DU ROMANTISME
« Nous voyons dans la préface d'Hernani que le * romantisme est le libéralisme en littérature. o Comme le libéralisme est un terme fort vague, « et que dans son acception la plus ordinaire il a « bien quelque rapport avec l'anglomanie et même «avec les ténébreuses abstractions germaniques, «nous n'aurions peut-être point contesté la vérité «de l'axiome, si d'autres expressions, et notam- « ment l'épithète d'ultras, donnée aux défenseurs «du goût et de la raison, ne nous avaient clairc- « ment indiqué l'intention de l'auteur. Aussi ort « ginal dans les définitions que dans les ressert*
a dramatiques et dans le rhythme, M. Huge a voulu «certainement habiller à sa façon l'opinion déjà « plusieurs fois émise que le romantisme est la ré*
* solution portée dans les lettres. Dès lors, la ques- «tipn prend de la gravité. Une pareille contre* a vérité, propagée naïvement par tant d'esprits «tfaiiK ou superficiels, n'a pu leur être suggérée y que par une profonde perfidie. Connaissant l'at* « tachement des jeunes Français pour notre glp- « rieuse révolution , l'hypocrisie s'est emparée de a ce mot raagiqup pour les entraîner loin des doc* «trines qui préparèrent les grands changemens a de notre ordre social.
« Mais que ceux des jeunes gens dont on a sur*
* pris la faveur veuillent bien réfléchir un instant «sur notre histoire littéraire, ils s'étonneront « d'avoir pu toipber dans un piège si 'grossier. La o révolution est faite depuis long-temps dans les a lettres. C'est à Malherbe, à Pascal, à Molière, à a Corneille, qu'en appartient l'honneur. Presque a au même momept , Lesueur tenta de la porter « dans les arts. Ses sages innovations furent bientôt « abandonnées ; mais cent ans plus tard David eut «la gloire d'accpmplir ce qu'il n'avait pu qu'es-
* sayer.
«Notre révolution sociale suivit de près celle « des arts. Bonaparte a fait depuis, ou du mpins a a commencé la contre r révolution politique,