Arch. nat. B n
contre-révolutionnaires d'Annonay. Le 19,Pourret, lui-même, revient sur ses précédentes déclarations et, Je 21 juillet, les sections d’Annonay terminent leur permanence et retirent leur arrêté du 18. Le 2août, enfin, plusieurs citoyens d'Annonay,justement inquiets des visées attribuées à leur cité, viennent avec Ravel, Desfrançois, Thorenc, Fraisse et Rey assurer le directoire du département du civisme de Jeurs concitoyens'. Les égarés, déclarent-ils, sont vite rentrés dans le devoir et les diverses assemblées primaires d'Annonay ont accepté, à l'unanimité, l'acte constitutionnel.
Le ralliement était général. Le calme et la tranquillité succédaient à l'agitation. Cette heureuse issue d’une crise douloureuse, en supprimant toute cause de division, ailait, semble-t-il, insuffler une vigueur nouvelle au parti patriote et reconstituer son unité. Il
n'en fut rien. é Les administrateurs du département : Chabal, Lespinasse,
Malleval, Dumonts, Marcou, Cousin, qui avaient élé fort malmenés par Pourret, Bruyère, Sabatier et Dubois aux dernières assemblées extraordinaires, n'étaient pas d'humeur à laisser échapper l'occasion d'une vengeance éclatante ?. Ce serait en même temps, pensaient-ils, ie moyen de se blanchir aux yeux de la Convention et de regagner sa confiance que de poursuivre vigoureusement les chefs de la faction adverse, qui avaient voulu les entrainer dans les voies du fédéralisme.
Au lieu de l’apaisement, c'est la lutte sans merci où toutes les armes sont bonnes. Chacun se défend avec la rage de la bête traquée et le vaincu ne courbe momentanément la tête que pour mieux mesurer son élan et foncer, avec une vigueur nouvelle, sur ses ennemis. Chaque parti n’a d'autre objectif que de déconsidérer ses adversaires, provoquer leur destitution et leur arrestation et, en cas d'évasion, les faire proscrire en les portant sur la liste des émigrés.
Dès le 19 juillet, le directoire suspend Bruyère de ses fonctions de procureur syndic du Mézenc et fait sanctionner son arrêté par le représentant Albitte. S'il allègue le prétexte de négligence dans l'exercice de ses fonctions, il retient surtout le grief d'incivisme. Le crime de Bruyère est d'avoir & paru des premiers dans les sections », d'avoir € crié aux assemblées primaires » et d’avoir
1. Réponse de Pourret p.19 et procès-verbal du directoire, 2 août 1793.
Arch. Ard. L127.