Delichères p
ädmisen paradis s'ils entendent la messe d'un assermenté, s'ils ne brûlent tout ce qu'ils ont acheté des dépouilles des églises et. s'ils ne paient la rente qui était due au ci-devant seigneur. Voilà, cher conciloyen, quel est l'esprit de cette contrée et cet esprit est toléré et approuvé par les patriotes de nouvelle date. »!
À son arrivée dans le pays, Goupilleau, qui partage les rancunes des Jacobins, s'efforce de réagir contre cetie tolérance illégale. 11 déplore la faiblesse qu'on a eue de mettre en liberté cette « peste publique ». I fait un crime aux réfractaires d’inquiéter la conscience des acquéreurs de biens nationaux et de dénoncer comme un concubinage le mariage des prêtres. Il leur reproche d'encourager la désertion et de favoriser les troubles par leurs prédications incendiaires et les craintes qu'ils inspirent au confessionnal. ?
Le décret du 12 floréal, * qui renouvelle contre les prêtres déportés et rentrés les sévérités passées, lui fournit une arme redoutable. Il en prescrit l'exécution rigoureuse. A Privas et à Aubenas, il impose à l'autorité des perquisitions minutieuses. Il donne l'ordre à l’accusateur public ,de faire arrêter tous les réfractaires et de les traduire devant le tribunal criminel. # Pendant quelques jours, une atmosphère de persécution pèse sur le pays. Toute la force armée est sur pied, la gendarmerie bat les chemins, fouille les bois et visite les maisons suspectes, Les exaltés applaudissent à ces mesures énergiques, mais les fidèles, qui veillent sur leurs pasteurs, les préviennent à temps du mouvement des troupes et leur ménagent toujours un asile inviolable. Le seul résultat de cet accès terroriste est d’exaspérer la population qui menace de se venger sur les patriotes. À Aubenas, les femmes furieuses parcourent en bandes la ville, insultent les prétendus Jacobins et parlent de massacrer les dénonciateurs.
La surexcitation et la colère prennent de telles proportions que les administrations locales et les sociétés populaires s'empressent de protester contre ces nouvelles vexations. La pétition d'Aubenas