‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 247 sur 396 · Arch. Ard. L 108 et L · texte numérisé non relu

Arch. Ard. L 108 et L

À mesure, cependant, que le nouveau gouvernement apparaît plus stable, les adresses se font plus nombreuses et plus explicites. Le 31 octobre, le district du Tanargue félicite la Convention «d’avoir détruit la monarchie et de lui avoir substitué la république !». «La royauté n'est plus, s'écrie le club d'Annonay, le 8 novembre, l'arbre de la république s'élève majestueusement sur les débris du trône renversé ?. » Terras, administrateur du Mézenc, écrit, le 16 octobre, à Boissy d'Anglas : &« Nous avons appris, en son temps, avec la plus vive joie l'abolition de la royauté. Je vous avoue franchement que c'était mon vœu particulier depuis plus d’une année #. »

Au mois de novembre, les principaux centres, pour frapper l'imagination populaire, organisent de grandes fêtes civiques en l'honneur de la république. Annonay, le 11, se distingue par l'ampleur, la variété et le pittoresque de ses divertissements. Les exercices militaires, les farandoles, les défilés de jeunes gens et jeunes filles, en costumes symboliques, se mêlent aux cérémonies religieuses et aux chants patriotiques. Mais, malgré le zèle bruyant de la municipalité et du club, malgré l'ingéniosité des ordonnateurs et la grandiloquence des discours, la population reste froide et réservée, presque défiante. Le compte rendu, lui-même, en dépit du ton dithyrambique du rédacteur, distille l'ennui et la lassitude. Le peuple assiste à la (ête par désœuvrement, mais les acteurs semblent pressés d'en finir avec le rôle qui leur est imposé f.

Une fête analogue a lieu à Tournon, le 18 novembre. Ia municipalité, la société populaire et l’assemblée électorale du département y assistent en corps. Le « chant de l'hymne national » produit une vive émotion qui se transforme en embrassade générale, pendant que des enfants déchirent des drapeaux blancs et y mettent le feu.

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