Réimpression du Moniteur T. 13 p
l'administration départementale, plaider la cause de ses prêtres auprès des procureurs syndics des trois districts. L'évêque, à la faveur d'une argumentation captieuse et sophistique, prétend démontrer «que la loi du 26 août dernier n’a pas d'application dans ce département. ! » Cette interprétation inattendue surprend le district du Coiron qui, le 11 septembre, demande une règle de conduite au pouvoirexécutif par l'intermédiaire du départemeut. C'est Savine, lui-même, qui, le 26 septembre, avec une longue lettre explicative, envoie au ministre la délibération du Coiron.? Roland ne daigne pas répondre à l'évêque et s'adresse, le 6 octobre, au vice-procureur général syndic. Il déclare la conduite de Savine «infiniment répréhensible et sa qualité de président du département rend d'autant plus coupables ses intentions. [1 a trahi la confiance du peuple et manqué à tous ses devoirs. » Il termine en invitant les administrateurs à lenir la main à l'exécution littérale de la loi.» Une nouvelle lettre du 20 octobre { prescrit d'arrêter les réfractaires sujets à la déportation.
La mise en demeure était formelle, mais les membres del administration étaient arrivés à la fin de leur mandat. L'assemblée électorale, qui aurait à renouveler tous les fonctionnaiues du département, était convoquée pour le 11 novembre. 5 J£n attendant, ils évitent de prendre la moindïe initiative et laissent à leurs successeurs la responsabilité de ces mesures odieuses qui répugnent à leur honnêteté naturelle et à leur conscience.
L'application de la loi, d’ailleurs, soulevait de graves difficultés. Le ministre de l’intérieur réclamait avec insistance le tableau des ecclésiastiques insoumis; mais, pourétablir cette liste avec justice etéquité, il fallait, au préalable, porter un jugement sur la validité de chaque serment. Le 17 décembre, le département somme les districts de lui remettre immédiatement les procès-verbaux des diverses prestations de 5 serment, Malheureusement, les districts ne possédaient pas les renseignements demandés. Le Coiron avait bien,