INTRODUCTION
Nos études sur la Restauration, que le public a accueilli:s favorablement, et auxquelles l'Académie des Sciences morales et politiques a bien voulu donner, une sanction précieuse, nous portaient naturellement à rechercher les ressorts du grand drame qui marqua la fin de cette période, la révolution de Juillet 1830. Car c'est bien dans un drame que s'accomplit la rupture définitive du lien qui rattachait encore la France à son glorieux passé et que s'ouvrit une ère nouvelle. Nous assistons à l'entrée en scène d'éléments sociaux qni existaient déjà à l'état latent et qui, se découvrant subitement, dominèrent alors dans la direction des affaires publiques. A partir de 18S0, leur rôle grandira chaque jour pour aboutir en une marche lente, mais sûre, à l'avènement l'atal de la démocratie.
Nous avons vu précédemment ce qu'avait été, au point de vue intérieur, celte période de la Restauration. A partir de 1824, elle présente le spectacle d'une bataille entre les partis; conservateurs et libéraux lutteront sans merci; ces derniers, se faisant une arme des passions antireligieuses, devaient rester maîtres du terrain.
Lorsque de Bray, ministre Bavarois à Vienne, après un long voyage en France et une minutieuse observation de l'état de notre pays, écrivait à son souverain en 1830 : « C'est surtout