FIN DE LA TABLE DU TOME PREMIER
LA
ET LE
§ IX. Du ier au 3o Novembre i83o.
Du gouvernement qu'il convient d'adopter en Belgique. — Position du nouveau ministère présidé par M. Laffitte. Causes de la situation fâcheuse de la France. — Des discussions de la Chambre sur la presse périodique. — Relations extérieures. — Attitude du congrès belge. Défiance qu'il inspire aux amis de la liberté. — Inconcevable conduite du ministère français.
1er Novembre 1830.
DU GOUVERNEMENT QCj'iL CONVIENT D'ADOPTER EN BELGIQUE.
« Le Courrier des Pays-Bas qui nous est parvenu a il y a trois jours contenait un projet de consti- « tution pour la Belgique. Il était suivi de ces « mots : «Le comité central a autorisé la commis- « sion de constitution à publier son travail ; il s'est « réservé de l'examiner ultérieurement et de puce bîier ses propres observations. Le projet ne doit « être considéré que comme l'opinion de la ma*
(2) « jorité de la commission. » Nous aurions désiré ne « donner ce projet qu'avec les remarques du gou- « vernement provisoire, qui, d'après ce qu'on nous « écrivait le même jour de Bruxelles, y seront sans « doute peu favorables. Nous l'insérons aujour- « d'hui où nous pouvons le faire suivre d'un prête mier article du journal officiel l'Union belge, a dans lequel l'opinion des patriotes sur l'ensem- « ble de ce travail est énergiquement exprimée « (voyez à l'article extérieur les nouvelles de la « Belgique). Nous espérons que le congrès natio- « naî la partagera. En effet, quoiqu'on trouve « dans l'œuvre de la commission des dispositions « excellentes, telles que l'abolition de toute me- « sure préventive contre la presse , et notamment '( des cautionnemens ; la reconnaissance du droit « de s'assembler et de s'associer; l'éligibilité de « tous les Belges âgés de 1 5 ans ; la nomination des « membres de la cour des comptes réservée à la « Chambre élective; le choix des juges circonscrit « dans une liste triple de candidats présentés par « les conseils provinciaux que le peuple aura dite rectement nommés ; quoique des législateurs de « la force de nos 111 pussent y puiser d'utiles « exemples et de sévères leçons, ce projet est loin t< toutefois de répondre à l'attente des amis de la n nation belge. Il décide d'une manière funeste « la principale question. Puisque, en le supposant
(3) a adopté , les pouvoirs du chef de l'État seraient « héréditaires , ce chef serait un roi , de quelque « nom que vous voulussiez l'appeler : l'hérédité « est la seule différence essentielle entre la monari chie et la république; mais cette différence est « immense dans ses résultats. On lit au bas du « travail de la commission les noms de plusieurs « citoyens fort honorables. Sans doute ils ont fait « partie de la minorité. Dans la majorité même , « les esprits les plus consciencieux ont pu être «trompés par d'adroites manœuvres.
« Beaucoup d'intrigues s'ourdissent, et en Bel- « gique et hors de la Belgique , pour empêcher le « congrès national d'adopter la seule forme de gou- « vernement qui puisse convenir à cette partie de « l'Europe. Les diplomates , les traîtres et les pol- « trons, trois espèces de gens qu'on voit toujours « unies pour la ruine des peuples, vont semant de « faux bruits, et des raisonnemens plus faux ence core , des calomnies ridicules , et de plus ridi- « dicules promesses, au milieu d'une nation qu'on «n'a pu vaincre, et qu'on voudrait engager à re- « prendre d'elle-même ses fers.
«Les deux senti mens qu'on cherche surtout à « exploiter sont l'anxiété du commerce , et la « crainte d'une intervention étrangère. L'espèce « d'indécision qui s'est manifestée depuis les pre- « miers mouvemens de Bruxelles jusqu'à l'attaque
[4) «du prince Frédéric, a prolongé, outre mesure, a la suspension totale des affaires. La classe qui « vit par le négoce et par l'industrie souffre beauce coup , et redoute une catastrophe. Profitant de a ces dispositions, on vient lui glisser à l'oreille : « Prenez un roi , et vous n'aurez plus à craindre « les protêts. Votre gêne vient du défaut de conte fiance ; la confiance naît de l'ordre , et l'ordre a c'est la royauté.
« Que les négocians belges ne se laissent point « prendre à ces vieux radotages de courtisans. Il « y a de l'ordre en Suisse, il y en a aux Étals- «Unis, il y en eut en Hollande sous les Stathou- « ders; il y en a fort peu dans beaucoup de mo- « narchies où , en revanche , on voit bon nombre « de protêts et beaucoup de négocians ruinés. Un « roi, quel qu'il fût, au lieu de rétablir l'ordre en « Belgique, y apporterait la plus épouvantable con- « fusion. Les excès qui seraient commandés à un « Nassau par la vengeance, seraient conseillés à « tout autre prince par la peur. La révolution a « assez duré dans ces provinces pour que le parti « de la liberté ait pu s'établir d'une manière rae- « naçante ; la proscription des meilleurs citoyens « deviendrait inévitable, et la partie la plus éclai- « rée et la plus énergique d'un peuple ne peut être « proscrite sans de violentes secousses et de Ionor gués convulsions.
« Si , dans certains états , le régime monarchi- « que paraît à de bons esprits présenter plus de « garanties de tranquillité , cela tient à d'antiques « habitudes d'aristocratie et de cour qui n'exis- « tent point à Bruxelles; cela ne peut nullement « tenir à la forme du gouvernement. En effet , « quelle est la plus sûre garantie de l'ordre ? L'u- « nité de direction. Or , à moins qu'on ne veuille «recourir au despotisme pur, tel qu'il n'existe « pas même en Turquie, cette unité ne se trouve « que dans le gouvernement républicain , où le « pouvoir exécutif émane de la même source que « le pouvoir législatif , où tous les mandataires « sont choisis par les mêmes commettans. L'ordre « tient aussi, dira-t-on, à la force du pouvoir. Et « qui vous empêche de donner à un magistrat ré- « publicain toute la force d'un roi ? Vous pouvez « même lui en donner une plus grande. Le degré « d'autorité qui , accordé héréditairement à une «famille, menacerait toutes les fortunes, toutes « les existences , peut être confié sans danger à un « homme qui n'est puissant que pour un temps « assez court. On ne trouve guère de complices « lorsqu'au bout d'un an on ne pourra plus les « protéger.
« Mais, dira-t-on encore, l'élection du premier « magistrat est une source de dissensions, tandis « que l'hérédité ôte tout espoir aux ambitieux.
«Dites plutôt que, sous la république, la haute « ambition a moins d'intérêt à troubler l'ordre, « puisqu'elle peut être satisfaite par les voies lé- « gales , tandis que, sous une monarchie, elle ne v peut avoir d'espoir que dans une révolution. «Belle garantie d'ordre, vraiment, que de dire à « tous les politiques d'une nation : Résignez-vous « à n'être rien , ou renversez le gouvernement ! « D'ailleurs, ouvrez l'histoire ; c'est là que se trouve « toute la politique. Vous n'y verrez pas une seule « guerre pour la nomination d'un chef de repu- « blique, pas une seule, car sous Marius et Sylla « la république romaine n'existait réellement plus; « et vous y trouverez partout , dans les monar- « chies, des guerres de succession qui, souvent « pendant des siècles, couvrent de vastes Etats de « meurtres et d'incendies.
« Quant à la crainte de l'intervention étrangère, « je ne sais qu'un moyen sûr de la conjurer. Pre- « nez , nus pieds et la corde au cou , le chemin « de La Haye, allez vous jeter aux genoux du roi « Guillaume , du prince d'Orange , du prince Fré- « déricetdeM.Yan-Maanen. Demandez-leur hum- « blement pardon, c'est-à-dire, demandez-leur de « venir à Bruxelles vous rançonner, vous fusiller, « vous mitrailler. Si ce moyen vous répugne, armez- « vous, mais ne cherchez pas d'autre refuge. Se- « rait-ce le prince d'Orange avec une constitution?
« Recours inutile , à moins qu'on ne le regarde « comme un acheminement certain aux mitraillade des. Un prince français? La Prusse accourrait « deux fois plus vite. Le duc de Reichstadt, comme « le propose l'Autriche, à ce qu'on assure? Le gou- « vernement français ne saurait le souffrir. Un « Belge nommé roi ? Il faudrait trois fois plus de « sang belge pour apaiser les cours. Quel que soit « le gouvernement que vous preniez, l'interven- « tion aura lieu sans doute, la république même « ne vous en sauvera pas, car la Belgique n'est « pas un empire assez puissant pour que, même « en république, il frappe tous les cabinets d'une ((. terreur respectueuse. Du moment où une révoluce tion est faite, l'intervention est inévitable. Je l'ai « vainement prédit en 1821 à l'Espagne et à Na- « pies, qui croyaient l'éviter en conservant, nonce seulement la royauté, mais encore le même roi. « La guerre est inévitable, dis-je , à moins que les ce autres peuples ne vous imitent comme vous ce nous avez imités. Dans tous les cas, la républice que doublera vos forces pour la victoire, et vous « ne serez attaqués que lorsqu'on attaquera la ce France.
ce Belges, profitez de l'occasion, ne manquez ce pas a vos destinées. Plus les révolutions vous ce paraissent pénibles, plus vous devez vous gar- « der d'en préparer de nouvelles en vous arrètan
(8) « à moitié chemin. Les hommes que votre estime « appelle à la suprême magistrature n'auront pas « la faiblesse de reculer devant ce premier rang de « gloire et de périls. Ils ne croiront pas montrer « de la générosité en vous livrant à toutes les « honteuses horreurs d'une révolution avortée. « Proclamez leurs noms illustres: les acclamations t du monde vous répondront. »
4 Novembre 1830.
POSITION DU NOUVEAU MINISTÈRE. — CAUSES DE LA SITUATION CRITIQUE DE LA FRANCE.
« Le ministère nouveau est à peu près dans « la situation d'un général qui vient prendre le « commandement après une campagne malheu- « reuse. Les meilleures positions sont perdues, « les ennemis sont enhardis, les alliés rebutés. Il « faut quelquefois des prodiges pour réparer des « fautes que le moindre bon sens aurait évitées. « Cependant, lorsque l'armée est brave et la cause «juste, on ne doit jamais désespérer. On doit « surtout se garder d'attribuer le mal à ceux qui « sont chargés d'appliquer le remède.
« La situation critique où se trouve la France « est le résultat de quinze ans de restauration.
a En 18 15, quelques hommes ont été assez in- « sensés pour croire qu'une nation subjuguée « pouvait s'enrichir et prospérer dans les fers. Le a commerce particulièrement s'imagina qu'une «fois la paix assurée, il n'aurait plus rien à désirer, « et, selon sa louable habitude, il traita de fac- « tieux ceux qui soutenaient que sans indépen- « dance la paix devient ruineuse. Lorsque, déjà «quelques années plus tard, la vérité de cette « maxime était prouvée par un appauvrissement « graduel , on étourdissait encore la nation d'hym- « nés pompeux en l'honneur de sa prospérité. On « écrivait de gros volumes sur les progrès de nos « forces productives et commerciales; l'opposition « elle-même vantait ces étranges productions, et « répandait ainsi ce stupide amour de la Charte « qui a retardé de dix ans peut-être le réveil du « peuple français. Cependant se multipliaient «chaque jour, dans les villes, les faillites; dans «les campagnes, les expropriations; la société « toute entière commençait à sentir son mal. Les « endormeurs furent discrédités. Alors Polignac « parut. La Tribune osa ressusciter, avec le mot «patriote, les idées patriotiques. De nobles jeunes «gens, arrachés à la contagion libérale, réunirent « leurs lumières restées pures à l'instinct toujours « sûr du peuple, et la restauration s'écroula. « Elle laissait la France affaiblie. La secousse
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« avait même augmenté la douleur des blessures « de la patrie. Mais un mois du régime de la li- « berté pouvait la guérir. On la confia à des mains « inhabiles , et le mal s'est accru.
« Le commerce et l'industrie, gênés long-temps «dans leurs mouvemens par un système funeste , « ont été paralysés par l'absence de tout système, « ou plutôt par un système qui, évidemment im- « possible à continuer , ne leur permettait d'éta- «blir aucune donnée probable sur l'avenir. L'élan «prodigieux du peuple n'a pu, au bout de trois «mois, nous procurer une armée, seule garantie « des propriétés et des travaux. Les États voisins, «qui attendaient de nous la liberté, se deman- « dent si nous saurons la conquérir pour nous- « mêmes. Le parti qui, le 3o juillet, n'implorait « que le pardon , parle aujourd'hui de vengeance.
« Doit-on s'étonner de ces résultats quand on « songe que tout a été fait à contre sens? Après le «combat, les vaincus ont été reçus en triomphe, «et les vainqueurs mis à l'écart; on a proclamé « un principe de gouvernement et on a gardé les «lois qui le proscrivent; on a couvert du drapeau « tricolore toutes les misères du drapeau blanc. «Pouvait-il sortir de tout cela autre chose que « désordre et confusion ? On dirait d'un change- « ment de décoration où la manœuvre , manquée « par un machiniste maladroit , laisse encore sur
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«la scène, à côté des colonnes d'un palais grec, « les débris d'une masure gothique ou le beffroi « d'un vieux donjon.
« Mais il dépend d'une administration nouvelle « de réparer encore tout le mal. Il suffit pour cela « de tout remettre à sa place. Nous croyons aux «bonnes intentions du conseil. Nous sommes « moins sûrs de sa fermeté. Or l'indécision pource rait devenir mortelle. Il faut marcher droit, « ferme et vite. Ce serait duperie de regarder aux «obstacles; il ne peut point en exister de sérieux. « Quand on veut énergiquement le bien du peu- «ple, on a le peuple pour soi, et alors que peut- « on craindre ?
«Les doctrinaires menacent, je le sais; mais «leurs menaces sont vraiment amusantes. Nous «avons pour nous la Chambre, s'écrient -ils, no- « tre ministère était celui de la légalité. Ce nou- «veau conseil, produit de la révolte et de la dé- « magogie, ne peut marcher dans les voies légales. «Pris dans la minorité, ainsi que le ministère «Polignac, il ne peut agir que par des coups d'é- «tat, et l'on sait que les coups d'état sont comme «la troisième balle de Robin-des-Bois, le grand « chasseur; qu'ils retombent sur ceux qui les lance cent. En vérité, Messieurs, ceci passe la plaisance terie. Pensez-vous donc que, sous Louis-Philippe, « on puisse redouter l'opposition de la Chambre
«de Charles X? Nous jugez-vous assez stupides « pour croire que Polignac est tombé parce que «vous avez refusé votre concours? Vous auriez «fait vraiment une belle résistance s'il avait pu « envoyer contre vous tous les patriotes de juillet « réunis à sa garde royale! Vous aviez sous Polignac « une apparence de force parce que vous sembliez «être avec la nation; mais une fois déclarés ses «ennemis, que pourriez-vous? qu'oseriez-vous ? «que seriez- vous?
«Les coups d'état de M. de Polignac étaient «difficiles, car ils devaient tomber sur le peuple. «Mais que coûterait à un ministère patriote la « mesure que dans votre dépit vous qualifiez si « burlesquement de coup d'état? Je suppose que « les nouveaux ministres vous apportent une bonne «loi électorale, ou plutôt, car même en fait de «suppositions il ne faut pas être exigeant, une « loi moins intolérable , moins outrageante pour « la France que celle de la restauration ; vous re- « jetez cette loi, et vous dites au ministère : Une «dissolution ne servirait à rien, car les mêmes. « collèges renverraient les mêmes députés ; cédez, «ou bien, faites un coup d'état. Le ministère «vous répond: Non, Messieurs; je vais faire la « chose du monde la plus légale. Rien n'est encore «réglé sur les élections, nous n'avons pas même « du provisoire : eh bien ! le roi adopte provisoi-
«Renient les bases rédigées par la plus illustre de « nos assemblées nationales. Le lendemain la ter- « rible ordonnance paraît dans le Moniteur, le coup « d'état est porté. Le peuple se lève , il crie ; mais «se lève-t-il pour courir aux armes? sont-ce des « cris de mort qu'il profère ? Non ; il se lève pour «bénir le ministère et le roi; ses cris sont l'ex- « pression de la joie et de la reconnaissance; il «montre par sa sagesse, par sa réserve, combien « on a eu raison de se fier à lui ; une véritable re- « présentation nationale vous remplace , la liberté « et la dynastie sont affermies à l'instant , vos amis «et ceux de Henri V se taisent, l'espérance s'en- «fuit d'Holyrood, et l'audace s'éteint dans tous « les cabinets ennemis.
«Certes, pour affronter de tels résultats, il ne « faut pas, je pense, avoir un grand courage.
«Vous le sentirez vous-mêmes, vous compren- «drez que tous ces rapprochemens entre deux « positions entièrement opposées ne peuvent trom- «per personne, pas même des enfans. L'honnête « manufacturier qui les répétait hier en sortant de «la Chambre en voudra, lui-même, au journal « qui a pu l'entraîner à compromettre si fort sa «judiciaire; il votera pour la loi électorale', voire « pour le budget amaigri.
«Ses patrons disaient naguère qu'ils avaient «pour eux la garde nationale, parce que dans
( «J « soixante mille hommes ils avaient acheté quel- « ques agens , et voilà que l'illustre général de «cette armée citoyenne a déterminé leur chute en « offrant sa démission si on les laissait encore émet poisonner les fruits de la révolution de juillet; « et voilà qu'on a eu besoin des recommandations « les plus expresses pour empêcher que, dimanche «dernier, le Champ-de-Mars ne retentît des ac- « clamations qui s'y firent entendre en 1826 con- « tre MM. de Villèle et Peyronnet.
«Maintenant, parce que quelques journalistes «vendus insultent chaque jour dans les provin- « ces les plus vénérables amis de la liberté , les « doctrinaires prétendent avoir pour eux les dé- «partemens. Nous verrons ce que deviendra ce «fédéralisme doctrinaire du moment où les préfets « cesseront de le payer.
«Enfin, disent-ils, la Chambre au moins est «pour eux. C'est vrai; mais à de certaines condi- «tions. Je doute que la majorité prenne pour dece vise : La doctrine ou la mort. Se faire dissoudre «pour l'honneur de M. de Broglie, amener pour «M. Guizot une nouvelle promulgation des lois «électorales de 91, serait un dévouement trop « sublime et qui ne sera point , que je croie , par- « tagé par ii\ martyrs.
«Du re^te, le résultat que j'annonce est à dé- «sirer plutôt dans l'intérêt delà Chambre que
«dans celui de la liberté. Lorsqu'un pouvoir « quelconque se met en opposition avec la volonté «nationale, l'intérêt de la liberté est qu'au lieu «de céder, il s'aheurte. Plus il est doué d'entête- « ment, mieux il sert la nation. Ce fut ce qui nous « fit dire, dès le 10 août 1829, que nous préférions « le ministère Polignac et La Bourdonnaye au mi- «nistère Martignac et Portalis. Les députés se «récrièrent; mais le 28 juillet a prouvé que nous «avions raison. »
Il Novembre 1830.