MINOR LT NEUTRE
canisme auprès des électeurs du Tanargue. Quant à Thoalouze, qui s'était lancé si ardemment dans les luttes politiques en 1792 et 1793, il avait accumulé trop de rancunes ettrop de haines pour qu'on songeât à le conserver au Corps législatif. On ne le considère même plus comme député de l'Ardèche depuis la réintégration de Gamon!. Aucun des trois ne fut même inscrit sur la liste supplétive du département?.
Pour le tiers libre, les choix sont encore plus caractéristiques. On désigne deux suspects qui, sous la Terreur, ont été portés sur la liste des émigrés : Henri Rouchon, de Largentière #, et Madier de Montjau, de Bourg-St-Andéol. {Ni l’un ni l’autre, d’ailleurs, ne font ouvertement profession de foi royaliste. Ce sont des ralliés de fraîche date et dont les convictions ne sont pas encore bien arrêtées.
Madier deMontjau ne fut élu qu'au second tour par une petite majorité, en compétition avec Dubois, procureur général syndic du département, qui, pendant longtemps, avait été le chefle plus ardent de la réaction thermidorienne dans le pays. Dubois a l'appui des modérés et rallie même à sa candidature quelques patrictes avancés qu'ila énergiquement combattus jadis, mais les royalistes et les contre-révolutionnaires lui font grief d’avoir parlé et agi en patriote et les catholiques ne sauraient oublier ses manifestationsirréligieuses. Il sera même exclu de l'administration départementale, ainsi d’ailleurs que Bollioud qui a contre lui d’être protestant et d'avoir, lors des prestations de serment, publié quelques libelles contre les réfractaires. 5
Tous les autres élus : juge au tribunal de cassation, haut juré, administrateurs du département, membres du tribunal civil et du tribunal criminel sont, eux aussi, des anciens fédéralistes, des modérés ou des nobles. Seul, Duval, très populaire dans les Boutières,