‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 249 sur 396 · Arch. Ard. L 570, 736 ct · texte numérisé non relu

Arch. Ard. L 570, 736 ct

2. Arch. Ard. L 109. Séances des 6 décembre 1792 et 5 janvier 1793.

elle s'interdit tout conseil, toute pression. Elle n'entend assumer aucune responsabilité et, pour tous les votes que ses députés auront à émettre, elle s'en rapporte à leur conscience et à leur patriotisme 1. Seule, la société des Amis de la liberté et de l'égalité de Tournon, le 6 janvier 1793, envoie une adresse virulente à la Convention pour se plaindre du retard apporté à l'exécution du roi, « de ce monstre, pris teint du sang du peuple, le 10 août... Nos neveux s’étonneront qu'un pareil monstre ait trouvé des défenseurs. » 2. Par contre, un patriote d'Antraigues, Mazon, fait imprimer une petite brochure pour servir à la défense de Louis XVI et Chomel, procureur du roi devant le tribunal du Mézenc, dès le 16 octobre, écrit à Boissy d'Anglas qu’ « il serait aussi inhumain qu'impolitique d’user d’une extrême sévérité... À mon avis, cet ex-roi est plus infortuné que coupable. » #. |

On sent que cette affaire du jugement du roi élonne et scandalise. N'ayant jamais prévu une pareille éventualité, l'opinion, de parti pris, affecte de s’en désintéresser. Maïs, au fond, paysans et patriotes, en grande majorité, font des vœux pour la clémence et souhaitent secrètement un verdict d'humanité.

C'est bien ainsi, d’ailleurs, que les députés de l'Ardèche interprêtent le silence de leurs concitoyens et, si tous déclarent Louis XVI coupable, tous, en définitive,s éfforcent de sauver la vie du roi. Boissy d'Anglas, Corenfustier, Garilhe, St-Martin * agissent en législateurs et non en juges. Ils prennent simplement une mesure de salut public et se prononcent pour le bannissement ou la réclusion. St-Prix, après la découverte des pièces de l'armoire secrète des Tuileries, a cédé à un mouvement de colère et d'indignation. Dans une lettre privée ‘, il a laissé entendre sa résolution d’infliger au «tyran » une peine exemplaire, car &« morte la bête, mort le venin », mais, après réflexion, il n'hésite plus à se ranger à l'opinion de Gamon et tous les deux votent la mort avec sursis jusqu’à la paix. Tous, même Gleizal qui a opiné pour la mort dans les vingt-quatre heures et re-

1. Arch. Ard. L 790. Procès-verbaux des 17 et 19 novembre 1792. :

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