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La misère est certaine. Il convient, toutefois, de ne pas prendre au pied de la léttre ces plaintes intéressées et ces réclamations habituelles. Sila condition des ouvriers et des artisans des villes est précaire, par suitedu renchérissement considérable des denrées, les petites gens des campagnes ne semblent pas avoirun sort plus dur que les années précédentes. Le ravitaillement, tout en restant difficile, se fait à peu près normalement, avec l’appoint des blés achetés au dehors. La preuve en est dans l'embarras du département qui n'arrive pas à liquider les stocks d'orge qu'il a entreposés à Tournon, puis au Teil et à Baix, € où personne ne vient en prendre. » !
La question religieuse passionne davantage les esprits.-Elle serait même beaucoup plus aiguë, si les décrets révolutionnaires étaient appliqués dans toute leur rigueur, mais, malgré quelques accès de zèle intermittent, les autorités locales ne demandent qu’à ignorer les infractions à la loi. Même après l'arrêté du département du 15 août 1792, qui suspend le paiement des pensions et traitements des réfractaires, beaucoup de non-conformistes, surtout dans le Mézenc et le Tanargue, continuent à bénéficier des ambiguités de rédaction de leur serment. Le 22 août ?, le conseil général du département décide l'expulsion dans Ja huitaine des curés remplacés. Ils devront se retirer à quatre lieues, au moins, de leur ancienne paroisse et les nouveaux élus rejoindre immédiatement leur poste, sous peine de suppression de traitement. Il ne semble pas que ces nouvelles injonctions aient été mieux obéiesque les précédentes.
La loi du 26 août était plus sévère. Les réfractaires élaient tenus de sortir du royaume dans le délai de quinze jours. * Ceux qui, après cétte date, seraient rencontrés sur le territoire français seraient déportés à la Guyane. Hn'était prévu d'exception que pour les sexagénaires et lesinfirmes, qui devaient être internés dans une maison désignée par le département.
Les rigueurs de la loi effarouchentla timidité des administrateurs, qui s'efforcent de gagner du temps, sans toutefois se compromettre. Le 27 septembre,‘ ils blâment l'impatience des habitants de Bourg-St-Andéol, qui prétendent faire éxécuter les décrets sans attendre leur envoi officiel. Is laissent Mgr de Savine, président de
4. Arch. Ard. L 127. Procès-verbal du directoire du 20 mai 1793, 2, Arch. Ard. L 108.