‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 250 sur 396 · Réimpression du Moniteur, T. 15 p · texte numérisé non relu

Réimpression du Moniteur, T. 15 p

6. Lettre de St-Prix à Caroline du 21 novembre 1792, publiée dans la revue du Vivarais du 15 février 1904 par Humbert de Soubeyran de St-Prix.

fusé l'appel au peuple !, sont unanimes dans la question du sursis et cherchent à écarter une décision irrévocable ?.

Nous avons peu de renseignements sur l'impression produite dans le pays par l'annonce de l'exécution du roi. Les procès-verbaux enregistrent sèchement la nouvelle sans aucun commentaire. « Le 28 janvier 1793, écrit Delichères, arrive du département un paquet, adressé au maire et au procureur de la commune, pour être ouverten présence du conseil municipal. Je le convoque. I nous annonçait l'exécution de Louis XVI I] me prit un saisissement qui fut remarqué. L'assemblée se sépara de suite et je rentrai chez moi, en proie aux plus pénibles réflexions... » 3. La correspondance de St-Martin et les notes de Léorat Picansel nous laissent entendre que, si « les bals n’ont jamais été aussi fréquents qu’à cette époque » , la nouvelle sinistre répand partout l'inquiétude et l'effroi L'opinion, sans vouloir le laisser paraître, est terrifiée de la décision de la Convention et stupéfaite de son audace.

Aussi ne trouve-t-on que de rares adresses et adhésions des autorités et des sociétés populaires 5. Cette discrétion de mauvais augure préoccupe les députés. ils craignent que leurs concitoyens ne comprennent pas la situation tragique de la Convention dans ces jours douloureux et ne désavouent son jugement. En de nombreuses lettres, ils parlent « des poignards qui briilaient sur nos têtes. » 5 & On nous menace, écrit St-Prix, de nous égorger à la porte de l’assemblée et nous n'avons voté les quatre appels nominaux pour ainsi dire que sous le couteau... il n'est plus possible d'y tenir. » Il parle de quitter Paris, « si l’on me le permet. » 7 Et St-Martin ajoute : « Vous ne vous formez pas l'idée de l'état d'angoisse ou plutôt de stupeur où nous a réduits l'affaire du dernier roi des Français. Les papiers publics ne vous ont donné là-dessus que des relations très imparfaites et, pour la tranquillité de nos concitoyens, nous avons

1. Gleizal est le seul député de l'Ardèche qui refuse de soumettre le jugement de Louis XVI à la ratification du peuple réuni dans ses assemblées primaires. Plus tard, il défendra son opinion dans un ouvrage intitulé : Coup d'œil sur la Révolution française. Paris in-8. 47 p. F.V. p. 7et 8.

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