‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 345 sur 396 · Filhol. Histoire d'Annonay T. III p · texte numérisé non relu

Filhol. Histoire d'Annonay T. III p

4. Le décret du 30 Yendémiaife an II, art. XVIII, accordait une gratification de 100 livres à celui qui dénoncçait un prêtre. Réimpr. du Moniteur T. 18. p. 185.

5 AEithol ST IT p 232;

6. Pourchesse et Roche, ex-Jésuites d'Annonay, Perrotin, Chomel, Malleval, Battendier, Hubert, Rouchouze, Rosier, Dallemand, Montblanc, Abrial. Cf} L634, L550 et L1169. ;

7. Arch. Ard. L195. Comptes décadaires de prairial, messidor et thermidor. Cf) aussi réponses des municipalités de Mayres, Pradons, Lagorce, Casteljau, etc... Arch. Ard. 1970.

8. Plaintes de l’accusateur publie à Châteauneuf-Randon et arrêté de ce dernier, de Mende, le 19 ventôse. Fonds Mazon chr. 20.

une procédure plus expéditive et plus révolutionnaire que le jury, qui, « dans l'Ardèche... a absous de grands coupables. » !

Grâce à la destitution des administrateurs jacobins et au mandat d'arrêt décerné contre l’accusateur public, Marcou, le tribunal criminel de Privas est presque complètement inactif durant la période la plus critique de prairial et du début de messidor. Après la suspension de l'arrêté de Guyardin et la réintégration de Marcou ?, jurés et juges font preuve d'une sévérité toute révolutionnaire. En messidor, les verdicts de déportation contre les réfractaires deviennent nombreux ?. Et, si quelques-uns, comme les frères Coing, parviennent à se soustraire à leur sort par la fuite, ! plusieurs mourront durant le voyage * ou languiront de longs inois dans les prisons. À la même date, le tribunal envoie à la guillotine 5 prêtres non-conformistes et 3 religieuses de Vernosc, qui avaient donné asile à l'un deux. 2

- On essaya vainement de gagner du temps et de sauver ces malheureux. La haine de Marcou déjoua tous les plans. Il pressa l'arrivée de la guillotine et, le 18 thermidor, ? bien qu'on connût, depuis deux jours, la chute de Robespierre, l'instrument sinistre accomplissait son œuvre de mort sur la place de Privas. Le père Rouville, les abbés Bac et Gardès, Dulau-Dallemand et Montblanc, les. religieuses Madeleine Dumoulin, Jeanne Vincent et Marianne Senovert couronnaient par le martyre une vie de dévouement et de sacrifices À.

1. Lettre de Châteauneuf-Randon, le 26 frimaire. Arch. nat. AF11 171,

2. Arrêté du Comité de Salut public du 2 messidor, cité dans le procès-verbal du département du 16 messidor. Arch. Ard. L131.

3. Parmi les déportés du département, on peut citer, en 1793, Maisonneuve, curé de Joyeuse, et Limouzin, de Charmes, et, en 1794, Jossouin, Desolmes, Meilher, Lafond et les deux frères Coing.

4. Les deux frères Coing, condamnés, le 27 messidor, à la déportation, s’évadent de Bourg-St-Andéol, au début de fructidor. Arch. Ard. L1085.

5. Meillier, aumônier des Ursulines de Boulieu, et Laborie, ancien curé de Boulieu, meurent à Bordeaux, (Filhol. T.III p. 200) ainsi que Desolmes. (Annuaire de l’Ardèche de 1857.)

6. Registre du greffe du tribunal de Privas, jugements des 7, 10, 22 et 27 messidor. Cf) aussi Arch. nat. D III 13 et 14. Extraits des jugements du tribupal criminel de l'Ardèche.

7. Au sujet de cette date du 18 thermidor, cf) l’article paru dans l'Ardèche républicaine du 1° novembre 1891 par Nectoux.

8. Sur cette exécution, cf) Le père Rouville par Rousset. Brochure in-12. Privas 1888. Pièces justificatives et appendice. Cf) aussi Filhol T. TI. p.221-—

Plus nombreux encore furent les prêtres du Vivarais ! exécutés dans les autres départements : à Nimes, à Valence, à Mende, au Puy, à Montpellier, à Lyon, à Paris. Si, parmi eux, Claude Allier ? fut condamné, surtout, comme instigateur des complots de Saillans et de Charrier, tous les autres le furent pour fanatisme, refus de serment et continuation de leurs fonclions sacerdotales.

Le clergé constitutionnel du département ne connaîtra pas, au même degré, les rigueurs de la législation et la persécution ne fera pas de martyrs dans ses rangs. Depuis l'été 1793, touteïois, son crédit est bien diminué. La sécularisation de l’état civil, la suppression du costume ecclésiastique et l'exclusion du clergé des sociétés populaires et des comités de surveillance ont ‘achevé de ruiner son prestige. La défiance et la suspicion rôdent autour de lui, et, dans le courant de l'an II, une vingtaine de ses membres seront dénoncés et incarcérés.

Dès le mois de novembre 1793, les patriotes font pression‘sur ces caractères faibles pour les amener à renoncer à leur ministère. Les administrateurs, appuyés par Gleizal *, intriguent auprès de l'évêque du département pour le décider à donner à ses prêtres un bel exemple de patriotisme.

L'abdication de Gobel et la déprêtrisation de l'abbé de Pampelonne, en piquant la vanité de Savine, triomphent de ses hésitations. Le 11 frimaire, il vient en grande pompe, devant le conseil général d'administration du. département, faire abandon de ses fonctions d'évêque et de prêtre ; il renonce, «pour le présent et pour l'avenir, à tout traitement, salaire et pension... ; il se dépouille avec bonheur de ses insignes d'autrefois... mitres, crosses et-autres ornements, prix de l'ambition et de l'intrigue, parure de l'orgueil sans pouvoir, instruments de l'hypocrisie... » ?

Ce discours ne vaut à l'évêque parjure que la pitié méprisante de ses anciens amis et le dégoût des honnêtes gens. Tout le monde se détourne de lui. Quelques semaines plus tard, sans ressources,

1. CF) Claude Allier, Abeillon, du Grail, Michel, Montagne, Vernet, Chaussy, etc, 2. La Révolution en Lozère par Delon. Mende 1922 p. 436-446. 3. CF) le discours de l’évêque où il déclare céder à l'invitation qui lui a été faite par le citoyen Gleizal, député à la Convention. Arch. Ard. Li11. 4. Arch. Ard, L 111. 4% session du conseil général d'administration. Le pro-

cès-verbal du 3 frimaire cite sa lettre d'abdication, datée de Paris, du 20 brumaire.

Page 1