PP GOUVERNEMENT REPRÉSENTATIF SELON LA GAZETTE
«La Gazette pousse un cri de triomphe; elle a, «dit-elle, rendu un véritable service à la France ; <i rien n'est plus favorable à la Charte et au gou- « vernement représentatif que les doctrines qu'elle « a professées. Elle a montré que, quelles quefus- «sent les circonstances où les efforts a" une faction «pourraient placer la monarchie , la Charte clon- « nait au roi le pouvoir de surmonter ces circons- « tances sans sortir des conditions du gouvernement «représentatif, qui sont le concours des Clianibrcs « et le vote de l'impôt. Grâce à ses instructives «colonnes, on sait maintenant que la ligne parlc- « mentaire ne saurait être interrompue t et que a l'article \ 4 , loin de détruire le gouvernement re- « présentai// , n'est qu'un mojen de le continuer « quand une faction s'efforce de le détruire.
«Ainsi donc, si l'on veut se rappeler les diffé- «rens articles de la feuille ministérielle, on verra a que le gouvernement représentatif consiste dans « le vole de l'impôt consenti par des députés nom- « mes au besoin d'après des ordonnances d'élec-
«tion, et tenus en bride par le glaive dçi cour^ «prévotales, tiré de son f/tureau qu'on nomme «l'article \l\. Les discussions de la tribune nation «nale, auxquelles on attachait tant d'importance, «ne sont que de vaincs formalités : les boules «noires remises à chaque votant, ne sont la que «pour la forme; quatre-vingt mille hommes doi- « vent se déranger de leurs affaires pour en élire «quatre cents qui viennent apposer aveuglément «leur visa sur tous les projets du pouvoir, et «signer, au nom de la France, les lettres de change « dont le ministère aura fixé le montant. En vérité, « c'est fort joli. La Gazette doit être flère de sa «découverte, et se hâter de prendre chez M. Sy- «rieyes un beau brevet d'invention.
«Jusqu'ici on avait eu une autre idée du gou- « vernement monarchique-représentatif. On s'était « imaginé que le droit d'élection n'avait été re- « connu à un certain nombre de citoyens que «pour faire participer le peuple à la direction de «ses affaires* on croyait que la première fonction «des Chambres était de surveiller les intrigues « des courtisans , et si les conseillers du prince «l'entraînaient dans une fausse route, de l'en «avertir par leur résistance légale, en opposant « aux caprices d'une faction les vœux de la majorité, « aux cris de quelques ambitieux la voix imposante «de la nation. Entendu ainsi, ce système de gou-
(52) «vernement pouvait paraître convenable, malgré «les difficultés sans nombre qu'il doit rencontrer « toujours dans l'exécution. Mais tel que l'entend « la Gazette, ce ne serait plus que le despotisme «joignant à la tyrannie la dérision , et forçant ses « esclaves à attacher eux-mêmes leurs fers. »
20 Mai 1830.