Arch. nat. AF n 195. Lettre Guyardin du 26 prairial
nir, elle se mettent à crier au loup! au loup ! La population est alertée, elle reconnait la nature du danger et le curé est sauvé. { Souvent, d’ailleurs, la garde nationale marche à contre-cœur et les cas ne sont pas rares où le chef du détachement révolutionnaire favorise, lui-même, l'évasion du réfractaire qu'il est chargé d'arrêter. Si les traditions écrites et orales recueillies par Mollier ? à Villeneuvede-Berg et par Filhol * dans la région d'Annonay sont difficiles à vérilier, elles sont trop nombreuses et Lrop précises pour n'être que le fruit de l'imagination populaire.
Toutefois, même dans les campagnes, l'appàt des 30 deniers de Judas ! ne pouvait manquer de solliciter la cupidité des dénonciateurs. La retraite de Dulau-Dallemand, curé de St-Julien-Vocance, fut trahie par un paysan qui lui avait porté son enfant à baptiser *.
Dans la région du Mézenc, une douzaine de réfractaires furent arrêtés et conduits à Viviers © ou à Bourg-St-Andéol. La plupart, grâce à la complicité des fonctionnaires, réussissent à éviter le sort rigoureux auquel ils semblaient voués. Les administrateurs s’efforcent de trouver des circonstances atténuantes à des délits que les décrets punissaient de mort. Ils accueillent volontiers tous les témoignages affirmant que la loi n’a pas été publiée, que les inculpés ne sont pas dans le cas de déportation ou qu'ils se sont présentés dans les délais prescrits . Le tribunal criminel, lui-même, n'est pas inexorable ; il fait preuve d'une indulgence méritoire, en ne prononçant guère que des condamnations à la prison ou à la détention, peines qui, à ce moment là, pouvaient passer pour des certificats. d'absolution et des brevets de salut. Plus d'une fois, ce modérantisme suscite les plaintes et les protestations de patriotes intransigeants $. Châteauneuf-Randon sollicite du Comité de Salut public