‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 349 sur 396 · Filhol T. Hp · texte numérisé non relu

Filhol T. Hp

2. Arch. Ard. L 589. Lettre du départément du 14 germinal à l'agent national du Coiron.

3. Le décret du Αr juillet 1793 avait décidé que les paroisses privées de curés seraient desservies par les vicaires épiscopaux. Le département s'en occupe en août et septembre. Cf) procès-verbaux des 2 et5 août. L125. A partir de la fin septembre, il n’en est plus question.

4. Châteauneuf-Randon, le 22 frimaire, donne même l'ordre de démolir les clochers ou au moins leurs flèches. Arch. nat. A Dxx C 75. A Joyeuse, il fut question de faire un simple toit à la place de la flèche. Fonds Mazon F 12. Cf) encore Filhol T. III p. 118. Sévère correction, infligée par les femmes, à un citoyen de St-Clair qui voulait abattre le clocher.

5. Rapport de Chabal. Arch. Ard: L 111. Séance du conseil général du département du 11frimaire. Cf) aussi Fonds Mazon chr. 19.

h04 LA RÉVOLUTION DANS L'ARDÈCHE 1788-1795

d'être les victimes !. Lespinasse avoue,dans une lettre du 21 nivôse ?, que, dans beaucoup de localités, les paysans montent la garde, jour et nuit, devant les croix de carrefours, prêts à faire un mauvais parti au téméraire qui s'aviserait d'y porter une main sacrilège. À Lalouvese, des catholiques dévoués, prévoyant les ordres du district, prennent les devants, enlèvent, durant la nuit, la châsse qui renferme les reliques de St-François Régis et, à l'insu du maire, les cachent dans sa propre maison *.

Malgré les efforts des fidèles et des prêtres pour soustraire les objets les plus précieux, ciboires, calices, ostensoirs, à la cupidité des patriotes, le pillage des églises se poursuit méthodiquement, sous l'impulsion des agents nationaux et des sociétés populaires. Si, le 29 frimaire, il n'est encore réalisé dans le Mézenc qu'à Annouay, Boulieu et Tournoni, le dépouillement s'accentue, en nivôse et pluviôse,a vec l'appui du détachement révolutionnaire qui escorte duns leur mission les délégués Guyon et Delau 5. En ventôse et germinal, c'est par charretées qu'on voiture à Tournon, Aubenas et

Joyeuse le fer des croix, le bronze des cloches, le plomb des cer-

cueils et surtout les vases sacrés en vermeil, or et argent, sans que les catholiques, terrorisés par les menaces des Jacobins, osent opposer à ces déprédations la moindre résistance.

Ce n'était qu'une étape pour arriver à la fermeture des églises. Malgré les pétitions des paysans pour le maintien du culte, « tout signe extérieur Ôté » , les districts et les représentants en mission poussent les communesetles sociétés populaires à prendre l'initiative de la suppression de toute cérémonie religieuse.Boisset, Chàteauneuf-Randon et Guyardin cèdent libéralement aux clubset aux comités de surveillance l'usage des églises pour tenir leurs séances.

1. Arch. Ard. L 864. Procès-verbal du Tanargue, 4 messidor. Dévastatiom des propriétés de Meynier.

2. Arch. Ard. L 211. Lettre de Lespinasse à Châteauneuf-Randon.

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