AU SUJET D'UN LIVRE INTITULA DEUX ANS DE RÈGNE
L'impression de ce recueil était fort avancé*», lorsqu'il a paru , sous le titre de Umx an* ///,' Règne, un livre qu'on s'accorde généralement U regarder comme un faclum émané de la cour, m qui peut y donner de l'importance* Si la réfuta tion en était à faire, je n'aurais ni la fores, ni la volonté de me livrer â ce travail; mai* la réfuta* tion se trouve tout entière dan* le* mwoeaij* que je publie ; et elle y et* arec une unUpiitA que ne pourrait avoir ce que j'écrirai* ma inteuau t . Lorsque mes récit* cocrtredi*4*it ce*** de M, f Vpw, lorsque jexpove . au nom de* aam de la liberté en i8x>, dfet fjp:.v'xjfxb+ d*-t> \<wjz '/j/jy^*/* a eeu* qu'il leur prtA*. <ya c* popgrra j*m*> du* que je raconte, ou que je forund* aww aj*** 4y*q/ ** pour ie beKua du jmm&i* * <kmfj* y*** purte sa date. ** abfcoiw peut ***«,»**' ptr A< w a»* * » ' qu'il n y a p» u» tutitde *Àx*%*çâ. *ï*m4 im*m» des itatr mrdfe 4feç^**»tftaftrt^tfe 4*^*^*4* nier* ienm «t luiliei «*t Jetpi«W4^jv»w4*Mfc' /
prises par la Chambre, que les contradicteurs , s'il yen eut, se cachaient alors dans l'ombre (page 77 ); quand il prétend que tous les journaux... rapportaient... avec le même enthousiasme, la séance du 3 1 juillet (page 85 ) , et qu'il s'écrie : tous les Journaux mentaient donc impudemment à cette époque; quand il ajoute avec un air de triomphe : et c'est deux ans après qu'on vient démentir ces assertions de tous les journaux du temps, faites sous F inspiration des circonstances (page 86 ), la meilleure réfutation n'est-elle pas de lui répondre : Non , monsieur, ce n'est pas deux ans après ; voilà des réclamations du 3i juillet, du i er , du 3 août qui ne se cachaient point dans l'ombre, car elles étaient affichées sur tous les murs de Paris ; tous les journaux ne mentaient pas; voici ce que disait un journal ; mes assertions qui démentent les vôtres ont été émises sous l'inspiration des circonstances 9 ce sont les vôtres qui viennent deux ans après?
Lorsque, toujours poussé par le désir de faire croire à une unanimité qui n'existait point, il revient sans cesse à cette idée, lorsqu'il dit notamment page 229 : Ce ne fut que plusieurs mois après cet arrangement (l'établissement du 7 août), que des esprits rêveurs, préoccupés de théories de perfectibilité, ont dédaigné cette transaction qu'ils appelaient illogique avec le principe de la révolu-
tionde 1 83o, la meilleure réfutation n'est-elle pas de lui dire:, Lisez ces réflexions, publiées, non plusieurs mois après, mais au moment même, dans lesquelles % non pas des esprits préoccupés d 'idées de perfectibilité , mais des hommes qui croyaient leurs contemporains capables de mettre à profit des principes démontrés ^flbpliqués avec succès il y a des dizaines de siècles, trouvaient , non pas illogique avec, car en général ces patriotes sont Français dans leur langage comme dans leurs sentimens, mais contraire au principe de la souveraineté nationale , de constituer la nation sans daigner la consulter ?
Mes articles , tels qu'on vient de les lire , fournissent une réfutation complète. Mais je ne fus pas le seul à défendre , dans la Tribune , les maximes que méconnaissait la Chambre des députés de Charles X. Sept ou huit écrivains, qui ne travaillent plus à la Tribune , et dont deux au moins avaient marqué de la manière la plus honorable sous la république ou sous l'empire , demandèrent avec moi, dans ce journal, que la souveraineté nationale fût respectée, que la nation ne fut constituée que par des mandataires investis de pouvoirs constituans. Et ces demandes n'étaient pas seulement appuyées par les vœux , les démarches individuelles d'une foule de patriotes , l'élite des combattans des Trois- Jours; il y eut aussi des dé-
marches collectives, des adresses, des protestations émanées de réunions nombreuses et qui ne m cachaient nullement. Je crois devoir, pour achever d'éclairer l'opinion publique , joindre ici quelquesunes de ces pièces publiées alors dans là Tribune, et qui donnent à sa collection une importance historique totftè particulière.
Ce sera un renfort de preuves contre l'assertion capitale de M. Pépin , à laquelle il revient sous toutes les formes , prétendant ici qu'il n'y eut pas de protestations lorsque tout le monde pouvait dire et écrire tout ce qu il voulait (page L{\5) ; là, que pas une voix ne s'est élevée en 1 83o contre la nou* velle constitution (page l\i§). Ce seront de nouvelles réponses à ses questions continuelles : Qui .a protesté alors [lors de F installation du 7 août)
contre ce qui se faisait? Qui a posé des princi*
pes que des feuilles quotidiennes , alors muettes ou monarchiques pour la plupart , déclarent cependant aujourd'hui avoir été les idées de tout le monde à cette époque (pages l\\l\ et 4*5) !
Dès le 29 juillet, dans la soirée, la Tribune imprimait: «Des députés et des pairs sont réunis « à cette heure même dans la salle provisoire de « la Chambre des députés , pour y délibérer, as- «sure-t-on, sur la forme du nouveau gouverne- « ment, et peut-être sur le choix d'un nouveau rôi. « Il nous semble que nos législateurs excéderaient
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« seurs. C est sous ce point de vue qu'ils fixent « surtout l'attention des citoyens qui ont su eux- « mêmes et sans autre secours que leur patriotique « courage, se débarrasser de mauvais ministres et . «d'un mauvais roi. Au demeurant, quelques-uns « des élus du peuple se sont montrés bien dignes « d'un si noble titre par leur empressement avenir « au secours de la patrie et à relever le drapeau
«tricolore
« et certes ce n'est point eux qui s'aviseront de «penser qu'ils peuvent disposer à leur gré de ce « drapeau et de cette liberté que le peuple doit à. « sa seule valeur. Mais on assure qu'une si coupa- «ble pensée est venue à quelques hommes qui « n'ont pas toujours appartenu à l'opposition, que «la Chambre de 1 81 5 comptait parmi ses héros, « ou qui aiment un peu plus le pouvoir que Fin- « dépendance.
«Hier donc ces quarante députés, au lieu des'as- « sembler à l'Hôtel-de-Ville , ainsi qu'on l'avait ance nonce la veille , se sont réunis dans la salle pro- « visoire du palais Bourbon, en comité secret, pour «y causer -eu famille et de la gravité des conjonctures et de l'issue de la nouvelle révolution
«Ces honorables députés, après quelques in*- «tans de discussion, n'ont pas tardé à décider «qu'une commission de cinq membres serait «nommée pour causer, avec cinq pairs, des af-
« foires publiques, et ramener la paix et la tran- « quillité dans la capitale. On dit qu'un député de «Paris, dont l'énergie s'est manifestée en plus « d'une occasion , a rendu une éclatante justice à « la valeur des citoyens et exprimé leur volonté « de ne plus traiter avec les Bourbons. L'extrême « gauche a appuyé ce discours que kjjpeste de l'as- « semblée a écouté , dit-on , avec défaveur malgré « les efforts du président.
«Un membre s'est alors élevé avec chaleur con- « tre la prétention d'écarter du trône le roi Charci les X; il a fait tomber sur les ministres de cette «majesté déchue des crimes dont elle a cependant naguère encore revendiqué sa part; il a « gémi des désastres arrivés dans la capitale, et les « a en partie attribués à la trop grande vivacité
«des citoyens . . .
« Les cinq membres élus pour causer avec «MM. les pairs, appartiennent, assure-t-on, au « parti du duc d'Orléans, dont le nom n'a cependant «pas été prononcé plus haut dans la Chambre « des députés qu'au milieu des troubles de Paris. « Quel sera le résultat des conférences qui vont «avoir lieu? Traitéra-t-on avec Charles X, ou «avec son parent? C'est ce que nous ne pouvons «raisonnablement supposer; car alors qu'une cin- «quantaine de députés s'arrogeraient un pareil « droit , ni le gouvernement provisoire , ni la na-
« tion he le souffriraient. Nous avons rompu pour «jamais avec un roi que nous avons tant dé fois « chassé de France; Ton ne pourrait , sans insulter a aux braves que nous pleurons, songer encore à «nous l'imposer. Cette entreprise est d'ailleurs a au-dessus de toutes les forces humaines, et il « nous restera toujours assez de cartouches pour a faire fuir Charles X. M. le duc d'Orléans a « combattu avec quelque succès dans nos légions «républicaines; mais il y a fort long-temps qu'il « n'a donné aucune nouvelle preuve de sa brâ* «votire et de son patriotisme.
« Hier encore, il pouvait avec avantage s'avouer «candidat à la royauté, peut-être aujourd'hui «est-il trop tard. Nous disons peut-être, parce «que, malgré nos opinions patriotiques et notre «amour pour les gouvernemens à bon marché, « nous n'avons pas la prétention d'imposer la ré- « publique à la France, et que nous reconnaissons « aux citoyens le droit de demeurer libres OU de « se laisser faire encore une fois sujets. »
Le 3o juillet, un nombre considérable de patriotes des divers arrondissemens de Paris se réunirent dans la salle de M. Lointier, et y arrêtèrent la rédaction de la lettre suivante qui parut dans la Tribune du lendemain :
A MM. LES MEMBRES HE LA CHAMBRE ttt8 DÉtHJTES.
« Messieurs ,
« Le peuple hier a reconquis ses droit» sacré» «au prix de son sang.
* Le plus précieux de ses droits est de choisir « librement son gouvernement. La reconnaissance «due aux braves citoyens qui ont repoussé lés «soldats égarés par des ordres sacrilèges impose « le devoir de les soustraire à toute influence qui « pourrait égarer aujourd'hui leur opinion et re- « froidir demain leur zèle pour la véritable bdtine « cause , la liberté. '
«Il faut donc, messieurs, empêcher qu'aucune «proclamation ne soit faite, qui déjà désigne un « chef, lorsque même la forme du gouvernement « ne peut être déterminée.
«Il existe une représentation provisoire de la « nation ; qu'elle reste en permanence jusqu'à ce « que le vœu de la majorité des Français ait pu « être connu. Dans toutes les circonstances ce vœu « a été consulté ; ne faisons pas aujourd'hui un «pas rétrograde dans la carrière que quarante « ans de sacrifices et de gloire nous ont ouverte , « et que les immortelles journées des 37 , 28 et « 29 juillet ont immensément agrandie.
« Que la représentation provisoire s'occupe donc «tout de suite des moyens de consulter ce vœu; « toute autre mesure serait intempestive et couci pable.
«Le 5 juillet i8i5, la Chambre des représen- «tans, sous le feu des étrangers, en présence « des baïonnettes ennemies , a proclamé des principes conservateurs des droits du citoyen, et a «protesté contre tout acte qui imposerait à la « France un gouvernement et des institutions qui « ne sympathiseraient pas avec ses vœux et ses in- «térêts; ce sont ces principes qu'il fout adopter «aujourd'hui; qu'ils nous servent de point de « ralliement. La Chambre de 1 8 1 5 les a légués à « un avenir qui nous appartient maintenant ; re- « cueillons cet héritage , et sachons le faire tour- «ner au profit des peuples et de la liberté.
« Le Président, Chevallier.
«Paris, le 30 juillet 1830.
«Les Membres de la Commission nommée «par un grand nombre de citoyens des «divers arrondissemens de Paris, rénnis «rue de Richelieu, n° 104,
«Denuelle, Rudler, Le Comte, Poisson, Piguelih, « G. Taschereau , Langlin. »
Adresse publiée dans le même numéro
du Zi juillet.