Mémoire de 1780 f
2. Ibidem, fo 24. Cf) aussi manuscrit de Tournon cité par Delarbre p. 250. Les paysans « ne boivent jamais de vin excepté les jours de fête et dans les vogues où ils se dédommagent. »
3. Arch. Ardèche L 882. Dans les comptes-rendus décadaires du Tanargue de Thermidor an If à Brumaire an III, il est très souvent question de la levée des chanvres.
4. A La fin du XVIII siècle, on se plaint souvent que le mûrier comme la vigne empiète sur les terres à grains. Cf) arch. Hérault. C. 2250, 2251 et 2271 cf aussi Reynier. La soie en Vivarais. Largentière 1921.
5 Cf) mémoire de 1780, fo 24 et annuaire de l'Ardèche pour 1830.
un excellent bois de construction. La Révolution exploitera les sapins de la Louvesc pour la reconstitution de la flotte. !
Et cependant le Vivarais se plaint déja de la disette du bois. Tous les documents ? déplorent la mauvaise exploitation, le déboisement et le pillage qui sévit surtout dans les biens communaux.
Les excellents pâturages des hauts plateaux et de la montagne, les prairies du Haut-Vivarais et des vallées du Rhône et de l'Ardèche nourrissent un troupeau de près de 100.000 têtes de bovins. La vente des bœufs, veaux et génisses est pour le paysan de la montagne sa principale source de revenus et les produits de la ferme en beurre et fromages constituent la base de son alimenta-tion *.
Chaque famille élève encore un ou plusieurs porcs qui forment sa réserve de viande pour l’année. Si les chevaux ne se rencontrent guère que dans les basses vallées, le mulet plus robuste et au pied plus sûr est la bête de somme par excellence d'un pays aussi difficile d'accès. Les chèvres qui détruisent les taillis et contre lesquelles lutte, sans résultat d’ailleurs, l'administration durant tout le. XVIII siècle, dépassent 60.000 têtes !. Mais c'est le mouton qui l'emporte à cause de la laine plus encore que de la viande.
Malgré leur variété et leur valeur, si la population eût été réduite à ces seules ressources agricoles, elle eût pu difficilement pourvoir à tous ses besoins. Consommant presque tout sur place, le paysan manque souvent d'argent liquide pour se procurer les denrées insuffisantes et surtout les objets manufacturés qui lui sont
1. Cf) procès-verbal du directoire de l'Ardèche du 30 Floréal an 3. Arch. Ardèche L 135. ;
2. Cf) procès-verbal des Etats particuliers de Vivarais de 1783 à 1785. Arch. Ardèche C9 et C11. 5
Lettre de l’intendant au ministre le 4 septembre 1786. « J’ai vu dans le Vivarais la plus grande partie des bois détruite par cette permission de défricher. » Arch Hérault C. 2841. Cf) encore Arch. Ardèche C. 319, 322, 355, 366 et arch. Hérault C, 2841. Cf) enfin annuaire pour l'an 11 p. 56. « La rareté et la cherté du bois de chauffage n’en sont pas moins effrayantes. »
3. Arch. Hérault C 2846. Le 8 octobre 1786, le subdélégué de Tournon se plaint que les propriétaires vendent des veaux en trop grande quantité.
4. Arch. Ardèche C 362. Toutes les paroisses en demandent la conservation.
cf) aussi C 10 procès-verbal de délibérations des Etats particuliers de Vivarais, 1784. Rapport de M. de Pigneu, bailli d'Annonay sur l'expulsion des chévres. Cf) C 982, ordonnances diverses de l’intendant sur la suppression des chèvres ; prohibition absolué dans 218 communautés, tolérance sous certaines conditions dans 33 et tolérance sans condition dans 47. cf) encore arch. Hérault C 2843. Etat des localités où il est permis de tenir des chèvres.
indispensables, Et c’est sous la pression de la nécessité, pour restreindre le plus possible ses achats, que le cultivateur a songé lorsque chôme le travail des champs à préparer lui-même les peaux de son bétail, la laine de ses brebis, le chanvre de sa propriété. Cest ce qui explique le développement immémorial de l'industrie de la toile, des draps, du cuir et plus tard de la soie et du papier {.
Le travail du chanvre est la plus générale et la plus dispersée de ces petites industries. Il n’est presque pas de maison où la femme n'occupe ses loisirs à filer la quenouille ou à tourner le rouet. Dans chaque village, on est sûr de trouver quelque paysan qui l'hiver se transforme en tisserand pour confectionner ces solides toiles qui assurent l'entretien du linge familial et dont le surplus alimente les marchés voisins 2. :
L'industrie de la laine est aussi disséminée, mais beaucoup plus importante que celle du chanvre. En 1786, dans la seule subdélégation de Tournon, elle intéresse 48 paroisses et donne annuellement 6.000 pièces d’étoffes *. Les laines du pays, malgré les nombreux troupeaux des plateaux et de la montagne,ne fournissent même plus une matière première suffisante et le Vivarais importe de grosses quantités de laine de l'Uzérois, du Languedoc et même d'Espague. Le. haut Vivarais fournit les draps de Tournon et de Chalencon qui prennent le nom de «ratines » dans la région de Privas et de © cadis » dans le voisinage d’Aubenas et de Villeneuve-de- Berg. Cette fabrication, en dehors de ce qui est réservé à la consommation locale, laisse au commerce environ 400 pièces par an, d'une valeur de « 150 à 200 livres la pièce » #.
A côté de cette industrie rurale très dispersée et en quelque sorte saisonnière et qui faute d'outillage ne pouvait donner que des produits assez grossiers, il y avait quelques centres mieux organisés. pourvus d'une main-d'œuvre plus experte qui livraient des étoffes plus fines et plus estimées ?.
1. cf) Notes et rapports sur l’état des fabriques de Nîmes, du Vivarais, du Velay... de 1754 à 1786. Arch. Hérault C 2383.
2. cf) Les comptes décadaires de l'agent national du Tanargues en l’an Il et
l'an IIT. Arch. Ardèche L 882.
Cette industrie aujourd’hui disparue était encore lee il y a 50 ans.
3. Mémoire de Farconnet subdélégué sur la fabrique et le commerce des ratines en 1786 et 1757. Arch. Hérault C 2618.
4. La guerre d'Amérique avait eu pour effet vers 1780 de rendre ce travail plus rémunérateur. Mémoire de 1.780 f° 30. cf) aussi arth. Poe C 2467. Etat des paroisses du Vivarais où l’on fabrique des ratines.