‹ La révolution de 1830 et les procès des ministres de Charles XChapitre 49 sur 50 · LA RÉVOLUTION DE 1H · texte numérisé non relu

LA RÉVOLUTION DE 1H

a . . . J'ai cédé à l'opinion (|ue j'ai de rinlérêt même de radniinistration du roi. Je l'ai supplié de vouloir bien marquer un ternie à cette mission que je n'avais pas recherchée, et me rendre à ma liberté, à mes travaux. J'esi»ère que Sa Majesté entendra mon vœu, et qu'elle sentira enfin que le moment est venu de faire rentrer tous les pouvoirs dans leur véritable sphère. Si l'empire des circonstances, la nécessité plus forte que les lois et même (pie les volontés individuelles, a fait du j)réfet de la Seine un homme politi({ue, l'a enlevé à ses attributions purement civiles pour l'investir en quehjue sorte d'une magistrature populaire et de police, il est temps de faire cesser cet état de choses; il est temps que le magistrat politiciue disparaisse, pour être remplacé par l'administrateur. »

Le ministre de l'intérieur commit alors la faute de ne pas saisir l'occasion et «le ne pas s'eiTorccr de faire accepter la démission d'Odilon Barrot comme préfet; mais, aurait-il réussi avec Laffitle et Mérilhou et les hésitations du maréchal Soult, du général Sébastian! et même du roi, qui avait à ses côtés, dans la personne du |uince royal et de sa sa.'ur, de climids partisans de .M. IJai'i'ol? l*(»iii' en ai-iiver la, il fallait tomber, de chute en chute

jusqu'aux funestes journées de février 1831 et jusqu'à ranarcliie de ce mois déplorable, pendant lequel les désolantes faiblesses du i:ouvernement pâlirent devant Tincapacité g-ouvernementale du préfet de la Seine.

Quoi qu'il en soit, au lendemain de la démission de La Fayette et de Dupont, le ministre de Tintérieur insista pour qu'Odilon Barrot restât à l'Hôtel de Ville. Il lui imposa seulement le renvoi de son secrétaire général, Taschereau, et l'exclusion de l'Hôtel de Ville de la société Aide-toi, le ciel f aidera, qui s'y réunissait, sous la i)résidence de ce dernier.

Legouvernement s'était donc dégagé d'une partie des causes de sa faiblesse intérieure. Mais qu'il était loin encore des vraies conditions de la puissance légale et de l'ordre public, dont la retraite d'Odilon Barrot devait seule lui assurer la possession! Cette sortie, Montalivet l'exigea, sa démission à la main, après une lutte parlementaire à la tribune de la Chambre des députés au sujet des événements du milieu de février *.

\. C'est dans cette discussion (lue, le 17 février 1831, Snivandy I^rononçoit les paroles suivantes :

« Ce n'est pas surtout nu clief du département de Tintérieur que j'aurais fait d'injustes reproches. Je lui sais gré, comme

300 LA in:\()LiTioN in: 1.S30.

nii('|(|U('s jours a|tr('s, il [»rovu(|uait la dissuliilidii (lu tahincl dans une réunion, à Tissue de la(iu(dle, éclairé par cet éclat nécessaire, le roi, qui, depuis le mois d'octobre, avait caressé la pensée de réunir dans la même adniinislralioii Laflilte et Casimir Perier pour corriger les deux caractères Fun par l'autre, comprit qu'il y devait renoncer, choisir au contraire entre Tun et l'autre, et se décida pour rilluslrc président de la Chambre des députés. C'est ainsi (juc les événements dont (tn vient de parler étaient destinés à n'être en quelque sorte que le prologue du ministère de Casimir Perier, sur lequel son génie politique a jeté, on le sait, un mémorable éclat.

toiiti» 1.1 Chambre, (l'avitirosi- «h'|)uis bien des jours «'ii^afrcr uuv lutte soutenue contre l'un de s«'s préTets: c'est un choc redoutal)h' au ministère : il l'a t)ravé avec «-ourafre: reste mainleiiant à voir si <ettc fois un ministère s'y brisera. » (On rit.)

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