en 1818 il se retire à Varis, où 51 s'occupe des intérêts de #es compatriotes, NN meurt 4 Vaugirard, le 12 septembre 1532,

2, Garilhe naquit à Payzac,le 27 novembre 1799, W était juge 20 tribunal de district du Tonargue quand,le 6 septembre 1792, 11 fut élu 4 la Convention, Dans le procès de Louis XV4, 51 vota pour L2 réclusion et le sursis. 1 fut l'un des 73 députés arrêtés le 3 oetobre 1793, sur le rapport d'Amar, pour avoir protesté contre les évènements des 21 mzi et 2 juin. M fut rappelé à la Convention le 18 fri. maîre an NI. Le 23 vendémiaire an 1V,il est réélu député par 134 voix sur 218 votants, Sorti en l'an V1, il est réélu pour un an, De 1801 4 1813, il est maire de Payzae, Wmourut à Largentiére, le 20 2oût 1829.

3, Corenfustier naquit aux Vas, le 28 avril 1747. NA fit son droit à Toulouse et fut recn avocat en parlement, Flu juge de paix des Vans, le 9 janvier 1791, 51 ent en cette qualité À s'oceuper de l'affaire de Snillans, Le 7 septembre 1722, au de tour, 5) fut noramé à la Convention. Dans le procés de Louis XVI, ilvota pour le bannissement 2 perpépuité et pour le sursis. Aprés la chute des Girondins, il envoya sa démission qu'il retira par prudence, le lendemain, Réélu, le 23% vendémizire an IV, par 192 voix sur 218 votants, il sortit du Conseil des Anciens en l'20 Vet fut nommé receveur à Paris. I mourut Z Chembonss, le 2 février 1823, dans les sentiments de la plus vive pitié,

4, Thoulouz: naquit à Chandoles, le 4 mars 1754, Adsnistrateur, puis procureur syndic du distriet du Tenargue, il fut Elu premier suppléant 3 la Convention par 298 voiz sur 297. I fut appelé à l3 Convention le 24 fructidor an Net con-

finua à siéger aprés le retour de Gamon. [1 mourut à Chandolas,le 11 20ût 1822.

subiront l'impulsion du milieu et du moment, mais tous inclinent à des solutions de modération et d’apaisement. ! Cette communauté d'idées et de sentiments se manifeste surtout dans les trois grandes questions qui dominent toute la politique intérieure des premiers mois de la Convention : abolition de la royauté, procès du roi et lutte des Girondins contre la députalion de Paris soutenue par la commune insurrectionnelle du 10 août.

Les députés de l'Ardèche ne parlent ? guère à leurs commettants du vote qui a aboli la royauté et établi en fait la république. Les patriotes du département sont aussi discrets que leurs représentants. L'abolition de la royauté peut les surprendre, elle ne les passionne pas et on ne signale dans le pays ni proteslalion, ni approbation spontanée. Ce ne sera que quelques jours plus tard que, sur les instances ‘de leurs députés ?, qui s'efforcent de réchauffer leur enthousiasme, le directoire du département !, les municipalités de Privas et d'Annonay * et les divers clubs se décideront à envoyer une adhésion explicite au décret du 21 septembre. La société des Amis de la liberté et de l'égalité d'Annonay, le 7 octobre, félicite la Convention d'avoir aboli la royauté, € celte prérogative funeste qui constituait un seul individu le maître et le tvran de plusieurs millions d'hommes. Nous sommes libres, enfin, grâces vous en soient rendues »°; mais, si le conseil général, dès le 27 septembre, date ses actes de l’an I de la république, le Mézenc ne modifie son calendrier qu'à partir du 16 octobre T et le journal «le Pacificateur » reste fidèle au « style esclave » jusqu'à son numéro du 25 octobre.

1. Les élections pour le renouvellement intégral des administrations du département et des districts eurent lieu deux mois plus tard à Tournon et furent faites par les mêmes délégués. Mais, cette fois encore, malgré une forte proportion d'hommes nouveaux, appartenant presque exclusiveinient à la petite bourgoisie, les élus sont peu désireux dese lancer dans les spéculations politiques. Comme leurs électeurs, ilsredoutent, avant tout. d'assumer des responsabilités. Ils font confiance à la Convention et à leurs députés avec qui ils restent en fréquents rapports.

2. Il n’est pas sûr que Boissy d’Anglas, qui était encore à Annonay, le 16 septembre, soit arrivé à temps pour prendre part au vote du 21 septembre. Il en est de même probablement des autres députés de l'Ardèche, sauf Gamon et St-Prix qui se trouvaient à Paris.

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