Arch. dép. Ard. C
LE VIVARAIS À LA VEILLE DE LA RÉVOLUTION o
de doléances, plus d'un tiers du pays en 1789 serait complètement inculte et le reste ne produirait pas plus de 4 à 5 fois la semence t.
Un mémoire anonyme écrit en 1780 nous donne des détails intéressants sur la nature, la variété et l'insuffisance des diverses cultures. Il évalue le rendement total du bas-Vivarais € à 350.000 sétiers de grains divers » dont « 50.000 sétiers de froment, 30.000 d'orge, 120.000 de seigle, 10.000 de méteil, 40.000 d'avoine et 30.000 de blé sarrazin, blé d'Espagne ou maïs ». La production du haut-Vivarais s'élève à € 200.000 sétiers » mais, «la consommation estimée à 4 sétiers par tête » revient «à 550.000 sétiers de grains » pour le bas-Vivarais et € à plus de 300.000 pour le haut-Vivarais » 2.
D'autres documents plus pessimistes affirment que le pays ne produit pas de blé pour plus de six mois *, quelques-uns même disent trois mois f.
Pour combler ce déficit, le bas-Vivarais fait appel au Gévaudan, à l'Auvergne et au bas-Languedoc, tandis que le Nord se ravituille de préférence dans le Velay et la Bourgogne, mais il n’y a guère que les habitants des bords du Rhône qui aient les moyens d'acheter du blé ; le paysan « mange assez peu de pain » et « pendant un gros tiers de l'année », il remplace les grains qu'il n’a pas de son eru »° par les raves, les pommes de terre et les châtaignes. La pomme de terre déjà connue dan3 le Vivarais à la fin du XVI: siècle 5 et qui s'adapte bien à des terrains maigres et froids, est signalée à tout instant ? à l'approche de la Révolution comme une « denrée de première nécessité »°. Le châtaignier pousse un peu partout, sur tous