LA CAZETTE ET LA TRIBUNE
« Depuis la fin de décembre, la Gazette répète « tous les soirs, sur tous les tons possibles, le même « thème favori : que l'ordre ne peut sortir ni de « la Gauche ni des Centres, et ne peut être engen- «dré que par la Droite, mère de tout ce qu'il y a «de bon au monde , la Gazette comprise ; que «l'ordre procréé par la Droite ne peut s'établir « que par le droit public qu'a consacré l'assenti- « ment de quatorze siècles, c'est-à-dire par le prince cipe delà légitimité, c'est-à-dire par Henri V. «Cependant la Gazette, et nous nous empressons «de le dire, n'est nullement séditieuse. Son grand « principe n'a nullement besoin des quatorze cent
«mille baïonnettes de la grande société d'assua rance royale : il lui suffît, pour vaincre, de ses k quatorze cents ans de durée ; la Ginette ne veut « ni chouannerie, ni corps d'émigrés en Espagne, « ni conspiration ; ses colonnes et les trente-six « nouvelles feuilles légitimistes qui surgissent de « toutes parts, sont tout ce qu'il faut pour opérer « paisiblement le grand œuvre : déjà elle aperçoit « l'aurore du jour nouveau , la révolution dejui!- « let s'ensevelit dans son triomphe, et la foi monar- « chique, qui seule nous a donné la liberté (i), se «relève plus forte par le seul appui de la raison. « Ce thème est retourné tous les jours avec une « adresse et une fécondité d'imagination vraiment « remarquable. Voici la variation du jeudi 26 mai «de l'an de grâce i83t , ou, comme date ses lettres «M. le président de la commission des officiers « des cent jours, de la 3ie année du siècle de Na- « poléon.