Procès-verbal cité par Rostaing p
8. Archives de Tournon citées par Vaschalde. Les voiontaires p- 113.
l'habillement et à l'équipement des futurs soldats. Le département, de son côté, s'engage à faire travailler les champs des défenseurs de la patrie et met des sommes importantes! à la disposition des familles nécessiteuses. Après trois mois de racolage, le bataillon est organisé, le 18 janvier, à Privas, mais son effectif reste inférieur de pius d'un tiers au contingent normal. À la revue de formation, il ne comptait encore que 455 hommes au lieu de 750.2 Ce ne sera que le 6 mars 1793 qu'il atteindra le chiffre de 681. *
Aux volontaires désignés pour Jes frontières, il faut assimiler les gendarmes qu'on oblige à partir pour l’armée. Les vides sont de plus en plus nombreux, au début de 1793, et l'embarras du département chargé de les recruter est grand devant la rareté des candidats #.
Ce qui contribue le plus à rendre impopulaires ces levées successives de volontaires, c'est l'attitude hostile des divers bataillons étrangers qui stationnent dans le pays. À partir du mois d'août, plusieurs milliers de recrues de l'Ariège, des Landes, de la Haute- Garonne et 2 bataillons du 38% régiment tiennent garnison dans l’Ardeche et leurs rapports avec les paysans sont très tendus. Mal nourris, mal logés, désœuvrés, ivrognes et pillards, ces soldats improvisés, souvent formés de la lie de la population, font preuve d'un grave esprit d'insubordipation et d'indiscipline. A Annonay, le 16 septembre 1792, grisés par les récits des massacres de septembre à Paris, ils arrêtent et malmènent un groupe de prêtres, en route vers la frontière pour obéir à la loi du 26 août. Il fallut tout le prestige et l'énergie de Boissy d'Anglas et des diverses autorités de la ville pour éviter l'effusion du sang. Boissy d’Anglas et le président du tribunal faillirent même être victimes de la fureur irraisonnée de ces bandits 5.