‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 326 sur 396 · Arch. Ard. L 830. 17 floréal · texte numérisé non relu

Arch. Ard. L 830. 17 floréal

6. Le 25 brumaire, le représentant Delbrel envoie de Montpellier au procureur syndic du Tanargue l’ordre de saisir tous les sabres et pistolets. Fonds Mazon F 12. Cf) encore Arch. Ard. L 236. Lettre du directoire au ministre de la guerre, du 11 octobre, pour le supplier de faire délivrer au 4m° bataillon des vêtements pour l'hiver.

7. Arrêtés du département du 8 germinal, L 129, du 3 messidor, L131. Cf) aussi L111, rapport des opérations du directoire pour 1793.

vaise volonté du cultivateur est tenace ; devant le prix dérisoire qu'on lui-offre, il use de tous les subterfuges pour garder son bétail, son outillage et surtout le produit desa récolte. Au début doctobre, Delbrel demande des chevaux pour la cavalerie. Le département prescrit leur envoi au chef-lieu de district avec leur barnachement. Il ne dispense de la réquisition que les chevaux constamment occupés au labourage et les juments poulinières.t Les paysans se prévalent de l'exception pour n’expédier que des harjidelles inutilisables. Delbrel en rend responsable le directoire et l’obligeà modifier son arrêté du 6 octobre. Chaque arrondissement de juge: de paix sera tenu de livrer huit chevaux. S'il ne les trouve pas dans les communes de son ressort, il devra les acheter au dehors. Ils ne lui seront payés au taux fixé par les délégués qu'après réception, mais on refusera toute bête qui n'aurait pas la taille requise. Si on vient à découvrir dans les cantons qui n'auront pas complété leur contingent dans les huit jours des animaux en meilleur état que ceux qui auront été envoyés, ils seront confisqués sans indemnité au profit de la république. Si les propriétaires peuvent prouver qu'ils les ont offerts à la municipalité, la perte sera supportée par les officiers municipaux et la moitié de la valeur sera acquise au dénonciateur. ?

Le 27 frimaire, les représentants de Commune affranchie réclamaient 225 bœufs et 75 vaches. Le directoire, tout en déclarant que le pays est incapable de les fournir, en fait cependant la répartition entre les districts. Le 2 floréal, Châteauneuf-Randon exige des. charrettes® pour les transports. Mais, ce sont surtout les demandes de foin, de paille et d'avoine qui se multiplient. Le 25 germinal, l'Ardèche est taxée à 6.000 quintaux de foin, 10.000 de paille et 76.009 boisseaux d'avoine. Le 12 thermidor, elle doit livrer 50.000: quintaux de foin, 25.000 de paille et 20.000 d'avoine ; en fructidor. 19.000 de foin, 3.765 de paille et 6.200 d'avoine.

Inutile d'ajouter que, malgré les invitations du département et.

1). Arrêté du département du 6 octobre 1793. L128. Cf) lettres de Gleizal à Colin, juge de paix de Tournon, sur la levée des chevaux du 17° jour du premier mois et réponse de Colin, le 15 octobre. Fonds Mazon. chr. 18.

2. Avertissement de Delbrel de Montpellier s. d. aux municipalités chefslieux d'arrondissement de juge de paix, inséré dans le procès-verbal du directoire du 15 bramaire, Fonds Mazon F 12. Ces chevaux seront payés à la fin ventôse de- 2)0 à 500 1. Procès verbal du département du 22 ventôse, L 129.

3. Arch. Ard. L 129 et 130. Procès-verbaux des 11 pluviôse et 12 floréal.

4.]bidem L 130 et 131. 11 floréal et 25 thermidor. Arrêtés de la commission. du commerce et de l’approvisionnement. L 195,

des districts « à déférer aux réquisitions sans calculer les besoins à venir » ! et le zèle plus extérieur que réel des sociétés populaires, -ces livraisons restent en grande partie en souffrance. Il en est de même pour les pommes de terre, les châtaignes et surtout le blé. Le 14 novembre 1793, le Mézenc somme les communes de Champis et de St-Romain-de-Crussol de voiturer aussitôt l'une 100 sacs de

lé, l'autre 50 au magasin militaire de Tournon. Le 21 novembre, c'est au tour de Lalouvese, St-Pierre-les-Macchabées, St-Symphorien, Guillerand, Etables, St-Victor.….. Le 6 nivôse, le district re- ‘quiert d'urgence les communes voisines de lui expédier 600 quintaux de blé, mais, malgré l'envoi de la force armée à St-Jean-Roure, à St-Agrève, à Rochepaule, l'apport est insignifiant. ? Le 15 décembre, les bourgs et hameaux voisins de Tournon regorgent de troupes etil n'ya de vivres que pour huit jours.Le 14 nivôse,le préposé aux subsistances militaires, Bienvenu, se plaint que les réquisitions ne donnent rien et que le dénuement est absolu. Le 12 pluviôse, le magasin est vide et le district doit subvenir à l'entretien de plusieurs milliers de recrues. Devant l'inpossibilité matérielle de leur procurer du pain, il demande le retour temporaire, mais imméditt, dans leurs foyers, des citoyens de première levée. ?

Les résultats de l'été 1794 ne sont pas plus satisfaisants. Le 5 frimaire an III, Delbrel écrit, de Narbonne, à Bienvenu queses arrêtés relatifs aux subsistances sont «inexéculés d'une manière indécente et dans laquelle on serait tenté de soupçonner une affecte lion criminelle, » t

Les subsistances militaires ne sont pas les seules à causer des alarmes, le ravitaillement de la population civile est un problème plus inquiétant encore pour les autorités locales et, jusqu'à Ja fin de la Convention, le département va se débattre au milieu de difficultés

anextricables.

1. Arch. Ard. L 835. Arrêté du district du Mézenc de prairial.

2. Plaintes des représentants. Procès-verbaux du département de brumaire et frimaire. Arch. Ard. L 128. Procès-verbaux du Mézenc des 14 et 21 novembre, ‘30 friruaire, 6 nivôse et 12 pluviôse, L 743.

3, Arch. Ard. L 743. Nombreuses lettres de Bienvenu et délibérations du district sur les subsistances militaires. Procès-verbal du conseil général d’ administration, 14, 17 et 18 frimaire. L 111. :

1. Arch. Ard. L 133. Procès-verbal du 21 frimaire, an IIL, citant la lettre de iDelbrel.

Le 4 août 1793, le directoire, devant la négligence des municipalités à satisfaire à la loi du maximum, prescrit de nouveau le recensement immédiat des grains et farines. Chaque semaine, les communes enverront au district un compte-rendu détaillé et précis de leurs opérations. Pour assurer le contrôle des déclarations, il désigne trois commissaires par canton, chargés de faire des visites domiciliaires, Désormais, les propriétaires seront rigoureusement astreints à obéir aux réquisitions. Ils ne pourrontvendre leurs blés et farines que sur les marchés publics et ils ne devront en délivrer qu'aux boulangers et aux particuliers munis de certificats de leur municipalité. !

Mais, si impératif que soit l'arrêté du 4 août, il n'est pas mieux exécuté que les nrécédents. Le 8 octobre, le directoire n'a encore reçu de réponse que de 96 municipalités sur 340. Pas une seule n’avoue d’excédent, toutes déclarent un déficit que l'administration évalue pour l'ensemble du département « à 469.000 setiers. » La situation est d'autant plus grave que tous les greniers du dehoïs sont désormais fermés. Depuis la révolte du Lyonnais, pas un seul sac de blé n’est descendu de la Bourgogne et de la Franche-Comté, qui étaient les fournisseurs habituels du Vivarais, La Drôme et la Haute Loire, d'où il tirait encore quelques denrées viennent, à leur tour, de proscrire toute exportation. ?

Le pays, qui n’a jamais produit du blé pour plus de six mois, est donc réduit à ses seules ressources. Sans doute, la récolte de 1793 a été bonne *, mais la difficulté est de décider le paysan à se dessaisir de ses grains. Depuis de longs mois déjà, il se défiait des assignats et ne s'était jamais résigné qu'à contre-cœur à céder son blé pour du papier. A présent, il se refuse # absolument à faire la moindre livraison au prix du maximum.

Au début, cependant, l'application de la loi du 4 mai provoque dans les localités qui avaient des réserves une diminution sensible du prix du pain. À Joyeuse, la municipalité, le 19 octobre 1793, abaisse le tarif du pain blanc à 4 sols la livre, au lieu de 9, et du

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