Lespinasse. Exposé de la Conduite du directoire p
valle, les départements de l'Ardèche et de la Lozére. ! Ce fut vrai, plus d’une fois, dans le passé, mais en ce moment, plus encore que: la loi du 26 août contre le clergé, l'application du décret du 24 février, relatif au recrutement de 300.000 hommes, suscité dans le pays une période de crise, d'agitation et de mécontentement qui achève de détacher le paysan dela Révolution.
Les arguments qu'on fait valoir pour justifier, aux yeux ducultivateur, une levée si importante ne le touchent pas. L'ennemi est loin et la guerre est pour lui amusement de prince qu'il ne comprend pas. La perspective de se voir arracher ses fils, pour les jeter sur des frontières qu'il ignore et pour un intérêt patriotique qui lui échappe, l'exaspère. Cette fois, il ne s’agit plus seulement d’une atteinte à ses sentiments intimes, ce sont ses intérêts matériels les plus chers qui sont en jeu. D'ailleurs, il a toujours eu l'armée en horreur et il ne s'est jamais soumis dans le passé, que contraintet forcé, à l'odieuse loi des milices. ?
Ce n'est pas cependant que, même sous l'ancien régime, le Vivarais n'ait fourni d'excellents soldats aux armées royales. Tous les régiments qui avaient tenu garnison dans les diverses villes de la province avaient toujours attiré un contingent notable * de jeunes gens du pays, séduits par le prestige de l'uniforme, le goût de l’imprévu et du danger, l'amour des risques et des aventures. Il y avait peu de villages où l'on ne comptât d'anciens soldats et sous-officiers, revenus après quinze ou. vingt ans de service. La plupart, d’ailleurs, avaient donné l'exemple du courage et de la discipline. Résistants, débrouillards, d’une ténacité à tonte épreuve, ils avaient obtenu l'estime de leurs chefs et laconfiance de leurs compagnons d'armes.
Mais, il ne s'agissait là que de volontaires qui, le plus souvent, provenaient de la classe la plus pauvre et la moins estimée. À côté de manœuvres, de journaliers, d'ouvriers sanstravail qui n'avaient aucun espoir de s'élever jamais à la propriété, on y rencontrait des recrues qui avaient reculé devant le dur labeur des champs ou que des raisons moins nobles avaientobligés à quitter leurs foyers. Plus d’une fois, c'était pour eux un moyen de se soustraire à des pour-