‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 268 sur 396 · Arch. Ard. L 328. Rapport de Chapuis · texte numérisé non relu

Arch. Ard. L 328. Rapport de Chapuis

et le vicaire n'ont disparu que depuis 10 heures du matin. Le bilan de l'expédition sesolde par deux prisonniers, mais l’un d'eux s'échappe avant d'arriver à Annonay.

Gleizal n’est pas plus heureux en avril. Il a beau demander àla Convention de tripler la prime promise aux dénonciateurs, ! multiplier les visites domiciliaires et prendre un arrêté pour faire exécuter, dans les 24 heures, les réfractaires et leurs complices, ? la terreur nest pas plus efficace que l'appât des récompenses et le résul-tat est à peu près nul.

C'est à peine si une quinzaine de réfractaires sont arrêtés. Quelques-uns réussissent à s'évader. Les autres, malgré les dispositions de la loi du 18 mars 1793, treuvent:des complicités à tous les degrés de l'administration. Les conseils généraux des communes leur délivrent des certificats de civisme ; les officiers munici-paux se portent garants de leur patriotisme et le département n'est: pas fâché de découvrir un bon prétexte à leur élargissement. Le: 24 décembre 1792, le directoire fait remettre en liberté Chauchadis, d'Aubenes ; le 13 ianvier, malgré l'opposition du procureur général! syndic, il maintient son arrêté de libération de Monteil # qui, pour--

tant, n'a prêté qu'un serment restrictif ; le 2 mars, il rend à ses pa-

roissiens le curé du Cros de Géorand, ÿ arrêté trois jours aupara-

vant. Parfois, les prisonniers ont recours à des médecins complai-

sants qui, en raison d’infirmités, vraies ou supposées, les déclarent

intransportables. Le directoire leur reconnait libéralement le droit

de se prévaloir des exceptions prévues à la loi du 26 août. Par sui-

te, ceux qui ne sont pas élargis obtiennent soit de rester en déten-. tion chez eux, soit de se retirer à Viviers. © Les autres sont oubliés. en prison, et, en fait, la peine dedéportation n'est pas appliquée.

Le 5 avril 1793, le maire et les officiers municipaux de Marseille écrivent à Chabal, procureur général syndic, que, depuis deux

1. Rapport fait à la Convention nationale par Claude Gleizal.

2. Arrête de Gleizal et Servière du 3 avril 1793. Arch. nat, A Fri 182 —- 1497,

Page 1