‹ La révolution de 1830 et le véritable Parti républicainChapitre 127 sur 131 · A MM. LES MEMBRES DE LA CHAMBRE DES DÉPUTES · texte numérisé non relu

A MM. LES MEMBRES DE LA CHAMBRE DES DÉPUTES

« Messieurs ,

« Le peuple hier a reconquis ses droits sacrés «au prix de son sang.

«Le plus précieux de ses droits est de choisir « librement son gouvernement. La reconnaissance « due aux braves citoyens qui ont repoussé les « soldats égarés par des ordres sacrilèges impose « le devoir de les soustraire à toute influence qui «pourrait égarer aujourd'hui leur opinion et re- « froidir demain leur zèle pour la véritable bonne « cause , la liberté.

«Il faut donc, messieurs, empêcher qu'aucune «proclamation ne soit faite, qui déjà désigne un «chef, lorsque même la forme du gouvernement « ne peut être déterminée.

«Il existe une représentation provisoire de la « nation ; qu'elle reste en permanence jusqu'à ce « que le vœu de la majorité des Français ait pu « être connu. Dans toutes les circonstances ce vœu «a été consulté; ne faisons pas aujourd'hui un « pas rétrograde dans la carrière que quarante « ans de sacrifices et de gloire nous ont ouverte , « et que les immortelles journées des 27 , 28 et «29 juillet ont immensément agrandie.

« Que la représentation provisoire s'occupe donc « tout de suite des moyens de consulter ce vœu ; «toute autre mesure serait intempestive et couce pable.

«Le 5 juillet i8i5, la Chambre des représen- « tans , sous le feu des étrangers , en présence «des baïonnettes ennemies, a proclamé des prin- « cipes conservateurs des droits du citoyen, et a «protesté contre tout acte qui imposerait à la «France un gouvernement et des institutions qui « ne sympathiseraient pas avec ses vœux et ses in- «térêts; ce sont ces principes qu'il faut adopter «aujourd'hui; qu'ils nous servent de point de «ralliement. La Chambre de i8i5 les a légués à « un avenir qui nous appartient maintenant ; re- « cueillons cet héritage, et sachons le faire tour- « ner au profit des peuples et de la liberté.

« Le Président, Chevallier.

«Paris, le 30 juillet 1830.

«Les Membres de la Commission nommée «par un grand nombre de citoyens des «divers arrondissemens de Paris, réunis «rue de Richelieu, n° 104,

«Denuelle, Rudler, Le Comte, Poisson, Piguelin, «G. Taschereau, Langlin.»

Adresse publiée dans le même numéro du 3i juillet.

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