Arch. Ardèche C 687 et Hérault C
LE VIVARAIS A LA VEILLE DE LA RÉVOLUTION ml
Viviers avait la spécialité des draps de Hollande et travaillait presque exclusivement pour l’armée !. <
Annonay occupait une douzaine de foulons, 4 fabriques de teinture, { moulins à friser et 5 ou 6 maitres tondeurs, mais on reprochait à sa teinture de n'avoir ni la délicatesse et la fixité, ni la finesse et la solidité des couleurs de Suisse et d'Allemagne ?.
La plus célèbre sans conteste et la mieux outillée des manufactures de draps était celle d'Aubenas fondée au début du XVIII siècle par le pays de Vivarais et vendue pour 38.500 livres au sieur Goudard en 1735 » ?, Jusque vers 1780, elle n'employait guère que les belles laines d'Espagne et la plus grande partie de sa production était résérvée aux Echelles du Levant f. Mais, à la suite de transformations diverses,à la veille de la Révolution, en même temps que des draps fins, «les Londrins seconds », elle fabriquait aussi les qualités communes : les ratines, les serges, les cadis à l'usage de sa clientèle moins aisée *.
Au tissage de la laine, Annonay et Aubenas avaient depuis longtemps adjoint « l'ouvraison » du coton. Une confection importante de bas et bonnets dont la vente était fort rémunératrice prospérait à Annonay sans pouvoir cependant rivaliser avec € la manufacture royale des toiles, indiennes et mouchoirs de coton peint » d'Aubenas. On comptait dans cette ville et dans les environs plus
1. Mémoire de 1780, f 31. En 1768, le sieur Auresche recoit une gratification de 4.000 1. de la province et de 3.000 des Etats particuliers du Vivarais.
cf) aussi arch. Ardèche C 144. ,
2. Annonay se plaint amèrement de n'avoir jamais reçu la moindre gratification. cf) Mémoire de 1780 f° 31.
cf) aussi inspection des manufactures. Etat des bureaux de visite du haut et du bas-Vivarais par Leblanc inspecteur général 1778. Arch. Hérault C 2561.
3. Arch. Ardèche C 958. Le pays de Vivarais y avait dépensé plusieurs centaines de miile livres.
cf) Lachadenède. Compte-rendu des impositions et dépenses des Etats particuliers de Vivarais, Bourg-St-Andéol 1790 iu-4, arch, nat. B a 85.
4. En 1780, elle consommait « 600 quintaux de laine d'Espagne » et produisait « 100 balles ou 200 balles de 10 demi pièces » à destination des Echelles du Levant. Elle jouissait de la gratification annuelle de 2.400 T1. que le Languedoc accorde aux manufactures royales.
cf) Mémoire 1780 fo 31. cf) aussi règlement concernant la vente des draps fabriqués en Languedoc à la destination du Levant. 17#4 arch. Ard. C 261. En 1776, les Etats-Généraux de Languedoc accordent au directeur de la manufacture royale des draps d'Aubenas 4.000 1. pour l'indemniser d’une partie des pertes que lui causa l'incendie du 3 mars 1775, Arch. Ardèche C 322.
5. Annuaire de l'an Xp. 52. cf) aussi arch. nat. F 12 1345 A, la réponse des districts en Nivôse an 3 à la circulaire du 21 Frimaire relative à la fabrication des étoffes de laine.
de 160 métiers. Un atelier spécialement destiné & à dessiner, graver, imprimer et blanchir les indiennes » voisinait avec une fabri-
que de teinture pour peindre le coton en pourpre « façon d'Andri-
nople, secret inconnu à tout autre » !.
Le travail de la soie se présente en Vivarais sous la double forme de la filature et du moulinage.
En 1789, la filature, qui avait bénéficié du développement intense de l'élevage des vers-à-soie, était beaucoup plus active et surtout beaucoup plus disséminée que de nos jours. Les moindres villages avaient leurs petits ateliers. Le souvenir en subsiste encore dansles nombreuses appellations de filatures, filages, que l’on trouve fréquemment au pays du mûrier. De riches particuliers ou des gens d’affaires achetaient les cocons et les faisaient filer sur place ?. Malheureusement les procédés trop primitifs, l'outillage trop rudimentaire et surtout l’inexpérience d’un personnel sans formation technique entrainaient beaucoup de malfaçons, de déchets et de gaspillage de la matière première. Ceite filature inférieure portait le nom de trame, tramette ou poil d'Alais. En 1780, elle absorbait 7800 quintaux de cocons et rendait 400 quintaux de soie d’une valeur de près d'un million. Un iravail plus soigné, fait dans de meilleures conditions,donnait 300 quintaux de trame superfine estimée à plus de 810.000 livres *.
Le moulinage de la soie était moins actif et plus groupé que le filage. En 1785, on ne comptait pas moins de 94 mouliniers faisant tourner 410 moulins dont 61 à Privas et 65 dans les paroisses voisines et 50 à Aubenas “. Cette dernière ville possédait une manufacture royale utilisant les moulins Vaucanson « qui, par la douceur, l’uniformité de leur marche, donnent le tord le plus uni, le dévidage le plus simple el.en tout genre la perfection la plus complète » *. Le gouvernement de Eanguedoc avait concouru à son installation par de puissants secours f. Ces subsides n'avaient d'ailleurs