AVERTISSEMENT
Ce n'est point ici une publication où l'on ait en vue un succès littéraire. C'est une apologie. Le véritable parti républicain était, en quelque sorte, jugé par défaut. J'apporte les pièces du procès. On y verra que, plusieurs mois avant la révolution, ce parti prévoyait seul à quelles mesures se porterait là cour (i), et préparait seul des moyens de résister à ces mesures. On y trou-
(i) L'homme qui a déployé le plus de caractère dans le parti d'Orléans, le seul même qui, pour son malheur, ait montré de la décision et de la fermeté , croyait que tout se passerait fort doucement. En répondant, dans la Tribune du 21 septembre 1829, aux menaces des journaux ministériels , j'avais dit : « Que si par ha- • sard ces catégories de nouvelle fabrique réussissaient devant une « seule des trente -six Cours royales, ce serait encore bien pis. « Que nos ministres y prennent garde , quelques gouttes de sang peu- « vent être peu de chose à leurs yeux ; mais la France n'en jugerait « pas de même. Dans les circouslances où nous nous trouvons, la « vue de quelques gouttes de sang produirait une commotion fou- « droyante. Que ce sang fût versé par des Trestaillons ou dei Jeffe- « ries, par le stylet ou par la hache, peu importerait à la France. « Je le répète, qu'ils prennent garde au premier sang versé. » Le jour même, l'homme assurément fort distingué dont je parle me dit en souriant : Vous avez pris la chose bien au sérieux : nous ne sommes plus au temps des Jefferies, ni même des Trestaillons. Il ne s'agira pas de sang. — Nous verrons , lui répondis-je. Le 27 juillet, il était, ainsi que moi, sous le coup d'un, mandat d'amener par devant un conseil de guerre.
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verases projets réels, le plan de ce que les hommes qui avaient cherché à l'organiser, les patriotes les plus prononcés qui seuls alors se disaient hautement républicains, se proposaient de faire s'ils fussent restés vainqueurs. On y verra qu'après avoir exposé avec réserve ses vues, quand tout était encore à régler, ce parti se réduisit, du moment où la monarchie fut proclamée, à soutenir les principes de i 789, à demander des institutions qui, en garantissant quelque liberté à la nation, auraient aussi garanti au trône quelque durée. On y verra que, dans sa lutte contre les doctrinaires, son principal but fut toujours de prévenir l'invasion qui nous menaçait, qui nous menace encore, quoique, par un aveuglement impossible à prévoir, les rois aient laissé passer le moment favorable , et d'empêcher entre les citoyens des divisions que le système contraire a. rendues depuis si redoutables à notre avenir. On y verra que, du moment où des hommes trompés laissèrent échapper quelques mots qui semblaient ne pas s'éloigner des doctrines de la Terreur, le journal alors seul organe de ce parti protesta avec énergie contre un tel égarement.
Quoique ce livre me paraisse pouvoir servir la cause de la liberté en France, en épargnant aux contemporains des mal-entendus funestes, et plus tard des erreurs à l'histoire, l'idée de l'utilité dont
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it peut être n'aurait pas suffi pour me déterminer, dans l'état où je suis, à le publier. On trouvera dans le discours suivant, les motifs qui m'ont fait regarder cette publication comme un devoir.
P. S. Ce recueil était prêt pour l'impression au mois d'octobre i83a (Y), lorsque j'appris la mort de mon père. Accablé de ce nouveau malheur, je n'ai pu avant aujourd'hui retrouver le courage de revoir les épreuves. Voilà le seul motif d'un retard dont se sont étonnées quelques personnes qui s'attendaient à voir paraître mon livre l'année dernière, et qui ne me connaissent pas personnellement.
(i) Je n'attendais que de savoir si je reprendrais la direction de la Tribune, ou si je renoncerais pour toujours à y travailler de nouveau.