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Adresse à la Convention, 26 mai 1793. Arch, Ard. L

2. Adresse de la société populaire d’Annonay s. d. Arch. nat. F7 4606.

3. Adresses de la société républicaine de Viviers, du 28 mai 1793, des citoyens de Tournon, 2 juin 1793, de la Société de la liberté et de l'égalité de Tournon, 2 juin 1793, 55 signatures. Arch. nat. Dxe 18.

faire bloc contre les aristocrates et les contre-révolutionnaires. comme le prouve l'attitude de la nouvelle assemblée extraordinaire du 29 mai. A l'annonce de l'insurrection dela Lozère, elle décide à l'unanimité de déployer toutes les forces du département et de meltre en œuvre toutes les ressources du pays pour écraser les révoltés et réprimer l’audace des ennemis de la liberté. !

C’ést au milieu de cette agitation fébrile et de ces inquiétudes: multiples que lebruit se répand de graves évènements survenus à Paris, les 31 mai et 2 juin. Un coup de force a été perpétré contre la Convention ; l'Assemblée a été violée et un certain nombre de députés ont été mis en état d’arrestalion, sous la pression et la me- ‘nace de l'insurrection parisienne.

: Les députés de l'Ardèche, qui, dans leur lettre du 14avril?, semblaient déjà redouter ce dénouement, devinent l'anxiété de leurs. commettants et s’ingénient à leur transmettre des renseignements précis. Comme les lettres sont arrêtées, lues et interceptées, Boissy d'Anglas utilise pour sa correpondance les marges mêmes du bulletin de la Convention du 3 juin. «La Convention n'a plus de liberté, écrit-il. Dimanche, on l’a forcée d'ordonner l'arrestation de plusieurs députés. Elle a été, jusqu’à neuf heures du soir, retenue dans le lieu de ses séances sans qu'aucun membre eût la faculté de sortir. H y avait autour d'elle plus de 30.900 hommes armés et plus de 40 pièces de canon. Boissy a failli être égorgé par les sentinelles qui gardaient les portes... On lui à déchiré ses vêtements, on a portélæ main sur lui et dirigé des baïonnettes sur sa poitrine. Un prétendu comité révolutionnaire s’est établi à Paris et veut gouverner la France: c'est lui qui opprime la Convention, » Le lendemain, il transmet de nouveaux détails par la même voie : € La majesté du peuple a été violée. Dimanche, nous avons délibéré sous la bouche de 163. canons... Arrestation de 32 ou 36 membres, sans preuve, sans avoir voulu les entendre... »?

1. Arch. Ard. L110 Cette assemblée comprend toutes les autorités de la Commune de Privas, les procureurs syndics du Coiron et du Tanargue, le capitaiue de gendarmerie et l'ingénieur en chef du département. Lespinasse et Dubois sont envoyés à Lyon pour acheter 6 pièces de canon, Malleval à Valence pour demander des secours. Les 36 compagnies départementales sont mises em état de réquisitian permanente. Les secours arrivèrent trop tard. Les révoltés étaiert déjà écrasés. CF.) Arch. nat. M668. Nombreuses pièces surles mesures prises par le département de l'Ardèche et les districts du Coiron et du Tanargue au sujet del'iusurrection de la Lozère.

2 Lettre à nos commettants du 14 avril p. 10 et 11.

3. Arch. de l'fsère L, 59. Note écrite par le citoyen Boissy d'Anglas... sur le- Bulletin du 3 juin 1793. Copie certifiée par le citoyen Ravel, président, et Blanc, secrétaire des sections réunies d'Annonay.

St Prix, le 7 juin, ! en envoyant le « Compte rendu à nos commeltants,» annonce un exposé des évènements fait par la députation de l'Ardèche et confirme que «la représentation naiionale emprisonnée, avilie, délibérant sous le poignard d’une faction audacieuse, n'existe plus.» ?

Ces nouvelles rapidement diffusées dans tous les centres provoquent une stupeur générale dans le parti patriote, aussitôt suivie d'une explosion de colère et d'indignation. La même question monte à toutes les lèvres : que faire ? Comment réagir dans une situation aussi désespérée ? On se concerte, on fait des plans. Des correspondances actives s'échangent entre municipalités, sociétés populaires el administrations diverses. ?

Le club d'Annonay, le 10 juin, interrompt ses séances et les sections de la ville s'érigent en permanence. L’agitation est très vive aussi à Tournon, Aubenas, Viviers, Privas, Largentière, Valdon. De nombreuses députations poussent le directoire du département à prendre la direction du mouvement et à coordonner les efforts individuels de résistance à l'oppression. Des arrêtés incendiaires arrivent des départements voisins, qui prêchent la saisie des caisses publiques et l'organisation d'une armée de défense contre les faclieux. Le Gard annonce que ses gardes nationaux sont en marche. Lyon presse l'Ardèche de se joindre à lui. Marseille menace les hésitants #.

On conçoit l'embarras des administrateurs qui ne savent à quel parti se résoudre. Ce sont des indécis, des timides. Les Montagnards n'ont pas encore fait de recrues dans leurs rangs. Aucun ne songe à défendre les initiatives criminelles de la capitale et à approuver la mutilation de l'Assemblée. Tous déplorent la situatiation critique de la Convention, mais le souci de la légalité et surtout l’effroi des responsabilités glacent leur courage et paralysent leur activité. Aussi font-ils la sourde oreille à toutes les sollicitations du dehors et résistent-ils le plus possible aux injonctions des äimpatients. Le 11 juin *, toutefois, devant la pression générale de l'opinion, ils rappellent d'urgence à leur poste les nombreux administrateurs en mission.

1. Lettre de St Prix citée par Mortimer Ternaux. Histoire de la Terreur FT. ‘7 p. 569,570, note.

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