Arch. Ardèche L
9. On signale un certain nombre de protestations pour actes dc pression sur les électeurs. À Palharez, le 4 juillet 1790, 4 officiers municipaux sur 5 se plaignent de leur maire Fontbonne et déclarent que son élection n'a pas été libre. À St-Christol, les protestants ont accaparé toutes les places, d’où réclamation des catholiques. Arch, nat. Div 17.
gentière, les élus sont surtout des membres notables du tiers, des négociants et des industriels ; à Aubenas, à Bourg St-Andéol, à Joyeuse, des hommes de loi, des avocats, des notaires connus pour leur compétence dans les affaires ou pour le rôle joué pendant les premiers mois de la Révolution. Un peu partout, les membres des Comités permanents reçoivent la récompense de leur persévérance et de leur ténacité et prennent rang dans la municipalité f.
Dans les paroisses rurales, les charges municipales se répartissent entre les paysans enrichis, à demi embourgeoisés, le châtelain et les notaires et praticiens divers. Un certain nombre de curés figurent sur les listes des officiers municipaux et des notables. À Annonav, l'abbé Picanse} ? fait partie de la municipalité. A Bozas, le curé Foriel est élu maire ainsi que Géry à Arras, Mouthon à Vernosc, Palatin à St-Sylvestre *.. Le plus souvent, ces élections maintiennent le personnel ancien qui est au courant des affaires. Dans la plupart des communautés, on retrouve comme maires, procureurs ou officiers municipaux, les anciens consuls qui, aux assemblées de paroisses, avaient été désignés comme députés du premier degré pour les élections aux Etats-Généraux î. Tous les élus sont patriotes ou se proclament tels ; tous se déclarent partisans d'un sage progrès et manifestent un profond respect pour les décrets de l'Assemblée nationale. En un mot, ces élections, dans les campagnes, ne paraissent pas comporter de signification politique. Elles ne révèlent pas non plus, d'ailleurs, l'existence d’un courant démocratique bien marqué. Aucune voix ne s'élève en faveur des citoyens passifs. Ce ne sera que quelques mois plus tard qu'à Annonay 5, par exemple, les ouvriers les plus aisés revendiqueront le droit de vote en offrant de payer les trois livres de contribution requises ?
Le décret du 2 février 1790 T facilite le rôle de ces municipalités