T. II. II
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a gens des écoles » et à passer des menaces aux
« effets.
« Ceux qui accusent les étudians de provoquer a des troubles parce qu'ils ont fait, au sujet de « la Pologne , une de ces démonstrations de l'opi- « nion publique si communes en Angleterre, cher-* a chent à organiser dans Paris une véritable guerre «t civile , que la modération des écoles et le bon « sens des ouvriers préviendront heureusement. « Ceux qui osent calomnier les patriotes jusqu'à « leur prêter des projets de ramener la terreur, ré- «pandent déjà la terreur dans la capitale ; ils ne «parlent que de mesures vigoureuses, de coups a de- collier 9 de loi martiale , de déportations.
« En de telles circonstances , l'espoir des amis « de l'indépendance nationale doit se porter sur <c les associations dont la Moselle a donné le noble « exemple* Que tous les départemens patriotes «en fassent autant. Alors si Paris, plus immédia- « tement soumis à l'influence de la corruption , « ne veut pas défendre son œuvre de juillet, tout «ce que son enceinte renferme de véritables « Français se retirera derrière la Loire. Nous laia- « serons les agioteurs calculer combien ils pource ront gagner dans le tripotage des trois nouveaux a milliards de tributs exigés par les armées libéra* utrices, gardiennes en chef de l'ordre public ; nous « les laisserons fêter Henri Y , applaudir aux
cr discours de M. Périer et aux réquisitoires de « M. Persil, étions irons chercher s'il iTy a pas « quelque moyen de sortir des montagnes de l'Au- « vergiie, pour reporter sur Paris ou sur les ruines « de Paris le drapeau tricolore que nous n'aurons « pats quitté. »
Il paraît que, pressé entre la nécessité de 6e jeter dans les bras de la nation pour soutenir immédiatement la guerre, et l'espoir d'éloigner. la guerre, en fléchissant les puissances du nord par des concessions et des promesses, le pouvoir, après quelques hésitations, finit par se décider alors pour le dernier parti. La guerre a été réellement éloignée, et pour beaucoup plus de temps qu'on ne devait le penser. Mais elle arrivera tôt ou tard , et, malgré les fautes des rois alliés, fautes inconcevables et jsur lesquelles personne ne pouvait compter, on verra si, en définitive, la France aura beaucoup gagné à ce retard.
$ XIII. Du ao Mars au 20 Avril i83i.
Les nouyeaux Aristogitons. — Des associations pour la défense nationale. — Mouyemens en Belgique. — Les associations, le ministère et les ambassadeurs. — D'une nouvelle association projetée par les légitimistes. — Jugement de la prétendue conspiration républicaine. — Inexactitude de certains éloges donnés à la Cou» yention. Effet fâcheux qu'ils produisent. Conseils aux jeunes Français.
20 Mars 1831.
LES NOUVEAUX ARISTOGITONS.
« Je commence par demander pardon à l'illustre «athénien. Dieu me garde de le comparer aux «perfides agens d'une ca m a ri lia ! Ce qu'il fit pour « la prospérité de son pays, ils le font pour la ruine «du leur; ce qu'il fit contre un tyran, ils le font « contre un roi à qui la France se plaît à croire les «intentions les plus droites; ce qu'il fit sur le « chevalet et dans les horreurs de la torture, ils le « font sur des coussins de velours et au milieu des « délices des palais.
« Main enfin le conspirateur athénien trompa «le souverain qu'il voulait perdre, en lui dési- «gnant ses meilleurs amis comme ses ennemis les « plus implacables , ses plus fermes soutiens comme
( 1«) « tramant sa ruine. Voilà le trait de ressemblance «qui existe entre lui et les traîtres de i83i.
« Quel est l'homme qui a fait à Louis-Philippe « le plus grand sacrifice ? N'est-ce pas celui qui lui c a sacrifié la gloire de faire le bonheur de la t France ? n'est-ce pas Lafayette ?
« Quel est l'homme qui prêtait au roi l'appui le «plus sûr ? N'est-ce pas l'homme qui n'ayant pu «perdre, même par ce sacrifice, son ascendant «sur le parti de la liberté, s'interposait toujours « entre les mécontentemens de ce parti et la cou* « ronne , et poussait la générosité jusqu'à soutenir « la supériorité du gouvernement d'un autre sur ce «qu'aurait été son propre gouvernement, jusqu'à «risquer de s'aliéner ses amis en essayant d'en « faire des amis du nouveau roi ?
« Eh bien ! les Aristogitons d'antichambre «n'ont-ils pas présenté l'appui comme un obsta- «cle, le fondateur comme empressé de détruire, «l'ami généreux comme un ennemi déguisé? et «Lafayette n'est-il pas redevenu simplement le « grand citoyen ?
« Sous le déplorable ministère du quasi-légiti- « miste , quel ministre empêchait seul les soup- «çons du peuple d'aller trop loin et d'amener une « explosion redoutable? N'était-ce pas l'homme en « qui la France entière voyait l'image vivante de «la justice et de l'honneur? n'était-ce pas Dupont
a de l'Eure ? Et Dupont de l'Eure n'a-t-il pas été « présenté comme un ministre dangereux ? n'a-t-il * pas été forcé à la retraite ?
« Du moins , à l'égard de ces deux illustre* cicitoyens, nos Tartufes -Àristogitong pouvaient « avoir quelque apparence de prétexte* Lafayette te avait été soixante ans républicain : s'il avait paru « modifier ses opinions au moment où il lui snftf- « sait d'y persister pour être rorfître de la France, «cette conduite, si opposée à celle de tous les « ambitieux , pouvait être présentée comme l'effet a d'un effort trop sublime pour être durable; on « pouvait insinuer avec perfidie que le moment *>des regrets devait arriver, que des amis profite teraient d'une occasion pour ramener leur chef « à d'anciens projets, et on pouvait faire craindre «que, dans ce cas, Dupont de l'Eure ne suivit ence core la détermination de son ami. Mais de quels « prétextes ont pu se servir nos Àristogitons pour « attaquer M. Laffitte ?
« Sans doute M. Laffitte a toujours eu des opi- « nions généreuses, il a toujours aimé la France « et la cause de l'humanité : mais dès long-temps ce il s'était séparé des républicains ; c'était même « lui qur, tout en les aimant, leur faisait la guerre « la plus redoutable. Et pour qui la faisait-il ? « Pour le roi, alors duc d'Orléans. Par sa conduite « parlementaire, ses talens, sa conversation aimt»
« ble et brillante 9 son immense fortune , M. Laf- «c fitte se trouvait dans une position à pouvoir « espérer de remplacer M. Lafayette dans la preoc mière magistrature ; mais dévoué par une amitié « sincère à Louis-Philippe , s'étant persuadé que le «c règne de ce prince serait ce que la France pouce vait avoir de mieux, il avait de longue main « travaillé à préparer , pour l'occasion , l'abdication « de Lafayette en faveur de Philippe. Ce fut lui « qui la détermina après les journées de juillet; il a « compromis, pour le roi, sa fortune et sa popu* « larité ; et cependant les Aristogitons l'ont aussi «présenté comme suspect, et ils ont été écoutés ! « Louis-Philippe les laissera-t-il continuer leurs ce manœuvres? Attendra-t-il qu'ils lui disent comme « le conspirateur athénien : Nous voilà débarrassés « par tes mains de tous tes appuis ; il ne nous reste «plus à te désigner que toi-même : fais- toi justice « comme tu l'as faite à tes amis; nous ne te crai- « gnons plus , car tu es seul ?
22 Mars 1831.