‹ La révolution de 1830: et le véritable parti républicain, exposé du plan de ce parti en juilletChapitre 39 sur 50 · if · texte numérisé non relu

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* quand il peut dire : Je suis libre. Non,, il y « a bien d'autres causes qui concourent à ces pror «diges. D'abord, sans augmentation d'impôts, «les ressources financières sont doublées; car « cette forme de gouvernement repousse toutes les « dépenses improductives des autres régimes; avec « cette forme on a administré la France entière « pour cent trente millions. En second lieu , comme « ce gouvernement est particulièrement favorable « à l'armée , comme il place au bout de la carrière « des armes le manteau de président ou l'épée de « consul , comme le grade de général est la seple « grande place à vie, l'élite de la population se porte « dans les camps par calcul autant que par enthou- «siasme, et les cbefs les plus indifférent au bon? t heur de la patrie , ne pouvant plus mendier de «grosses épaulettes dans les antichambres, sont c forcés pour en trouver de se jeter sur les canons « ennemis.

«Ainsi donc, messieurs les poltrons de toutes « les couleurs, si jamais , par impossible, la repu? « blique française, que M. Persil a perdue, par mé- « garde, sous la première arche du Pont-des-Artf , « venait à être repêchée, ne vous hâtez pas, iqalgré «l'article de la Gazette, d'aller en pèlerinage « chercher à Holy-Rood le miraculeux Palladium « contre l'invasion : à moins que nous ne soyops «pris terriblement au dépourvu, vous pourrai

« mèm*r *î hûn tous semble, çbatfr» ta fci*i&p$<> «tiens de Paris, si M. SquU 4 eu l*banté d'en « élever ; il nous suffira 4e oellgs. qu'on se hâtera « d'établir autour de Vienne et 4e Berlin. /

a Mais est-il vrai que la France n'ait 4 choisi? « qu'entre M république et Henri V ? Quept à moi , «je déclare que je n'en crois pion. &\m perlen « d'autres combinaison* possibles > je er-ois que rien « n'est 6i aisé à LouisrPhiUppe que d'affermir son « trône. Il n'a pour cela qu'à ce séparer de ses «ennemis intérieurs, c'est-Mire , de$ hommes du ajuste-milieu, et à lancer les patriotes contre ses « ennemis de l'extérieur. Les lois électorales de 91 , «deux ou trojs victoires, et les neuf mois 4e la a doctrine seront oubliés. C'est cp que nous ne « cessons de dire depuis la révolution de juillet.

a Si cela ne réussissait pas , certes, ce ne serait a pas la faute du parti qu'on veut appeler républi-? a cain. Ce parti, que les carlistes fcapcs, et plus ena core les carlistes déguisés , présentent aux niais a comme si terrible, est au 9 demeurant, oomposé a des meilleures gens du monde. Il est biei) un peu a aigri, gt on s'est assea donné de peine pour «cela, mais il est trop généreux pour garder Ion-* «gué rancune; il pardonnerait tout, même la oa« « lomnie : il ne sera implacable que pour kl trahi* «son qui fermenterait dans son aein t S'il désûre «des institutions téptibUcaines* e'est unif{uenmnt

« parce qu'il croit y voir les meilleures garanties « du bonheur et du repos public, de la prospérité « du commerce et de l'industrie , de l'amélioration « graduelle des hommes par l'abolition des primes « offertes à la corruption , et par une instruction « plus répandue et surtout mieux dirigée. Que le « gouvernement établi lui offre une partie de ces « avantages nationaux , objet de tous ses vœux, et « le gouvernement n'aura pas de soutien plus « zélé. Aussi les hommes de ce parti sont-ils unis « avec tous ceux qui , quoique différant d'opinion a sur les moyens, désirent franchement comme eux « le plus grand avantage de la nation. Parmi les ré- « dacteurs de la Tribune , par exemple , il y a des « vieillards qui , après avoir été républicains dans « leur jeunesse, préfèrent maintenant unemonar- « chie franchement constitutionnelle ; il y a des « hommes d'un âge mûr qui partagent l'avis de « ces vieillards , et d'autres qui, en se soumettant « aux lois établies , tiennent théoriquement pour « la république : les ftiêmes différences se font. « remarquer dans les rédacteurs plus jeunes; et « cependant il est rare que tous ou presque tous « ne s'accordent pas sur le jugemèntod'une mesure « du ministère ou de l'opposition, parce qu'ils ne «■ s'inquiètent point de savoir si cette mesure est « monarchique ou républicaine , mais bien si elle 9 est utile ou nuisible à la France. Les opinions

« Sincères s'accordent facilement; ce sont les inté- * rets qui divisent les hommes. Si Ton pouvait « composer une Chambre de dépotés franchement « amis de leur pays et complètement desintéressés , « quelles que fussent leurs diverses opinions théo- «riques, leurs décisions seraient bien souvent c prises à l'unanimité, •

« Cela icnrii fort bea*; laakymd le imoM mmt? •

Cest le dernier article que j'ai donné à la Tribune. L'extrême préoccupation où me tenaient les événemens politiques m'aveuglait sur Fétat de mon frère : je le voyais bien souffrant , bien affaibli , mais je ne croyais pas qu'il y eût du danger. Deux jours après, tout était changé pour moi. Le patriotisme même qui avait été pendant trente ans une passion dans mon âme, n'y est plus resté que comme un devoir, ou plutôt parce que la gloire de mon frère est liée aux destinées de ma patrie , et que , plus la France sera grande, éclairée, libre, plus elle lui rendra d'hommages, plus elle appréciera ses talens et se nourrira de ses écrits.

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