Compte rendu p. 6. B N. Lh 41 671. 7p
3. Lespinasse. Exposé de la conduite des membres composant le directoire. 1p. 6. k Cr 4. Réponse de Pourret p. 10. Delichères p. 133-134. Exposé de Lespinasse
p. 8. ; 5. Procès-verbal du conseil d'administration. Arch. Ard. L, 110.
À la séancee du 13, les avis sont parlagés !. Si quelques-uns semblent résolus à suivre l'impulsion du Gard et des Bouches du Rhône, d'autres font remarquer que les plus ardents à réclamer des. mesures violentes sont justement les membres les plus représentatifs de cette bourgeoisie industrielle et commercante qui a énergiquemement contrecarré les vues de l'administration à l'assemblée du 23-26 mai. Déjà, par antipathie contre leurs adversaires, certains penchent versles Jacobins. Seul, toutefois, au dire de Lespinasse, Malleval, plus audacieux que ses collègues, aurait fait l'apologie de la journée du 31 mai et « demandé qu'il soit fait mention honorable de la conduite des Parisiens et déclaré qu'ils ont bien mérité de la patrie ? ». Cette motion intempestive soulève l'indignation de Ja majorité du conseil général. De violentes protestations. éclatent ; on déserte la salle et la séance est levée.
Mais, déjà, la tactique de l'administration se dessine. Si ses. convictions ne sont pas encore bien arrêtées, elle estime plus commode et plus sûr d'éviter de se prononcer. Sous prétexte d'information, mais, en réalité, pour gagner du temps, elle convoque, pour le {6 juin, une nouvelle assembiée extraordinaire qui adjoindra aux administrateurs les autorités de Privas, les officiers municipaux et le conseil général de la commune, les membres du tribunal eriminel, le juge de paix et ses assesseurs *.
Cette session qui met aux prises dans une discussion passionnée les partisans de l'action immédiate et ceux de la temporisation dure du 16 au 21 juin. Le directoire va se servir du tremplin de la: légalité pour écarter toute mesure inconsidérée. Lespinasse, Malleval, Dumonts, Chabal, parleront beaucoup pour se dispenser d'agir ou pour suggérer à leurs collègues des décisions anodines qui n’engageront pas l'avenir. C'est ainsi que le comité formé sur leur initiative se borne, le 17, à proposer une adresse à la Convention et une nouvelle réunion, le 29 juin, qui comprendra des délégués de chaque: district et un député par commune. ‘
Pourret, juge au tribunal criminel, dénonce, comme un attentat à la souveraineté populaire, ces lâches conclusions et, à la suite d'un discours particulièrement véhément de Sabathier, de Vernoux,
1. On forme un comité pour recueillir des renseignements sur les évènements du 31 mat et du 1° juin. Ilest à remarquer que, durant tout le mois de juin, les,
administrateurs confondent les évènements du 2 juin avecceux du 31 mai. 2. Expusé de Lespinasse p. 8.
3. Procès verbal de l'assemblée du 16-21 juin 1793. Arch. Ard. L112. 4. Ibidem.... Procès-verbal du 17 juin.
le projet du comité est repoussé, le 19 juin. ! Le directoire est en mauvaise posture au moment même où ses adversaires reçoivent de précieux renforts par l'arrivée d'une délégation de Tournon et d'Annonay ? et par l'adhésion de la ville d'Aubenas et du district du Coiron à la proposition de réunir les assemblées primaires. 3 C’est sur cette questicn des assemblées primaires que la bataille va reprendre, le 20 juin. Les commissaires d'Annonay et de Tournon, pour vaincre les dernières hésitations de la majorité, donnent lecture des diverses lettres des représentants de l'Ardèche à Ja Convention et du « compte rendu à nos commettants, » signé de l'entière députation du département. Ces déclarations autorisées qui confirment les nouvelles les plus pessimistes, ces appels au peuple pour le salut du pays produisentune sensation profonde sur l'assemblée. Les membres du directoire essaient de tenir tête à l'orage. Tout en prêchant l'union à la Convention, l’apaisement des esprits et la soumission aux lois, ils foncent vigoureusement sur leurs adversaires. L'exaltation est extrême. Les sarcasmes et les injures tiennent lieu d'arguments. Aux épithètes de «Maratistes, d’enragés et d'anarchistes, » répondent les qualificatifs « d’aristocrates, d'égoistes, de contrerévolutionuaires. »f« Qui comptez-vous, s'écrie Dumonts, parmi ceux qui se déclarent hautement contre l’outrage fait à la Convention nationale...? Ce sont ceux qui, de tout temps, opposés aux progrès de la Révolution, s'en sont déclarés les vrais détracteurs... Les provocateurs d'une anarchie universelle sont ceux qui vous proposeraient des mesures capables de vous éloigner du centre commun. » ® Un député d'Annonay réplique que, puisque l’administration est infidèle à son mandat et trahitles intérêts qui lui sont confiés, « le peuple saura bien s’insurger lui-même. » 6 Cest alors que Chabal, pour ramener les esprits, jette prudemment du lest et reconnaît que la Convention a été violéeet les députés arrêtés illégalement ; « mais, ajoute-t-il, par quelle voie le peuple doit-il exprimer son vœu à cet égard ? Est-ce en assemblées
1. Procès-verbal du conseil général du département du 19 juin. Arch. Ard. Ettor
2, Tournon envoie Debesses, maire, et Giraud, payeur général du département ; Annonay, Johannot et Delholme.
3 Délibération du 19 juin du directoire du Coiron réuni au conseil général de la commune d'Aubenas. Fonds Mazon. Chr. 18.