‹ La révolution de 1830 et les procès des ministres de Charles XChapitre 22 sur 50 · Né au Bourtr-Saint-Andéol en 1783. mort en · texte numérisé non relu

Né au Bourtr-Saint-Andéol en 1783. mort en

conduisit à Vinccnnes. Denis-Lagarde, secrétaire rédacteur de la Chambre, les accompagnait en qualité de greffier.

A midi et demi, Polignac comparut devant eux ; Peyronnet, Chantelauze et Guernon-Ranville lui succédèrent. Les anciens ministres se montrèrent, dès ce premier moment, tels quils devaient être au cours du procès : Polignac, pénétré de Texcellence de sa cause et de la légitimité de sa conduite, rempli de confiance dans Tissue des débats, semblant ne pas comprendre la gravité des griefs invoqués contre lui; Peyronnet, solennel, digne, avec cette nuance de forfanterie (jui lui était propre; Chantelauze, presque dédaigneux pour des juges dont il ne reconnaissait pas la compétence, se laissant arracher les paroles, ne répondant aux questions que contraint et forcé ; Guernon- Ranville s'appliquant honorablement à ne pas séparer sa cause de celle de ses collègues, mais en même temps s'expliquant avec netteté sur la résistance opposée par lui aux ordonnances, « encore qu'il les eût signées, dit-il, parce qu'il les croyait autorisées par Tarticle i i de la Charte » ; tous d'ailleurs unanimes à ne pas trahir le secret de leurs délibérations, empressés à couvrir le roi

et exprimant l'avis que la chute de Charles X dégageait leur responsabilité.

Les commissaires apportèrent les plus grands égards dans l'accomplissement de leur mission. On raconte qu'à l'aspect de Chantelauze qu'il avait autrefois connu, Mauguin fondit en larmes et lui tendit la main. Un fragment de l'interrogatoire de Polignac, copié sur la minute du greffier, aux archives de France, achèvera de faire revivre aux yeux du lecteur la physionomie de ce premier acte de la procédure.

D. Prince de Polignac, reconnaissez-vous votre signature au bas des ordonnances?

R. Je la reconnais.

D. Avez-vous participé à celles qui ne portent pas votre nom?

R. Comme ministre, oui.

D. Quel est le rédacteur du rapport au roi?

R. Je ne peux le nommer.

D. Qui est-ce qui a envoyé aux députés les lettres closes pour les convoquer?

R. Je l'ignore.

D. Quels motifs ont fait confier le commandement au duc de Raguse?

R. Il lui était depuis longtemps destiné*

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