‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 274 sur 396 · Bruyère, Gleizal et Dumonts. Arch. Ard. L · texte numérisé non relu

Bruyère, Gleizal et Dumonts. Arch. Ard. L

3. Le premier bataillon était à l'effectif de 725 hommes ; le 2"e de 668. Lepremier part, le 28 juillet, pour Montpellier, puis est dirigé sur Briançon. Le 2%e est envoyé d’abord à Nimes, puis à Carouge. Après le siège de Lyon, ilsera affecté: à l'acmée des Pyrénées-Orientales, Cf) Vaschalde. Les Volontaires de l'Ardèche. . p. 88 et 95. |

4. Réimpression du Moniteur T. 13 p. 168 et procès-verbal du directoire du: 14 août 1792, Arch. Ard. L 125.

riole, avaient brigué l'honneur de faire partie de cette compagnie d'élite exigent à présent que le choix porte sur tous les gardes nationaux qui ont la taille requise. !

Le directoire assouplit le règlement trop rigide qu'il avait fixé. Il réduit de 12 à 5 le chiffre des grenadiers de St-Vincent-de-Durfort. I] casse le scrutin de Lavoulte qui a désigné trois inaptes, mais il se contente de huit grenadiers au lieu de vingt-neuf. Il a à résoudre des difficultés analogues un peu partout, à St Fortunat, à Vals et à Annonay. ? Le 29 août, il autorise les hommes qui doivent marcher aux frontières à se faire remplacer, à condition de présenter des engagés de cinq pieds trois pouces. Les cantons utilisèrent cette faculté pour ouvrir un véritable marché de soldais et attirer, au moyen de riches souscriptions, des volontaires besogneux. L’effectif toutelois reste incomplet. Si le Coiron parvient à lever 300 gardes nationaux, le Tanargue n'en peut fournir que 137 et le Mézenc à peine une centaine. * Pour la première fois, devant le manque d'hommes de bonne volonté, quelques paysans ont été inscrits d'office et enrôlés, malgré eux, surtout dans les paroisses rurales où l'enthousiasme fait totalement défaut.

Le directoire avait convoqué les diverses compagnies pour le 28 août. Au dernier moment, le retard des commissaires du général Montesquiou qui avait réclamé le nouveau bataillon ne permet pas de procéder à leur organisation. Mais les grenadiers, qui ont dû abandonner les travaux des champs pour obéir à l'ordre de réquisition, s'impatientent ; les subsistances font défaut et la population qui doit les héberger se plaint de la surcharge qu'on lui impose. L'agitation s'accentue. Le département, pour éviter des excès, est obligé, le 29, de les envoyer en permission jusqu'au 5 septembre.t

Mais, si, à Aubenas, le 12 septembre, les grenadiers du Coiron sont fidèles au nouveau rendez-vous, Jacomony, l'envoyé de Montesquiou, ne trouve personne à Joyeuse. Les conscrits du Tanargue, fatigués de l’attendre, sont rentrés chez eux. Ze directoire les con: voque à Tournon avec ceux du Mézenc pour le 14. Malheureusement, à Tournon, les esprits sont si surexcités, le mécontentement si violent que Jacomony, insulté et ménacé, n'échappe à la fureur

1. Procès-verbal des 28 août du conseil général. Arch. Ard. L 108.

2. Arch. Ard. L 108. Procès-verbaux des 28, 29, 31 août, 7 et 11 septembre

3. Arch. Ard. L 126. Procès-verbal du directoire du 6 mars 1793.

4, Arch. Ard. L 108. Procès-verbal du 29 août.

des soldats, qui veulent «lui couper la tête, »! qu'en s'évadant au plus vite et en laissant aux commissaires du département le soin de grouper en bataillon des éléments aussi indisciplinés.

Enfin, le bataillon est formé ; mais, comme il n’est ni armé, ni équipé, ni entrainé,le général Montesquiou retire sa réquisition ? et le département est obligé de pourvoir à sa subsistance jusqu'au mois d'octobre. À cette date, il est dirigé sur le camp de Paris, puis envoyé à l'armée de Custine. Son zèle patriotique et sa belle conduite à Mayence et à Cassel lui vaudront une attestation élogieuse du général Custine et une mention honorable de la Convention nationale. {

Le 3 novembre 1792, le conseil général du département prépare un nouveau bataillon de 8 compagnies de 80 hommes et une compagnie de grenadiers qui en comptera 89.5 Celte fois-ci, la levéeest libre et le directoire blâmera le zèle intempestif de certaines municipalités, qui veulent faire tirer au sort des gardes nationaux qui n'ont aucune envie de s'engager. ® Mais, bien que les registres d'inscription restent ouverts dans toutes les communes, les listes de volontaires s’allongent lentement. Ni la crise économique qui pèse sur le pays, ni la pénurie des subsistances ne suffisent à faire germer de nombreuses vocations militaires. Le club d’Annonay, cependant, annonce, le 18 novembre, 7 qu'il a déjà réuni une vingtaine de volontaires. Pour encourager les hésitants, onfait dans les centres des collectes très abondantes. La souscription de Tournon atteint 40. 530 livres, $ sans compter les dons en nature destinés à

1. Lettre de Bienvenu à Garnier, payeur général de l’armée du midi, du 20 septembre 1792,citée par Vaschalde, p. 101-102.

2. Arch. Ard L108.Procès-verbal du 15 septembre, citant la lettre de Montesquiou, 14 septembre 1792.

3. Arch. Ard. L 570.Cf) discours du procureur syndic du Coiron, le 16 octobre 1792

4. Arch. parlementaires T 59, séance de la Convention du 20 février 1743. Lettre du commandant du bataillon des grenadiers de l'Ardèche au général Custine. Ses soldats, qui ont une journée de loisirs par semaine, l’offrent « gratis et en forme de don patriotique aux travaux de Cassel.» Custine, le 13 février, envoie cette lettre à la Convention qui décrète mention honorable et inscription au bulletin du bataillon des grenadiers.

5. Arch. Ard. L 109. Les chefs de légions sont convoqués au chef-lieu de canton, le 11 novembre 1792.

6. Arch. Ard, L 201. Lettre du 8 février 1793 des administrateurs du département à la municipalité de Salelles.

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