‹ La révolution de 1830: et le véritable parti républicain, exposé du plan de ce parti en juilletChapitre 38 sur 50 · LES D£UX ISSUES · texte numérisé non relu

LES D£UX ISSUES

Nous avons plusieurs fois indiqué dans cette

(1) Ceci me rappelle let vers suivant d'un impromptu] on imprimé, et dans lequel un grand écrivain, qui n'a jamais en ni pension ni croix d'honneur, s'amusait, en 18 14, à parodier un discoun de Louis XVTH :

Messieurs f le père de famille Vous rend , après de longs revers , La liberté de la Bastille, Et la gloire du Parc-aux-Cerft.

fetâU* le» deux issues par lesquelles l'ogdré petit revenir en France*

L'histoire nous offre deux exemples qui rendent cette indication plus frappante. .

Pendant la ligue, lorsque la sanglante tyrannie des Seize dominait dans Paris, il a fallu que tous les excès fussent épuisés pour que le parti qui s'appelait les politique* s'entendît avec le parti de l'ordre pour faire triompher le principe qui seul pouvait le garantir.

Dans la Fronde, dont tes chefs, effrayés des images de la ligue, disaient hautement, nous ne voulons pa0 recommencer les Seize, la scène sanglante qui eut lieu à l'Hôtel-de- Ville suffit pour décider le duc d'Orléans et le cardinal de Retz à se rendre à Compiègne pour traiter avec Anne d'Autriche. Pendant la révolution de 89 , l'émigration ayant entraîné tors de France tous les défenseurs des idées d'ordre), quand les centres furent effrayés des développemens de la république, toute espèce de retour leur fut impossible, puisqu'ils n'avaient en France aucun point d'appui , et que ce point d'appui était au-delà du Rhin. '

Dans la révolution de i83o, la situation est toute autre. Les royalistes n'ayant pas émigré, le jour où les hommes des centres se croiront împuissans pour empêcher la république d'arriver , ils n'auront qu'à aller dans les collèges électoraux

voter pqjur les hommes de la droite , et tous te* maux de la patrie seront conjurés.

L'obstination des centres peut donc seule amener sur la France tous les maux de l'anarchie et de l'invasion.

« Ainsi , de par la Gazette , il n'y a pour la a France aucun moyen-terme entre Henri Y et « la république, qu'elle veut bien appeler poliment « et sincèrement l'anarchie; je dis et sincèrement « parce qu'il y a dans la Gazette des écrivains trop a éclairés pour ne pas savoir que l'anarchie se a glisse dans toutes les formes d'administration et a que la république est de tous les gouvernemens « celui où l'anarchie est le plus facile à préve- « nir , puisque c'est celui où le pouvoir exécutif « peut être le plus fort, le seul où ce pouvoir puisse « sans danger n'avoir d'autres limites que celles de « sa durée, et la responsabilité qui le suit. Le pre- « ruier consul Bonaparte n'avait pas les pouvoirs « d'un dictateur , et cependant jamais il n'y eut ce moins d'apparence d'anarchie en France que « dans les quatre ans de la république consulaire.

« Mais passons sur la justesse du prétendu sy- « nonyme ; examinons le fond de la proposition. « Si on ne recourt pas à Henri V, on aura la ré* « publique , et la république amènera l'invasion. « — Nous remarquerons d'abord qu'invasion et.ré- « publique ne sont jamais allés et n'iront jamais

. ( toi)

« ensemble. Nos drapeaux républicains n'ont ja* « mais laissé l'étranger s'établir sur le sol de la « patrie; ils ont chassé à la fois devant eux, loin «de nos frontières , quatorze armées, précipitant « celle-ci dans les flots du Rhin , celle-là dans les « gouffres de l'Adriatique, tandis qu'une autre s'en- « fuyait sur les mers de la Hollande. Il n'était pas « rare alors d'apprendre en un jour quatre victoire res ; et si jamais la France redevenait république , « il est permis d'espérer que trente-deux millionsde « Français ne resteraient pas trop en arrière de ce « qu'ont fait vingt-quatre millions. Voulez- vous sa- « voir quelle serait la puissance de la France repu- « blicaine? Allez-vous-en au milieu des conférences « de Londres, tâchez de faire croire un instant aux « diplomates assemblés que la république vient « d'être proclamée à Paris, ils s'écrieront tous : « Nous sommes perdus (i)! Portez la même nou- «velle aux malheureux Polonais, aux Belges, aux «patriotes de l'Italie, ils s'écrieront tous: Nous « sommes sauvés!

«Et n'allez pas croire que ce doublement, si je «puis parler ainsi, des forces d'un État, tienne «uniquement à l'enthousiasme, au surcroît d'é* «nergie et de courage que se sent un homme

(i) Il Ta sans dire qu'il s'agit ici de la véritable république, et nullement de quelque chose qui ressemblât le moins du monde au despotisme de 93.*

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