Réimpr. du Moniteur T. 16 p
6. Arch. Ard. L127. Le directoire dénonce l’incurie du ministre à la Conven tion. :
7. Le 11 oct. 1793, le directoire recommandera encore les recrues qui partent pour Toulon à l'humanité du ministre de la guerre et le suppliera de leur faire délivrer les vêtementsindispensables pour l'hiver. Cf. Ard. 1. 236
pas répondre aux sommations de l'autorité, ! à mesure que la pression administrative devient plus forte, l'opposition tend, çà et là, à devenir active. Les menaces aux volontaires, les insultes aux administrateurs et aux commissaires, les taillades aux arbres de la liberté, le tumulte concerté pour empêcher la désignation et le départ des recrues, les bandes armées, les attroupements séditieux, au son du tocsin, indiquent une population frémissante. ?
Les aristocrates et les contre-révolutionnaires, voyant le parti à tirer de la situation, sortent de leurs retraites et reparaissent plus haineux que jamais. De concert avec quelques réfractaires, ils entretiennent l'agitation, sèment la discorde et poussent à la résistance. Le printemps de 1793, succèdant à sept àhuit mois d'accalmie, compte parmi les périodes les plus troublées de la Révolution. Un peu partout, on répand des nouvelles alarmantes sur le sort de nos armées et on colporte les propos les plus outrageants contre la Convention et tous les corps constitués. Dès le mois de mars, le bruit court d'une insurrection prochaine, en liaison avec la Haute- Loire et la Lozère. Le 3 avril, on arrête à Bollène deux contre-révolutionnaires de Comps et Vagnas qui cherchaient à acheter dela poudre à canon. Villeneuve-de-Berg, le 17 mars, { dénonceun complot pour forcer les prisons et délivrer les complices de Saillans, le jour de la foire du 22 mars. Les frères Allier sont signalés entre Villefort et Mende. Toute la région du Béage, d’Issarlès et de Ste Eulalie est en pleine effervescence et la révolte de Charrier, qui éclatera, quelques semaines plus tard, dans la Lozère, aura des ramifications et des sympathies dans toute la montagne et jusqu'à Bannes et aux Vans ?.
Le danger apparaît si imminent que le directoire de l'Ardèche convoque d'urgence l'assemblée administrative du département et réclame l'appui et l'assistance des commissaires de la Convention. Gleizal reçoit des lettres affolées de Dumonts, Cousin et Michel, délégués dans le district du Tanargue. # Aussitôt,il abandonne la Lozère à son collègue Servière et revient précipitamment à Privas. D'ac-
1) Arch. Ard. L126. Procès-verbal du directoire du 6 avril. Lettre des procureurs syndics du Mézenc et du Tanargue.
2. Arch, ard. L126. Procès-verbaux du directoire des 17 mars, 1, 7 et 10 avril.
3. Arch. Ard. L 126 .Procès verbaux du directoire de mars et avril. Cf) encore Arch Ard. L 110. Séance du conseil général du 8 avril et L 201. Correspondance du département.
4. Procès-verbal des commissaires de la Convention du 6 avril inséré dans la
délibération du directoire du 18 avril. Arch. Ard. L 126.
ils,
cord avec le directoire et le conseil d'administration, il s’empresse de prendre une série de mesures sévères pour réprimer l'audace des contre-révolutionnaires, intimider la population, terroriser les malintentionnés et élouffer les tentatives d’insurrection.
Le 10 avril, le département offre 1000 livres à qui procurera: l'arrestation des frères Allier, de Perrochon et du chevalier de Melon. ! Le lendemain, Gleizal promet 600 livres «à qui amènera, mort ou vif, un des frères Allier » et le double pour les deux. Le directoire fait arrêter Becque, Cholvy et Bellin, pour entraves au recrutement, et Gleizal, Pascal et les deux frères Moutet peur fanatisme, propos inciviques et correspondance avec les émigrés. Le 13 avril, un arrêté commun ordonne le désarmement immédiat de tous. les suspects et autorise tous «les corps administratifs, tribunaux, gendarmerie et garde nationale » à mettre provisoirement en état d'arrestation toutes les personnes qu'ils suspecteront d’être complices «de la contre-révolution. » ?
Le 6 avril, les administrateurs écrivent à leurs délégués à. Joyeuse : « La guillotine a été réclamée, elle arrivera bientôt » 5, Ce n'était point une menace platonique. En avril, le tribunal criminel, jugeant révolutionnairement, prononce cinq condamnations à mort. Bellin esi exécuté, le 22, sur la place publique de Privas pour avoir assisté en armes à la messe du réfractaire Ceysson et avoir menacé de son fusil plusieurs volontaires désignés par le sort #. Le. 25 avril, Gleizal annonce deux exécutions à Joyeuse et deux autres, quelques jours plus tard, à Privas ©.
Cette répression énergique arrête toute vélléité de résistance. Le peuple se résigne à l'obéissance, mais il se soumet à contrecœur, en maudissant un régime qui, non content de comprimer ses sentiments religieux, lui enlève jusqu’à ses enfants. Les déserteurs, comme les insermentés, seront toujours sûrs de trouver un asile: inviolable dans la montagne. Non seulement les catholiques fervents, mais la plupart des cullivateurs, beaucoup d'artisans et d’ou-
1. Arch. Ard. L 110. Procès-verbal du conseil général du 10 avril 1793. CP). aussi réimpression du Moniteur T. 16 p. 283.
2, Arch. Ard. L 126. Procès-verbaux du directoire du mois d'avril. Cf)aussi L 201et 547 et Arch. nat. AF 182.
3. Arch. Ard, L201: Lettre du directoire du 6 avril à Cousin et Dumonts, à, Joyeuse.