LIVRE QUATRIÈME
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II est triste, mais il n’est que trop vrai de le dire, les luttes politiques qui divisaient notre malheureux pays étaient profondément personnelles. Entre les partis qui se disputaient le pouvoir, il s’agissait, en réalité, non de doctrines à faire triompher, mais de positions à conquérir ou de personnages à supplanter. Les tendances des uns et des autres étaient foncièrement illibérales, et, sous ce rapport, il n’y avait guère entre eux de différence que du plus au moins. Le parti ministériel, chose singulière et vraie, que je ne veux avoir ni l’injustice ni la lâcheté de passer sous silence, le parti ministériel était de tous évidemment le moins hostile à la liberté. Les libertés de l’enseignement et des échanges, par exemple, celles dont la discussion était plus particulièrement à l’ordre du jour, rencontraient sans RBTOLonon i>D 24 fétrier. 7
7i RÉVOLUTION DU 2* FÉVRIER.
contredit moins de résistance dans le ministère que dans l'opposition, et dans les oppositions modérées que dans les oppositions radicales et socialistes. Plus on avançait vers les partis extrêmes, et plus on était sûr de découvrir de passions brutalement dominatrices et d’esprit d’accaparement au profit du pouvoir. Ce n’était donc point, il faut bien le reconnaître, pour obtenir de lui des concessions plus favorables à la liberté qu’on lui faisait la guerre. L’objet essentiel de cette guerre était de l’abattre pour le remplacer. Les partis, il est vrai, n’allaient pas à cet égard dans leurs projets aussi loin les uns que les autres. S'il ne s’agissait pour les oppositions dynastiques que de renverser le cabinet, et, pour quelques hommes peut-être, d’amener le roi à une abdication qui hâtât l’avénement de la régence et qui la fit changer de mains, les partis républicain et légitimiste, irréconciliables ennemis de la royauté de 1850, ne visaient pas h moins qu’au renversement plus ou moins prochain de la dynastie. 11 y avait seulement entre eux cela de commun qu’ils en voulaient tous aux personnes infiniment plus qu'aux choses ; et, tandis que le ministère, placé en présence de partis acharnés à sa ruine, était naturellement entraîné à se préoccuper beaucoup du soin de sa conservation, et, malheureusement, ne se montrait pas dans le choix des moyens aussi scrupuleux et aussi éclairé qu’il aurait dû l’être, ses adversaires, d’un autre côté, ne reculaient, pour déterminer sa chute, devant l’emploi d’aueun expédient, et s’accrochaient, pour parvenir à le renverser, aux prétextes quelquefois les plus misérables.
Tous les ans, dans l’intervalle et surtout à l’approche des sessions, un plan de campagne, destiné à être mis à.