MOUVEMENS EN BELGIQUE. ARRESTATION DU COLONEL BORREMANS
«Tandis que deux cent mille Prussiens se con- « centraient sur le Rhin , que la Russie et l'Autri- « che, déjà sur un pied de guerre plus formidable
( 172 ) «qu'en i8ï4 et i8i5, ordonnaient encore de nou- « velles levées, et que notre ministère tournait tous «ses efforts contre les Français assez mauvais ci- « toyens pour ne pas aimer l'invasion et pour avi- « ser aux moyens de s'en défendre , les Belges du «juste-milieu mettaient de leur coté tout en œu- «vre pour que les cent mille Hollandais rassem- «blés par le roi Guillaume entrassent sans coup «férir dans les places fortes de la Belgique, et, «réunis aux deux cent mille Prussiens, pussent «s'élancer sur nous avec eux, appuyés sur cette « immense chaîne de fortifications menaçantes dont « la prévoyance anglaise a enlacé nos frontières. «A Bruxelles, comme à Paris, les journaux aristo- «crates déversaient chaque jour l'insulte et la ca- « lomnie sur les membres de Y association nationale. «Des fonctionnaires hésitaient à renouveler le «serment d'exclusion des Nassau. Le patriote Tiel- « mans avait été écarté du ministère. Tout cela se «faisait sous le manteau de l'ordre public. Mais le « peuple a écarté ce manteau respectable ; il a vu «au-dessous la trahison , son sang vendu, sa gloire «flétrie. L'indignation lui a rendu son énergie. «Le colonel Borremans et les autres officiers les «plus compromis ont été arrêtés. L'acte de l'asso- « dation nationale s'est couvert à l'instant de si- «gnatures par milliers. Des patriotes sûrs ont été «envoyés auprès de tous les corps pour y dé-
«jouer les trames de la restauration. D'après les « nouvelles reçues hier , la plus grande agitation « régnait dans Bruxelles ; on craignait même que «le peuple ne forçât la prison de Borremans et «ne se fit justice de ses propres mains. Aujour- « d'hui aucun journal de cette ville n'est arrivé à «Paris; et il est assez naturel de penser ope des « événemens graves sont la cause de ce retard. »
31 Mars 1831.