‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 248 sur 396 · Arch. nat. F · texte numérisé non relu

Arch. nat. F

4. Cf. Pacificateur, n° 38, 13 novembre, et ( récit exact de la fête civique célébrée, le 11 novembre, à Annonay, suivi d'un discours prononcé par le citoyen Pourret ». Annonay, imprimerie Agard in-4 12p F. V

5 Arch. Ard. L 790. Procès-verbal de l'assemblée électorale, 18 novembre 1792 Un mois plus tard, le chant de la Marseillaise provoque un incident violent à l'assemblée administrative du Tanargue Le 20 décembre, les administrateurs du district soupaient chez le receveur Planche. Ils décident de terminer la soirée en chantant @ l’hymne des vrais amis de la république. » & Arrivés au couplet où la divinité tutélaire de la patrie est invoquée, chacun se précipite à genoux. Gimbert, seul, reste immobile ; l'assemblée scandalisée l'invite à se conformer

L'enthousiasme, aussi bien chez les patriotes que dans le peuple, est factice. Les autorités surtout sont d’ane prudeuce consommée ; elles approuvent du bout des lèvres, mais se cantonnent exclusivement dans leur rôle administratif et se bornent à faire appliquer passivement les décrets de la Convention.

Presque jamais, à la fin de 1792, le Coiron, le Mézenc et le Tanargue ! ne se permettent la moindre incursion dans le domaine politique. Le procureur général syndic lui-même, à l'ouverture de la session du conseil général du département, le 6 décembre, rompt avec tous les usages antérieurs. Il ne souffle mot dans son discours ni du roi, ni de la république, ni de la Convention, ni de la guerre, ni de la victoire de Jemmapes. C'est à peine s’il réédite le couplet habituel contre les réfractaires, les contre-révolutionnaires et les émigrés. Dans le programme qu'il soumet à l'assemblée, il n'est question que d’ «animer l'agriculture, encourager le commerce et les arts, assurer à l'homme infirme ou délaissé des secours... ». A lire le procès-verbal de la session, on ne soupçonnerait pas que les administrateurs puissent avoir d'autres préoccupations que celles d'assurer la rentrée des impôts et la vente des biens nationaux, de restaurer les routes, de veiller à la sécurité publique, de subvenir aux subsistances et de soulager la misère des petites gens. Si, à la veille de la clôture de leurs opérations, ils songent à l'adresse obligatoire d'adhésion et de félicitations à la Convention ?, ils refusent, malgré des sollicitations pressantes et réitérées, de s'occuper . du procès du roi et de transmettre le moindre vœu à ce sujet à leurs représentants.

Toutes les autres administrations, les districts, les municipalités, les clubs, observent la même réserve. Le 19 novembre, l’assemblée électorale du département réunie à Tournon n'élève aucune objection au projet de faire juger Louis XVI par la Convention, mais

aux autres. [l s’y refuse et dit ohstinément qu'il ne fera jamais un pareil acte que devant Dieu, et fait connaître à l'assemblée, par ce refus, qu'il cache, sous le respect de la souveraine divinité, un fanatisme outré !... L'assemblée déclare que Gimbert a mérité la censure de l'administration. Gimbert, le même jour, requiert l'insertion sur le registre de sa protestation indignée. «La censure que ces cannibales ont contre lui déclarée encourue n’est point déshonorante, n'étant point méritée.» L’excuse de ses collègues est que, «dans ce moment. le vin blanc mousseux fermentait dans leur cerveau. » Arch. Ard. L. 860. Procès-verbal de l'assemblée administrative du Tanargue du 21 décembre 1792.

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