Chabal. À ses concitoyens p. 1 et
Rovère et Poultier. Convoqué à Nîmes, au début de septembre, le président des sections d'Annonay plaide habilement sa cause et, par un exposé tendancieux des évènements des mois de juin et juillet, réussit à rassurer les représentants sur ses sentiments patriotiques, tout en laissant planer de graves soupçons sur le civisme révolutionnaire de ses accusateurs. Je 7 septembre, il était renvoyé à ses fonctions et l'arrêté, au grand déplaisir de l'administration du département, était aussitôt enregistré au tribunal du Mézenc !.
Bruyère, de son côté, inflige de pénibles surprises d'amourpropre à ses adversaires. Boisrayon, qui a été désigné pour le remplacer dans la charge de procureur syndic, refuse de supplanter un collègue qui n’a pas démérité ? et Bouzon, en mission dans le Mézenc, ne trouve pas facilement de titulaire bénévole. Fort de la confiance des administrateurs du district * et des attestations élogieuses des clubs de Tournon et d’Annonay, Bruyère dénonce, lux aussi, aux délégués de la Convention les mesquineries et les basses vengeances du directoire et, le 5 septembre, Rovère et Poultier lèvent sa suspension et lui donnent l’ordre de rejoindre immédiatement son posle À.
Ce double camouêet, qui le déconsidère aux yeux de l'opinion, est très sensible au directoire. Il intervient aussitôt auprès des représentants et les supplie de revenir sur leur décision; mais, il à beau se prévaloir du témoignage des sociétés populaires les plus intransigeantes, il ne parvient pas à les circonvenir 5. Dans son dépit, il pique leur susceptibilité et s’aliène leur sympathie, en prétendant les rappeler au respect de la loi. Furieux d'être éconduit, il les dénonce au Comité de Salut public et essaie, vainement d'ailleurs, d'opposer Albitte à Rovère et à Poultier. Il s'adresse encore au ministre de l'intérieur, à Couthon, à Maignet, à Châteauneuf- Randon et, le 19 septembre, à l'annonce de la mission de Boisset
1. Réponse de Pourret p. 19 et 20. Procès-verbal du directoire du 8 octobre. Arch. Ard. L. 128.
2. Lettre de Boisrayon à Bouzon de Quintenas, le 22 juillet 1793, citée dans. le procès-verbal du conseil général du 23 juillet. Arch. Ard. L 110. Bouzon est chargé de désigner quelqu'un de capable.
3. Pétition du Mézenc en faveur de Bruyère, no 1705. Arch. Ard. 742.
4. lettre de Bruyère du 11 septembre, avec copie de l'arrêté de Rovère et Poultier. Cf) procès-verbal du directoire du 16 septembre. Arch. Ard. L 128.