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par une vive résolution de vigilance; sentiments d’ordre, fondés sur la volonté de rester frères... et seulement, s’il le fallait, douloureuse nécessité, nécessité bien comprise de devenir soldats.
Maintenant, je ne vous dirai pas que la Révolution, si violemment attaquée depuis quelques jours par les réactionnaires, est en péril. Je ne vous dirai pas qu’il faudra la défendre violemment ; en vérité, je n’en crois rien. J’ai une confiance parfaite, inébranlable dans la victoire de l’idée, de la raison, de la justice! Que l’intelligence de tous se forme par le développement des libertés: de la liberté de la presse, de la liberté de la tribune, de la liberté de l’éducation, et, j’en suis convaincu, la Révolution triomphera. D’ailleurs, mes amis, la France est une nation prédestinée ; la France n’est pas une de ces nations chez lesquelles les idées justes , une fois éveillées, puissent périr. La France a eu à subir toutes sortes d’épreuves ; elle a passé par des révolutions qui ont été terribles. On a été obligé de défendre la liberté au dedans par l’échafaud ; au dehors, par le glaive des soldats. La France a épuisé tout le sang qui était dans ses veines pour arriver au triomphe de la liberté, et, quand la Révolution s’est un instant ralentie, elle a trouvé encore du génie, du courage, du sang à verser pour cette époque étonnante qu’on a appelée l’Empire. Après ces grandes épreuves, elle s’est trouvée encore pleine de force et de vigueur. Après l’époque de la Restauration, elle a trouvé de quoi faire la Révolution de 1830. Après les dix-sept années de ce régime d’énervement, d’abaissement, d’avilissement, qui s’appelle le règne de Louis-Philippe, elle a trouvé assez de cou-
rage , de force en elle pour faire la Révolution de février.
Advienne que pourra, la France sauvera la Révolution ; car le génie de la France et le génie de la Révolution, c’est tout un; et par la France, la Révolution sera sauvée, non-seulement dans notre pays, mais dans le monde entier !
' Conservez, mes amis, ce vif espoir, comme vos défenseurs le conservent, malgré tous les dégoûts dont on les abreuve, malgré toutes les injures qu’on dirige contre eux, malgré les calomnies dont on cherche à les noircir. Ces atteintes, ces injures, ces calomnies, voilà ce qui compose à nos yeux notre gloire, ce qui nous recommande à l'affection du peuple; rien n’est plus propre à lui montrer notre dévouement; et en échange de ce dévouement, ce que nous lui demandons c’est sa confiance. Ainsi, dévouement de notre côté , confiance du sien, et, j’en jure par le génie de la France, le génie de la Révolution ne périra pas. (Applaudissements. — Cris de : Vive Louis Blanc ! )
Mes amis, mes chers amis, poussez un cri qui plus encore me touchera que celui qui vient d’ébranler toute mon âme ; criez vive, je ne dirai pas la République entourée d’institutions monarchiques, mais vive la République qui aboutira à l’affranchissement du peuple ! vive la République qui signifiera l’abolition absolue du prolétariat ! vive la République que nos pères ont entrevue, quand ils ont dit : Liberté , Égalité, Fraternité! Vive la République démocratique !